LETTRE A M. LÉON GAMBETTA
Monsieur,
Je n'ose pas vous dédier cet ouvrage, vu le peu d'importance des faits que j'y relate ; mais je tiens à y associer votre nom, qui se trouve entouré d'un si grand respect par tous ceux des étrangers qui désirent voir renaître, au prix même de leur sang, la grandeur et le bonheur de votre pays.
Chez nous, en Pologne, pendant votre dernière guerre, on illuminait dans plusieurs endroits chaque fois qu'on apprenait le succès de vos armes.
Notre peuple, martyr pour son indépendance,
comprenait chaque mot de vos proclamations et ad«
mirait en vous l'homme qui sut ne pas désespérer^
jusqu'à la fin, de son pays. Il croyait avec vous que Tçffort sérieux et patriotique d'une nation comme la France pouvait et devait lui suffire pour écraser l'ennemi, et qu'il était du devoir de tout bon citoyen de l'y conduire.
Vous l'aviez fait
Des circonstances indépendantes de votre volonté vous ont empêché d'obtenir le résultat désiré.
Dans un temps où l'opinion publique n'e§t que pour ceux qui ont le succès, les jalousies mesquines trouvent le moyen de blâmer votre élan patriotique. Les gens de cœur vous admirent et tiennent votre passé pour sublime.
Permettez- moi de me joindre à leur nombre, et daignez accepter mon humble travail comme preuve de ces sentiments pour vous.
Ladislas Wolowski.