‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 14 sur 99 · Cf. l'inscription n · texte numérisé non relu

Cf. l'inscription n

2. Quelques dictionnaires attribuent à ce mot la signification de « Espagnol ». En réalité les Arabes disent sbânioûl (j iJL.«J eu parlant des chrétiens d'Espagne, et andalousy (^JXn eu parlant des descendants des familles musulmanes venues jadis de la péninsule ibérique.

o^J « UL ^^>. l'Y^» cJj.> ^3 dASij -LlJI ^»^ ^f" *J?^

Traduction. — A Sa louange! Ceci est une porte nouvelle bienheureuse, dont rétablissement nous procurera la plus grande joie par le Dieu digne déloges, sous le régne du sultan Murdd {que le Glorieux protège sa grandeur)! J'ai dit : Sois la bienvenue, 6 porte ; que les bons augures ne se séparent jamais de toi une fois ouverte, car tu es une porte de générosité et de victoire nouvelle. En face de toi et dans ton voisinage sont des maisons contenant des troupes qui, en un jour de fête joyeuse, mettront l'ennemi en fuite comme des lions; elles auront une assistance, une victoire prochaine , et la plus belle des existences. Le maître Moûsà 'l-Andalousy, F unique, l'a achevée {que Dieu le récompense doncenle réunissant aux groupes des justes !) et cela sous le gouvernement de notre maître Huseyn pacha {que Dieu l'assiste!) l'an 1039.

Cette insci'iption a été publiée par Devoulx {Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 115 et sq.). Le texte établi par cet auteur a servi en partie à la reconstitution de celui qui est proposé ici : la pierre, déjà fortement endommagée au moment où elle fut l'objet d'une première étude, a subi encore les morsures du temps au point que la première ligne est presque entièrement détruite et ne présente plus au lecteur que quelques caractères dans la partie centrale, et une fraction des deux derniers mots. Les premières lettres de la 2e ligne et le j du mot j^*- ont également disparu. Il est deux points pourtant sur lesquels je n'ai pas cru pouvoir suivre la transcription de Devoulx : j'ai lu Oujkl) iJIJl>. (3e ligne) au lieu de tîU*- <1X jlôJj, et ».U «^

jliJI (5e ligne) au lieu de .j^-^I £*~ Ui?L.... Dans le premier membre de phrase, les mots *X" Jut Jj ne présentent aucun sens; dans le second, UisU n'est certainement pas sur l'original, pas plus que j^j qu'il serait étonnant, au surplus, de rencontrer à la fin de deux périodes consécutives. Quant à l'absence du

& de tUJL», il est presque inutile de la faire remarquer, tant sont fréquentes les omissions de ce genre dans les épigraphes algériennes.

L'inscription est rédigée en prose rimée; la quantité prosodique des périodes qui la composent dépasse généralement celle des mètres les plus longs.

La porte que décorait cette épigraphe fut démolie en mai 1870; mais Devoulx avait eu la précaution de prendre un estampage de la pierre vers 1868, alors que la première ligne et le commencement de la deuxième, détruites accidentellement en 1870, existaient encore. Il résulte des recherches historiques faites par cet auteur que le monument, désigné, sousl'occupation turque, par les noms de Bâb-el-Jihàd (Porte de la Guerre sainte) et Bàb-Dzira (1) (Porte de l'Ile), fut appelé successivement par les Européens : Porte du Môle, Porte de la Douane, Porte de la Marine, et Porte de France. On détruisit la Porte de France pour agrandir la caserne Lemercier, démolie elle-même tout récemment, en 1898.

Les maisons que la troisième ligne indique comme étant situées à proximité de la porte étaient la caserne d'Ostâ Moûsà, devenue plus tard la caserne Lemercier, et la caserne appelée Mr-ed-droûj, c'est-à-dire Caserne des escaliers, parce qu'on y accédait par quelques marches.

Le personnage appelé « sultan Murâd » est le sultan Amurat IV, surnommé El-Ràzy, qui régna sur la Turquie de 1623 à 1640, et se rendit célèbre autant par sa cruauté que par la féconde énergie qu'il déploya dans la réorganisation de l'armée ottomane et le rétablissement de la discipline militaire. Quant au pacha qui présidait alors aux destinées de la Régence, il n'est pas mentionné par les historiens, et la chronologie établie par Mercier dans son Histoire de l'Afrique septentrionale signale une lacune qui s'étend de 1623 à 1633. Cette inscription éclaire donc en partie l'obscurité qui couvre cettepériode, car le nom de Huseyn pacha est écrit avec une parfaite netteté. L'épigraphe n° 20 établit déjà que Huseyn régnait en 1627-1628; il conserva le pouvoir jusqu'en 1634, avec une courte interruption en 1629.

Le chiffre 0 du millésime est tracé comme le serait aujourd'hui le chiffre 5, mais aucune confusion n'est possible, puisque l'ère musulmane en est encore au début de son xive siècle. L'an 1039 de l'hégire correspond aux années 1629-1630 de l'ère chrétienne.

1. Dzîra est la prononciation barbaresque de ojy^; on dit de même Dzâïr pour j\y".

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant de la porte principale de l'ancien palais des pachas, dit palais de la Jenîna.

Très mauvaise écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,03.

Table de marbre mesurant 0m,34 de hauteur sur Om,96 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur cinq lignes enfermées dans deux cartouches de forme elliptique qui mesurent 0nyl9 de hauteur sur 0m,26 de largeur. Les deux cartouches sont placés l'un à côté de l'autre, celui de droite contenant les premiers hémistiches, et celui de gauche, les seconds.

La date, inscrite sous les cartouches, à la partie médiale de la pierre, est entourée d'un encadrement trapézoïde.

^s • \iJ^f- *"U*i I jjjJl jlLJL ol j> * U«\! fi JoJk/|| jûâU jjt.j • Lfc»-! <M j* J* » 1-A* jJ>- <^jl" Il juJ-I (jùj *JLU

Traduction. — Huseyn pacha qui sert de modèle, ministre du seigneur aux fermes desseins, avec le consentement des troupes de celui-ci, a donné l'ordre à Moûsà qui imite les exemples (du pacha), de restaurer le frein de toute incursion, c'est-à-dire la porte du sultan de la ville. Son existence est renouvelée sous un horoscope qui chassera remue. Sa date est : « La meilleure direction consiste dans [le verset) : Dis : Cest lui qui est le Dieu unique! (1). » — Et c'est 1042.

Cette inscription a été publiée parDevoulx {Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 55 et sq.). La traduction qu'il en a donnée diffère légèrement de celle que je propose.

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