‹ Corps Libres du PéritoineChapitre 6 sur 47 · ORIGINE ET MODE DE FORMATION · texte numérisé non relu

ORIGINE ET MODE DE FORMATION

Diverses opinions ont été formulées pour expliquer la formation des corps libres du péritoine.

Certains auteurs ont pensé qu'ils se formaient * directement dans la cavité péritonéale, à l’intérieur de la séreuse. Il s'agissait d’après eux, soit de caillots sanguins organisés (Hunter, Velpeau, Larrey, Hodgkin), soit de productions analogues aux calculs (Bouillaud).

D’autres (Laënnec, Beclard, Lebert) en faisaient des corps cartilagineux, prenant naissance sous la séreuse, la refoulant, se pédiculisant, puis se détachant et tombant dans son intérieur. Astley Cooper et Andral admettent cette opinion avec quelques réserves. Cruveilhier incrimine en particulier les plaques calcaires qu’on observe souvent à la surface de la rate.

Reid, le premier, en 1831, a soutenu que les corps libres intra-péritonéaux se constituaient aux dépens des appendices épiploïques. Après lui, Deville, Virchow ont émis la même opinion. Il semble qu’au-

gr AS

jourd’hui la plupart des auteurs soient d’accord làdessus. La constatation fréquente à la surface du corps libre, d’un reste de pédicule, la présence simultanée dans la séreuse de corps libres et d’autres corps pédiculés semblables, encore attachés à l’épiploon, permettraient, comme l’a dit Deville, de prendre la nature sur le fait. |

Robinson, dans une thèse récente, a fait une étude comptète dès séro-appendices, en particulier des séro-appendices de l’épiploon. Implantés sur deux rangées dans toute la longueur des côlons, ces appendices, au nombre d’une centaine, peuvent affecter les formes les plus diverses. Tantôt aplatis et découpés sur les bords, comme de véritables franges, tantôt, au contraire, allongés et étroits, ils prennent dans certains cas la forme d’un sac, relié au reste de l'intestin par un pédicule plus ou moins long et mince. Constitués par un dédoublement de la séreuse, ils sont remplis de tissu graisseux, richement vascularisé et aussi de glandes lymphatiques, que Poisson croyait être le point de départ des corps libres. |

Des formations analogues existent dans toutes les séreuses : telles sont les franges des synoviales, de la vaginale, des plèvres, du péricarde et les granulations de Pacchioni des méninges. Or, dans toutes ces séreuses on a constaté la présence de corps libres, de structure, en tous points comparable à celle des corps libres du péritoine.

Le mécanisme de la mise en liberté des séro-

De + ï

appendices a été peu discuté. On conçoit que sous la simple influence de leur poids, certains d'entre eux puissent, dans quelques cas, allonger leur pédicule jusqu'à le rompre. D'autre part, les mouvements intestinaux, et peut-être aussi des traumatismes de la région abdominale contribuent sinon à la rupture, du moins à la torsion du pédicule. Par suite de cette torsion, il arrive que l’appendice épiploïque, ne recevant plus aucun apport nutritif, subisse la nécrose de son pédicule et devienne un

véritable corps étranger, libre dans la cavité séreuse.

Une simple thrombose des vaisseaux du pédicule suffirait à provoquer les mêmes phénomènes et dans certains ‘cas d'infection, il semble qu’on puisse invoquer un tel processus.

À partir du moment où il n’est plus nourri, le noyau graisseux qui constitue le centre du corps libre ne tarde pas à subir une dégénérescence de tous ses éléments. Les cellules disparaissent ; les éléments vasculaires sont détruits : il se produit une fonte dutissu qui aboutit à la formation d’une véritable bouillie graisseuse.

Plus tard, il peut se faire une calcification partielle, localisée aux couches les plus externes du corps, ou une calcification totale, englobant tout le noyau.

Mais si la plupart des auteurs semblent d’accord

pour envisager ainsi l'origine et la transformation

du noyau des corps libres, il n’en est plus de même

en ce qui concerne l'enveloppe. Les uns pensent

RE Foillét 2

Page 1