‹ Corps Libres du PéritoineChapitre 9 sur 47 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

Pour peu qu'ils s’immobilisent, les corps libres, en vertu de leur propre poids, tendent à déprimer la séreuse et à la refouler dans le tissu cellulaire souspéritonéal. Nous avons vu que dans l’observation de Deville (obs. XII), on avait trouvé de chaque côté de l’abdomen, auprès de l’artère ombilicale, une petite fossette sous-péritonéale au fond de laquelle était logé un corps absolument libre. On s’imagine facilement qu'ayant presque toujours leur siège au voisinage des orifices herniaires, ils peuvent à un moment donné se mettre directement en rapport avec eux. Grâce à leur volume souvent réduit, à leur forme ronde ou ovoïde, à leur surface lisse et glissante, ils arrivent aisément à franchir cet orifice. Aussi n’est-il pas rare de les rencontrer dans un sac herniaire, en même temps que son contenu normal. Mais on peut se demander également s’il n’y a pas lieu de les incriminer parfois dans la formation des hernies, au même titre queles lipomes pré-herniaires. | Malgaigne cite un cas, où, des deux côtés, l'anneau

crural était distendu par un sac herniaire, à l’inté-

rieur duquel on a rencontré une simple frange épiploïque graisseuse. D’autre part, Riedel rapporte également deux observations de hernie crurale contenant simplement un corps étranger, absolument libre dans un cas, encore relié à l'intestin par un pédicule tordu, dans l’autre. If semble donc bien que la présence de corps étrangers dans l’abdomen puisse être invoquée comme une des causes de hernies, soit que, déjà séparés de l'intestin, ils agissent simplement en lui ouvrant la voie, soit qu’encore rattachés à l’épiploon par un pédicule assez résistant, ils puissent l’entraîner partiellement à leur suite.

Quoi qu’il en soit, qu'il ait devancé ou suivi lintestin dans le sac herniaire, le corps libre n’y constitue pas moins par sa seule présence une menace constante de complications. S'il s’y est introduit secondairement, il peut, par l'augmentation de volume dont il est cause, rendre inefficace toute tentative de taxis (obs. XII). Par la position qu'il occupe, il peut amener soit un étranglement, soit une occlusion. S'il est encore relié à l'intestin par son pédicule, la torsion ou l’étranglement de ce dernier peuvent provoquer des accidents douloureux tels qu’ils imposent une intervention immédiate (Riedel, Von Bruns, Muscatello, Mohr, Vuillet, cités par Robinson).

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