DIAGNOSTIC
La symptomatologie des corps libres du péritoine est si réduite que leur diagnostic est des plus difficiles sur le vivant; ces corps sont le plus souvent des trouvailles d’autopsie,
Tant qu'ils restent dans l'abdomen, ils sont à peu près inoffensifs ou ne donnent lieu qu’à des symptômes vagues, qui ne permettent pas de les incriminer. Ils n’ont aucun signe fonctionnel qui leur soit: propre et l’on ne peut même pas songer à tirer parti de l'examen physique (palpation, toucher rectal ou vaginal, cet examen étant le plus souvent négatif, sauf dans les cas fort rares où un corps dur et volumineux est venu s’enclaver dans le petit bassin. Dans la grande majorité des cas, les corps libres n’ont été diagnostiqués sur le vivant qu’au cours d’une intervention chirurgicale qu’ils avaient motivée, et alors que leur présence n'était même -pas soupçonnée.
Mais on peut prévoir, dès maintenant, que l’examen radioscopique et radiographique deviendra d’une grande importance pour leur recherche. La
nature calcaire de certains d'entre eux les rend imperméables aux rayons X. L'observation de Bergé et Gutmann prouve qu'ils peuvent facilement être mis en évidence, pourvu qu'ils ne soient pas masqués par les os du squelette. Il ne faudra pas désormais méconnaître l'existence possible de ces productions dans tous les cas où l’on pratiquera l'examen radivscopique et radiographique de l'abdomen. Leur forme . arrondie, leur volume ou tout au moins celui de leur noyau crétifié, les rendent de tous points comparables aux calculs urinaires, phosphatiques ou oxaliques, du bassinet, de l’uretère ou de la vessie, imperméables aux rayons X. Leur siège habituel, leur mobilité viennent encore accroître cette similitude. On conçoit donc bien qu’un corps libre calcifié puisse être confondu avec les calcuis. Un corps libre se déplaçant pourrait être pris pour un calcul de l’uretère en voie d'expulsion. Une $symptomatologie parfois identique peut encore rendre le diagnostic plus difficile. Il faudra sans doute, pour lever tous les doutes, pratiquer plusieurs examens consécutifs, à divers intervalles, pour bien observer dans quel sens et vers quelle région se produisent les déplacements du corps opaque. |
Quant à la constatation des corps libres dans un sac herniaire, elle semble. relativement plus facile. Outre le cas de Schaw où le malade sentit nettement le passage de l’un d'eux à travers l’orifice inguinal, Wood prétend avoir pu deux fois diagnostiquer leur présence dans une hernie et les avoir ensuite réduits.