‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 15 sur 99 · Qorân, cxn · texte numérisé non relu

Qorân, cxn

La dernière ligne a été ainsi rendue par lui : Sa date, bienfait de la direction droite, est dans les mots : Dis : Il est le Dieu unique. En construisant la phrase de cette manière, on sépare du chronogramme les mots Ijlù» jjJ. et l'on obtient une date inacceptable. De plus, il est d'un usage constant de joindre le mot kjlî au chronogramme directement, sans le secours d'aucune

préposition; on ne peut donc lire jl*-I «Ull ^j* J-* *s£jU

Mais il est juste d'ajouter que Devoulx a fait entrer dans le calcul les deux mots que sa traduction semblait en exclure, et qu'il est arrivé ainsi au nombre 1C42 qui est bien celui de la date en chiffres.

Cette date chiffrée a reçu deux lectures différentes : Berbrugger (1) transcrit 1022, et Devoulx, 1042. Ce qui tendrait à rendre historiquement vraisemblable l'avis de Berbrugger, c'est qu'en 1022 de l'hégire (1613-1614 del'è. c), régnait, à Alger, un pacha du nom de Huseyn Cheikh. Trompé par l'analogie, Berbrugger a cru trouver dans le texte le nom de « Chah ou Chikh Hossaïn » qui n'y figure en aucune façon, pas plus que le titre d'un « Émir Moussa » qu'il a pensé y découvrir. En définitive, c'est à l'opinion de Devoulx qu'il convient de se rallier : le chiffre des dizaines, sans être parfait dans ses formes, ne saurait être pris pour autre chose qu'un 1; de plus, la concordance est rigoureuse entre la date 1042 et le chronogramme; enfin l'on sait qu'à cette époque régnait, à Alger, un pacha Huseyn dont le nom n'est suivi d'aucun titre. C'est le même qui avait gouverné déjà en 1627 de l'ère chrétienne. (Cf. le n° 20.)

Les vers qui composent l'inscription sont scandés sur le mètre taicil. L'orthographe -U àll pour ^juUdl est destinée à assurer la rime en j; ce participe doit être lu, comme le reste de l'inscription, sans flexions grammaticales. Les mots Uiill, IjuJJ, Ijû> sont

mis pour c/J£ail, </.».» il, i/Ju*. La construction incorrecte j.j^î ^\ pour a.j^i y\ est en complète harmonie avec la médiocrité de style du contexte.

L'an 1042 de l'hégire correspond aux années 1632-1633 de l'ère chrétienne.

1. Berbrugger, Livret explicatif des collections diverses de la Bibliothèque- Musée d'Alger, op. laud., p. 129.

Cercle militaire d'Alger.

Inscription arabe placée au-dessus de la porte s'ouvrant sur la partie haute de la rue Médée.

Écriture médiocre du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,06.

Table de marbre mesurant 0ra,48 de hauteur sur 0ra,39 de lar-

Caractères sculptés en faible relief et disposés sur cinq lignes séparées entre elles par des traits du même relief que les lettres.

Inédite.

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jj-frJI UL-, ^ j~X\ j\ . ^Xjl Jj-U oVj if*

(jLJl.1 w>-L» ^-i^ -A-Jl <JM « ^-^ -*■-— J< c^-'Vl -A» ^-C-

Traduction. — Ce//? construction florissante a été terminée par autorisation de la milice victorieuse, sous le gouvernement du maître auguste, l'illustre pacha Aboû 'l-Hasan 'Alg, représentant de notre maître le pâdichàli [nue Dieu perpétue pour nous son règne dans la joie!), par les soins du fidèle sieur 'Aly, fils du sieur Moûsà le constructeur, dans les premiers jours (1) du mois de rebi 'laivwel de l'année parfaite sept et quarante et mil.

Le bâtiment auquel appartient cette inscription servait, sous la domination turque, de caserne pour les janissaires; on l'appelait foûqâniyà (supérieure), à cause de sa situation dans la partie haute de la rue Médée, ou jedîdà (neuve) parce qu'elle avait été construite dix ans après sa voisine, dont il est question au n° 20.

d. L'expression employée ici s'applique à la première décade du mois.

Berbrugger (1), parlant des casernes de la rue Médée, a confondu les diverses dénominations qu'elles avaient reçues; c'est ainsi qu'il considère les épithètes de « neuve »et « inférieure » comme s'appliquant à la même caserne. Aucune erreur n'est possible à ce sujet; les inscriptions fixent bien les dates respectives des deux monuments puisque, par bonheur, elles sont encore à la place où les Turcs les avaient installées. Devoulx (2) n'établit aucune correspondance entre les appellations servant à désigner ces casernes ; il dit même qu'on les nommait invariablement, Tune, « la caserne de janissaires ancienne », l'autre, « la caserne de janissaires neuve ».

Le représentant de la Porte ottomane à Alger était, au moment de la fondation, le pacha Aboû'l-llasan rAly, qui exerça ses fonctions de 1637 à 1639. A cette époque le souverain de Turquie était Amurat IV que l'inscription ne nomme pas, mais qu'elle désigne sous le titre de pâdichâh. L'orthographe donnée à ce mot est incorrecte ; le texte écrit r-Lijb au lieu de «Liol ou «LljIj et, sans doute, ce changement de la dernière lettre est dû moins à la nécessité de donner une rime à r-'^l qu'à l'ignorance du rédacteur arabe à l'égard d'un mot étranger à sa langue. Quoiqu'il en soit, c'est le seul exemple, dans les inscriptions d'Alger, de l'emploi de ce titre persan appliqué à un souverain sounnite, tandis que l'arabe « soultân » et le tartare « kân » et « kâqân » sont d'un usage fréquent.

C'est le fils de Moûsâ l'Andalousqui dirigea les travaux de construction; la caserne inférieure, la plus ancienne, avait été bâtie dix ans plus tôt par son père.

Cette épigraphe se compose de huit vers scandés sur le mètre rejez, dans lesquels la rime a lieu entre les hémistiches. L'an 1047 de l'hégire s'étend du 26 mai 1637 au 14 mai 1638, et la première décade du mois de rebic 'lawwel correspond à la période comprise entre le 25 juin et le 4 juillet 1637 inclusivement.

Tombeau de Sîdî M amour, à Alger.

Inscription arabe placée au pied de la châsse qui recouvre le tombeau du saint.

i. Revue africaine, t. III (années 1858-59), p. 132 et sq. 2. Revue africaine, t. III (années 1858-59j, p. 138 et sq.

Écriture médiocre du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,04.

Table de bois mesurant 0m,34 de hauteur sur 0m,70 de largeur.

Caractères sculptés en relief et recouverts de dorure, disposés sur cinq lignes séparées entre elles par des traits du même relief que les lettres.

Inédite.

Traduction. — Louange au Dieu très-haut! Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Mohammed! Le cheikh, rimâm, proche de notre Maître, le très puissant, le très célèbre docteur de la bonne dira-lion (1), notre imcim Mansoûr (çue la tranquillité et la joie s'attachent à lui!) est décédé dans le mois de chdbân. La mort est survenue, puisque tel est le rapport des Iraditionnistes, en l'année cinqua?itc avec le tracé d'un ddl après mil, parole de vérité!

La date de 1054 indiquée par cette épitaphe correspond exactement à celle que Devoulx a trouvée, sans pouvoir lui reconnaître une authenticité certaine, dans un manuscrit arabe dont il n'indique pas l'âge (2). Il est malaisé de dire si l'épitaphe est antérieure au document que Devoulx a eu entre les mains, et il est à remarquer qu'on n'en trouve aucune mention dans son ouvrage sur Les édifices religieux de l'ancien Alger, paru en 1870. En fautil conclure que l'existence de l'épigraphe est restée ignorée de cet auteur, ou que la tablette qui la porte est d'une exécution récente? La tradition seule pourrait fournir quelque renseignement à cet égard, mais l'on sait que les témoignages locaux, en

1 . I. e. : de la religion musulmane ; le mot (jJA fait partie du sous-titre du Qorân.

2. Devoulx, tes édifices religieux de l'ancien Alger, op. laiul., p. 202.

pareille matière, tendent toujours, par suite d'un entraînement involontaire, à attribuer à de tels monuments la plus haute antiquité. Pourtant la précision de la date qui comprend le nom du mois, passé sous silence par Devoulx, aussi bien que la forme inusitée de l'expression où l'on a combiné les systèmes numérique et littéral, semblent prouver que Pépitaphe n'a pas été établie d'après le manuscrit.

Il est incontestable que l'expression Jb Ja* n'est pas heureuse, le verbe Ja-* signifiant « munir un caractère de points diacritiques », alors qu'il reçoit manifestement ici le sens de « tracer une lettre ». Le j valant 4, la date complète est cha'bàn 1054, qui correspond à la période comprise entre le 3 et le 31 octobre 1644 de Père chrétienne.

Un certain nombre de légendes plus ou moins merveilleuses s'attachent à la mémoire de Sidi Mansoûr ; elles sont rapportées par Devoulx. Le tombeau du saint était autrefois situé près de la porte Bâb 'Azzoûn : en 1845, on démolit le mausolée qui l'entourait et l'on transporta en grande cérémonie les restes mortels dans un local préparé à cet effet, à côté de la mosquée, de Sidi 'Abderrahmân qui avait été le maître de Sidi Ahmed Zerroûq, lequel avait eu, à son tour, Sidi Mansoûr comme disciple.

La fin de cette inscription est rédigée en prose rimée ; les rimes sont : j^-ai» et j^^OI, Jls^JI et o\$J\, Jb et Jii*.

Phare de l'Amirauté, à Alger.

Inscription arabe provenant de l'un des tombeaux situés jadis près des fortifications de Babeloued.

Mauvaise écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,05.

Stèle de marbre mesurant, dans sa partie gravée, 0m,39 de hauteur sur 0m,27 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes séparées par des traits du même relief que les lettres.

Traduction. — Ceci est le tombeau de celui à qui Dieu fasse généreusement miséricorde, Mohammed ben Ramdân; que Dieu lui fasse miséricorde l 11 est mort dans le mois du dernier joumâdâ de l'année cinquante-neuf après mil.

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée d'Alger, op. laud., p. 135 et sq.). Le texte donné par cet auteur ne reproduit pas exactement la disposition de l'original ; en outre, il porte â**~ au lieu de âiuJ, transformant ainsi en 1057 la date qui est, en réalité, 1059. Le mois de joumâdâ IIe 1059 s'étend du 12 juin au 10 juillet 1649 de l'ère chrétienne. Devoulx écrit </->W correctement, tandis que l'original le prive du ts final et donne un jezm au j.

Il ne semble pas que le personnage cité ici ait joué un rôle dans l'histoire d'Alger. La stèle qui porte cette épitaphe était un mechhed de pied.

Musée d'Alger.

Inscription turque et arabe provenant de la mosquée El-Jàma' el-jedîd.

Écriture médiocre du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,07 dans les trois premières lignes, et 0m,05 dans la quatrième.

Corniche de marbre mesurant 0m,49 de hauteur sur 2m,48 de largeur.

Caractères gravés en creux et jadis remplis de plomb, disposés sur quatre lignes qui présentent d'importantes lacunes dues aux mutilations subies par la pierre.

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Traduction. — A l'époque brillante de F ombre du Nourricier^), le kân , la mosquée a été ainsi construite. Que

Dieu jette un regard sur l" armée victorieuse! Mille compliments pour Jurmy, puisqu'il a donné une date! La mosquée des fervents a été édifiée au temps du sultan source

de bienveillance et de générosité, armé du glaive et de la lance. A celui qui observe les cinq moments de la prière soit toujours le bonheur. Car, en travaillant et en s" efforçant soir et matin, ils (2) ont fait le sanctuaire de la race des gens pieux, le lieu de réunion du peuple de la pureté. Que [Dieu] perpétue sa succession tant que durera la révolution sidérale (3), tant qu'un oiseau chantera avec entrain sur les rameaux; qu'il perpétue à travers la durée l'organisation des musulmans en catégories, la famille (4), les compagnons , les ansâr (5), lions de générosité (6), et leurs sectateurs dans

1. Les souverains musulmans reçoivent souvent le titre de «ombre de Dieu » parce qu'ils sont, sur la terre, comme un reflet de l'autorité et de la

toute-puissance divines. Dieu est désigné ici par l'épithète persane jvsj*j

qui équivaut à l'arabe Jjl jj\ « Nourricier » employé dans Je même sens.

2. Ce pluriel désigne les soldats de la milice qui firent bâtir la mosquée. — Cf. le commentaire.

3. jljjJÛI s'applique au mouvement de révolution des astres sur leur orbite.

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