‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 23 sur 99 · Cf. l'inscription n · texte numérisé non relu

Cf. l'inscription n

Jljjîl jTj ja Je 1%J\ j II JljjVl Ja-lj JO^VI iif ^ji ji~l

jiL || U J^J fV>. wjJ! jl jmVI i Vj ^ || j>-^ .£-41

jlji-l dWI AîU Ici Je || ç\L\ AU\j ^Jl ^U. Je ^!j!!

|| ç^11 J-1 ^b. <s-y &. ^"" || ■*•. Jc

Traduction. — Louange à Dieu qui ouvre les fermetures et dispense avec largesse les subsistances! Béni soit celui qui a pris pour monture El-Borâq (1), Mohammed, qui s'est élevé jusqu'aux sept étages célestes! La construction de ce magasin bien pourvu, pour la conservation des grains destinés à l'armée victorieuse, a été entreprise sous le gouvernement de l'émir fidèle à ses promesses, notre maître lsmaïl pacha, avec l'autorisation de celui qui préside aux affaires du pays et des hommes, El-Hàjj 'Alg agha (que le Roi généreux l'ait en sa garde!), par les soins d'Ibrahim ben Moûsày à la date : « Le Vivant, le Dispensateur des richesses! »

Celte inscription aété publiée par Devonlx (Èpigrapkie indigène du Musée d'Alger, op. laud., p. 91 et sq.).

Le texte est rédigé en prose rimée ; c'est sans doute au souci de l'assonance qu'il faut attribuer la construction insolite * ~~ U

La formule finale en laquelle consiste le chronogramme s'appli-

i. On sait qu'El-Borâq est le nom de l'animal fantastique qui servit de monture au prophète Mohammed dans le voyage nocturne (Elmesra — (Sj-^jSj de Jérusalem au ciel qu'il accomplit, au dire de la tradition. La taille de cet animal tenait le milieu entre celle de l'âne et celle du mulet; il n'en est pas question dans le Qorân, contrairement à ce que peusait Devoulx. La nuit

pendant laquelle eut lieu cette ascension est appelée Leylàt cl-mi'nij ^J

que à Dieu; on pourrait être tenté d'y lire ,^-JI, mais les points diacritiques du \j sont très nettement marqués et empêchent de le considérer comme allf maqsoûrà. Devoulx a négligé de reproduire ces points dans sa transcription ; pourtant la manière dont

il a traduit le participe prouve qu'il a adopté la lecture ^^kJ! à

laquelle je me suis arrêté moi-même.

Pour faire le calcul de la date, il est nécessaire d'attribuer aux lettres la valeur qu'elles ont dans l'alphabet barbaresque, où le £ équivaut à 900, et non à 1000 comme dans l'alphabet oriental. On arrive ainsi au chiffre de 1080. L'an 1080 de l'hégire correspond aux années 1669-1670 de l'ère chrétienne. A cette époque, l'autorité était, en effet, exercée à Alger par El-Hâjj Aly agha, désigné dans les inscriptions turques sous le nom de Hàji 'Aly; celui-ci, porté au pouvoir par le Diwân des janissaires, en 1665, après l'assassinat de Cha'bàn agha, y demeura jusqu'en 1671 et eut lui-même une fin tragique. Quant au pacha Isma'il, qualifié ici d'émir fidèle à ses promesses, il n'exerçait aucun commandement effectif et, ayant peu à promettre, il ne devait pas être embarrassé pour tenir parole.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant du « Fort des Anglais » ou Borj Qâmàt-el-foûl.

Écriture médiocre du type ta'lîq.

Hauteur des lettres montantes : 0m,03.

Table de marbre mesurant 0m,50 de hauteur sur 0m,47 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur cinq lignes enfermées dans des cartouches historiés du même relief que les lettres.

o-\j'^ i£jk>) Li^' <•*£• £++»t y i£-\* £-^ ^TJ.y. *~*f" '"-' * <.:— ~ jLO jj II j c j^W 4>\ t5«jJlc csb II ^-^j Cx^.

Traduction. — Une voix mystérieuse a prononcé, comme date de ce fort, ce vers sa?is pareil : « Hâjî 'Aly, en ses augustes desseins, a construit une forteresse en cet endroit » . Au temps d'Ismaît pacha ; année 1080.

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epi graphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 49 et sq.) qui lui a attribué trois lignes. En réalité, elle en contient cinq dont les quatre premières forment les hémistiches d'un distique scandé

sur le mètre remet. L'orthographe Jju — Il (pour JjuJI) est amenée

par la nécessité de donner une rime à A*.

Devoulx déclare n'avoir pu résoudre le chronogramme de cette inscription. Il suffît, pour en faire le calcul, d'additionner les valeurs numériques attribuées aux lettres du second vers:

^& <j^\c- 4^ j^'lc ($\j ^f~J. tlr^-t oJ»'y. c£-d°J

on obtient ainsi exactement le nombre 1080.

Au point de vue grammatical, l'inversion Ol>.j j.-L-„ mérite d'être signalée.

La date en chiffres, intercalée parmi les mots de la dernière ligne, doit être lue en dernier lieu et ne compte pas dans le vers.

L'an 1080 de l'hégire correspond aux années 1069-1670 de l'ère chrétienne ; c'est l'époque où Hàjî fAly, qui fut agha de 1665 à 1671, exerçait le pouvoir à Alger avec le Diwân, sous l'autorité purement nominale du représentant de la Porte, Isma'il pacha.

Le « Fort des Anglais », dont la porte était surmontée de cette épigraphe, est appelé par les indigènes Borj Qàmàt-el-foûl (fort de la haute taille des fèves) parce que, dit-on, les champs de luxe* environnants contenaient des plants de dimensions remarquables ; Devoulx écrit « Bordj Kalet el-foul ». Cet ouvrage militaire existe encore aujourd'hui ; il est situé sur le bord de la mer, au nord-ouest d'Alger.

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant de la mosquée de Bàb-Dzîrà.

Bonne écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0ra,05.

Table de marbre mesurant 0,50 de hauteur sur 0m,50 de largeur (l'angle supérieur gauche a été brisé et a disparu).

Caractères sculptés en relief et disposés très irrégulièrement, sans intervalle entre les lignes que l'on peut cependant considérer comme étant au nombre de sept.

J^U â\ J^j j> Il ùUI Jj~l d&\ iï VI aJ\ V

.... Syi\ ^ \ #\ ^J j^JLI U»|| ûuVI ^1

ij^ 4MÎ *iî» ^ || jL«- tr^-l f1^ ^ ^ &~W\ {%ù\

jj j4"l ^^-» ^4^- j il 4-»Jl J^*>V1 <^ 4ttl Â-^sJil j^J^-i

cLiiP- ^jjl 2^^>^J\ -u> s i)lj ^.j^- cJl

Traduction. — 7/ ra'y « ûfc divinité que Dieu, le Roi, la

Vérité, l'Evident ; Mohammed est l'envoyé de Dieu, il

est sincère dans ses promesses et digne de foi Celui qui se

confie à [son Maître], le docte, le fervent dans la maison sacrée de Dieu, Ei-Hâji Chabùn, Dey du pouvoir durable dans la ville bien gardée a" Alger, la protégée de Dieu , [que les meilleurs souhaits de longue vie soient formés à son

intention!) [a fait construire] cette mosquée pour

contempler le visage du Dieu auguste (i), dans t excellent mois de sa far de l'année mil cinq après l émigration du Prophète. Année il 05.

gène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 7 et sq.) qui en a donné une lecture et une traduction un peu différentes de celles qui sont proposées ici. Tout d'abord, il faut remarquer avec Berbrugger {op. laud., -p. 130) que la date en lettres est 1005, et la date en chiffres, la véritable, 1105. Devoulx conteste l'exactitude de cette observation et prétend que « le mot 4>U est parfaitement reconnaissable bien qu'un peu fruste ». Cet épigraphiste a été victime d'une erreur de déchiffrement ; le seul mot « fruste » de

1. Daus la vie future; i. e. pour l'amour de Dieu. Cf. l'iuscriptiou u° 6.

toute l'inscription est le mot ê^=-6-3l dans lequel le s et une partie du £■ ont été écrasés ; le nom de nombre «LU n'existe en aucune façon.

Plus bas, le sculpteur, soit à dessein, soit faute d'avoir pris les mesures convenables, a enchevêtré des membres de phrase qui devaient rester séparés ; c'est ainsi qu'il a scindé la proposition

4— ;^'l eUa-s^l «L-JU: dont la première partie J-^j^l «ui* est accolée à la fin de la 5° ligne et placée sous les mots «u*a=^l j\j-2r\

<Û)Lj, tandis que la seconde partie «L^l est rejetée au commencement de la dernière ligne, avant oj^\ -»■«. Cette disposition a fait croire à Devoulx que le souhait ainsi exprimé s'adressait au Prophète, alors qu'il s'applique à El-Hàjî Cha'bân ; c'est ce qu'indiquent surabondamment les termes mêmes qui composent

la formule. D'une part, le mot «u*?, signifiant « souhait de longue vie », s'applique mieux aux personnes vivantes ; de l'autre, il faut bien remarquer que la phrase précédente ne contient aucun mot qui désigne le Prophète et auquel on puisse rapporter le pronom

affixe de 4 JU:. Quant à la constrnction a ^1 J-a 9^l, elle est,

comme on le voit, des plus incorrectes. Il n'est pas inutile d'observer que C*~)j—*? est écrit avec un ô, et non avec un i comme l'indique Devoulx qui le fait précéder, également à tort, de la préposition y ; l'orthographe de ce mot, non moins que la construction de la phrase qui le renferme, semble révéler l'origine turque du rédacteur.

Le mot Âj^jUI est écrit «u^JI.

Les points de suspension introduits dans le texte correspondent aux parties de l'inscription détruites par la mutilation de la pierre, qui provient de la mosquée de Bàb-Dzîrà, fondée en 1105 de l'hégire (1693-1694 de l'è. c.) par El-Hâjî Cha'bân, dey d'Alger de 1688 à 1695(1). J'ai rétabli, entre crochets, dans la seconde

phrase, le verbe disparu qui ne pouvait être que ^j ou jjl>. ; les renseignements complémentaires que l'on possède sur l'ancienne mosquée de Bâb-Dzîrà permettent de choisir le premier de ces deux termes.

1. Cf. Devoulx, Les édifices religieux de Vancien Alger (Alger, Bastide, 1810), p. 88 et sq.

Mosquée de Sîdî ' Abderrahmân Et-Ta'àliby à Alger.

Inscription arabe encastrée clans le mur, à l'extérieur, au-dessus de la porte d'entrée de la mosquée.

Bonne écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,05.

Table de marbre mesurant 0m,41 de hauteur sur 0m,40 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur six lignes.

Inédite.

^^-ii <cL»=- a 9 Jâ-ill ^-s Jjo^j }L>L- l <J£jL*

Traduction. — Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux; que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Mohammed! Avec l'aide de Dieu, notre prime au rang sublime a achevé cette construction par ses soins. Si El-Hâjj Ahmed ben El-Hâjj Mosly surpasse les hommes généreux et vertueux, que Dieu le dirige vers le succès (1) par la protection du « judicieux [2) » et du « sincère » (3) >> / Sa date, 6 toi qui demandes la vérité, je l'ai mise avec a amour » dans cette poésie. Année mil cent huit.

1. Le mot employé dans le texte désigne littéralement l'assistance que Dieu accorde à l'homme et qui lui permet de réussir; on a pris ici, par métonymie, la cause pour l'effet.

2. Surnom de 'Omar, le deuxième des quatre kalîfes orthodoxes.

3. Surnom d'Aboû-Rekr, le premier des quatre kalîfes orthodoxes.

Devoulx a donné une traduction de cette épigraphe sans en citer le texte [Les édifices religieux de l'ancien Alger, op. laud., p. 40 et sq.). Il déclare inutile la recherche du chronogramme contenu dans l'avant-dernière ligne, parce que la date est ensuite exprimée en toutes lettres. Il y a pourtant quelque intérêt à constater que ce chronogramme, formé du seul mot J^-1j, doit être décompté suivant les valeurs numériques de l'alphabet occidental : v = 2> J- — 1000> 3 = 6> J = 100.

Si l'on excepte la première et la dernière lignes qui contiennent l'une la formule initiale des écrits, l'autre la date en toutes lettres, cette inscription est rédigée en prose rimée et rythmée; la rime varie d'une ligne à l'autre et partage chacune en deux parties à peu près égales. A la deuxième ligne, le nom propre A**.» a été privé de son <j- pour satisfaire à la rime avec JJ*«JI. L'orthographe incorrecte L». et (S^j:, dans la dernière ligne, est aussi à remarquer.

L'année 1108 de l'hégire correspond aux années 1696-1697 de l'ère chrétienne. El-Hàjj Ahmed fut dey d'Alger depuis le mois d'août 1695 jusqu'à la fin de 1698.

Phare de l'Amirauté, d Alger.

Inscription arabe d'origine incertaine.

Mauvaise écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes: 0m,07.

Table de marbre mesurant 0ra,53 de hauteur sur 0m,53 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur quatre lignes scindées en deux parties dont chacune est entourée d'un cartouche tracé comme les lettres.

Il  JLx L*jl«-) j— * ÂjU « < 'LJ1 .jLjs* j-i^\ ij—i—>

Traduction. — A la gloire du Défenseur, du Fort, a été achevée cette citadelle de la guerre sainte excellente et élevée, .sou s le règne du //rince le plus fortuné, orgueil des rois éminents, Ahmed, au commencement (1) du mois de joumâdà 't-tâniyà de cent et après lui huit, avant lesquels mille ans se sont écoulés depuis l'émigration du Prophète, le meilleur des envoyé*.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Revue africaine, t. XX, année 1876, p. 482). Dans le texte donné par cet auteur, le mot <^a~» (4e ligne) a été omis.

Il n'est pas possible de savoir de quel édifice provient cette épigraphe. La pierre qui la porte a été placée, postérieurement à l'explosion de 1845, au-dessus de l'entrée d'un bâtiment dépendant du service de l'artillerie et situé à l'ouest du phare.

Le souverain dont il est fait mention est El-Hàjj Ahmed, qui fut dey d'Alger du mois d'août 1695 à la fin de 1698. L'an 1108 de l'hégire qui vit l'achèvement du fort correspond aux années 1696- 1697 de l'ère chrétienne.

Le texte de cette inscription forme quatre vers scandés sur le mètre rejez, dans lesquels on ne relève la rime qu'entre les deux hémistiches; la scansion du dernier vers est irrégulière.

Mosquée de Sîdî ' Abderrahrnân Et-Ta'àliby, à Alger,

Inscription arabe encastrée dans le mur du vestibule qui précède la salle du tombeau.

Bonne écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,04.

Table de marbre mesurant 0,n,50 de hauteur sur 0m,50 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposées sur sept lignes, divisées en deux parties dont chacune est entourée d'un cartouche tracé comme les lettres.

Inédite.

1. Litt. : dans les trois premiers jours de la nouvelle lune.

Traduction. — Ceci est le séjour de notre docte El-Ta'âliby, très élevé par le parfait éloge (1) et les qualités ; il a été achevé avec l'aide de l'Unique, du Glorieux, par les soins de ïoukil (2) 'Abdelqàder, après F écoulement d'une décade du mois de rejeb (que celui qui le visite parvienne à obtenir ce qu'il sollicite!) en tannée mil, et écoute sa suite (3), et cent après huit. Il est devenu parfait parla gloire de Dieu et l'excellence de notre docteur au rang sublime. Que Dieu juge en faveur de ceux qui s'y sont employés avec une clémence et un pardon accordés (4) généreusement; qu'il accueille le visiteur qui vient à lui, et qu'il fasse miséricorde à l'affligé qui l'invoquel

La pierre qui porte cette inscription est en assez mauvais état; elle a été brisée par un choc qui l'a tendue de haut en bas, de telle sorte que les deux fragments chevauchent l'un sur l'autre. Par suite, la lecture est, en certains endroits, assez malaisée. L'épi-

i. Qu'il mérite.

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