DES
Grande Mosquée, rue de la Marine, à Alger.
Inscription arabe tracée sur le cadre formant l'entrée de l'escalier de la chaire.
Ecriture médiocre du type koûfy.
Hauteur des lettres montantes : 0;n,05.
Cadre de bois affectant la forme rectangulaire et mesurant 0m,07 de largeur sur 2m,10 de développement.
Caractères sculptés en relief et disposés sur une seule ligne qui contourne le cadre de manière à couvrir toute la traverse et la partie supérieure de chacun des montants.
^a «^Jill r^j j+ï Jj\ j yl\ liU f\ *.>-J\ j^J\ à\ ^-»
xir J^ a Ât*«i j\j *—)" ai- Traduction. — Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux! Cette chaire a été achevée le premier du mois de rejeb qui fait partie de Van quatre cent neuf. Œuvre de Mohammed.
Cette inscription a été publiée par M. l'abbé Barges, jadis professeur d'hébreu à la Sorbonne (1), qui en a donné une traduction, accompagnée de la transcription du texte en caractères européens. La traduction seule a été reproduite par Devoulx (2) En citant cette épigraphe « qui se lisait anciennement sur le minbar ou chaire de la Grande Mosquée d'Alger », l'abbé Barges semblait supposer qu'elle avait disparu; elle est encore en assez bon état, mais la porte massive qui l'abrite aujourd'hui et assure sa conservation a le grave défaut de la dérober complètement aux regards des visiteurs de la mosquée. C'est dans un manuscrit arabe de sa collection (3) que l'abbé Barges a trouvé la citation de ce petit texte qui, tout bref qu'il est, présente un vif intérêt, puisqu'il fixe la limite la plus rapprochée à laquelle on puisse faire remonter la fondation de la Grande Mosquée.
Autrefois, les sculpteurs sur bois, en pays musulman, avaient coutume de signer leurs œuvres; les pupitres à Qorân en fournissent de fréquents exemples. L'artiste qui a produit la chaire de la Grande Mosquée s'est conformé à cet usage.
Un certain doute peut planer sur la date de cette épigraphe: en raison de l'absence de points diacritiques, le nombre des unités peut être lu indifféremment m^, (sept) ou **J (neuf). J'ai conservé ici la leçon donnée par le manuscrit de l'abbé Barges, parce qu'il me parait qu'on peut établir une présomption en sa faveur : le 1er du mois de rejeb 409 de l'hégire, correspondant au 13 novembre 1018 de l'ère chrétienne, était un jeudi, et il est vraisemblable que le sculpteur a daté son œuvre de ce jour-là pour que la chaire fût inaugurée dès son installation, au prône du vendredi.
Musée d'Alger.
Inscription arabe provenant de Bougie.
Écriture élégante du type koûfy.
Hauteur des lettres montantes : 0m,03.
1. Revue de l'Orient, de l'Algérie et des colonies, t. V, p. 270 (Paris, Just- Rouvier, 1857).
2. A/DevouLx, Les édifices religieux de l'ancien Alger (Alger, BasLide, 1871T,
p. 93 et sq.
3. Ce manuscrit contient l'Histoire des Benî 'Abdelwàd, par Yahya Ibn Kaldoûn, frère du célèbre écrivain cAbderraljinàu Ibn rçaldoûn.
Stèle de marbre quadrangulaire mesurant Om,2 3 de hauteur sur 0m,34 de largeur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes séparées par des traits du même relief que les lettres.
U* jlà IçU j* ^ I ±* je <Ul j^j ^J\ j^J\ <$\ ^
il - 1 A »i
Traduction. — .4 u nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux-! Que Dieu répande ses (/races sur Mohammed! Oui conque est sur la terre est périssable. Ceci est le tombeau a"Aboû Bekr ben Yoûsef; il est décédé (Dieu lui fasse miséricorde!) dans le mois derebî 'l-awwelde Fan cinq cent douze.
Cette inscription a été publiée par Devoulx (1). Le texte qu'il a proposé est, dit-il, conforme à la lecture de M. Richebé, de son vivant professeur à la chaire publique d'arabe d'Alger; les cinq derniers mots de la première ligne (jl^ J-« <U)I J—»j) y ont été, pourtant, ajoutés. Cette addition faite par Devoulx est absolument justifiée; la dimension réduite des caractères en cet endroit a seule pu mettre en défaut la perspicacité de M. Richebé.
En raison de la place qu'il occupe au commencement de la
3e ligne, le mot ^ devrait être pourvu d'un I ; mais c'est là une faute fréquente dans les inscriptions algériennes. Le t de Â?U-^i ne porte aucun signe.
La face postérieure de la stèle contenait aussi une inscription de cinq lignes, en caractères plus petits ; les frottements que le marbre a subis, aussi bien que les altérations dues au temps en ont rendu le déchiffrement impossible. Richebé et Devoulx l'ont tenté sans succès et l'on peut penser qu'aujourd'hui l'état de la pierre est encore plus défavorable. Devoulx prétend que Richebé a reconnu dans l'inscription le texte d'une prière ; je ne saurais apprécier la valeur de cette hypothèse à l'appui de la-
1. A. Devoulx, Èpigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger (Alger, Jourdan, 1874), p. 79 et sq.
quelle aucune preuve n'est apportée. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on peut encore deviner la formule ^Jl j-^Jl ^ ^ tracée sur la première ligne.
Cette épigraphe est la plus ancienne du Musée d'Alger. Le nersonnage dout elle fait mention ne parait pas avoir joué un rôle dans l'histoire.
Le mois de rebic'lawwel512 de l'hégire a commencé le 22 juin et fini le 21 juillet 1118 de l'ère chrétienne.
Musée d'Alger.
Inscription arabe provenant de Bougie (?).
Ecriture médiocre du type nesky rarby.
Hauteur des lettres montantes : 0m,03.
Stèle de marbre mutilée et ayant présenté jadis la forme d'un parallélogramme de 0m,30 de hauteur sur 0m,25 de largeur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur huit lignes d'inégales longueurs, enfermées dans un cartouche elliptique du même relief que les lettres. La stèle présente en outre, sur sa tranche supérieure, une inscription d'une ligne.
1° Inscription tracée sur la face de la stèle. Ji»U jU,j II ^*J j*\3\ JujjVl ^ I <M <^j j>j <SJ}J~\
2° Inscription tracée sur la tranche supérieure de la stèle.
|| j> je <ui J^j p-j\ [j*-j\ <ai ^j
Traduction. — 1° Ceci est le tombeau du serviteur humble devant la miséricorde [divine) El-Mes 'oûd ben ' Abderrahmân , le victorieux, l'algérien. Il est décédé [Dieu lui fasse misé-
/'/corde!) le mercredi, huitième jour du vénéré mois de ramadan de F année sept cent quinze. Que Dieu lui fasse miséricorde, ainsi qu'à quiconque priera pour lui !
2° [Au nom de Dieu le Clément], le Miséricordieux! Que Dieu répande ses grâces sur Mohammed!
Cette inscription a été publiée par Devoulx (Épigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. taud., p. 40 et sq.). Le texte qu'il en a donné ne diffère en rien de celui-ci ; c'est avec raison que Devoulx a rejeté la lecture ^îiJI adoptée par Berbrugger (1) au lieu de tsjVmJ, car l'avant-dernière lettre est séparée de la dernière et ne peut être considérée comme un j. Le
mot â-x-jj'il est mis incorrectement pour »L«jj^l ; le * de 4>i-«:.> n'a ni * ni points diacritiques. Le Livret de Berbrugger indique que cette stèle fut remise au Musée en août 1853 par M. Fenech, commissaire civil de Bougie, sans dire si elle provient de cette ville même. Le titre de « victorieux », donné au défunt, est attribué soit aux souverains dont le règne est illustré par des conquêtes, soit aux guerriers qui ont rencontré la mort dans les combats. Cette remarque permet de supposer qu'El-Mes'oûd ben 'Abderrahmân était un des hommes qui se distinguèrent dans les luttes que les habitants de Bougie soutinrent à cette époque contre l'armée zeyanite envoyée par Aboû Hammoù à la conquête de la ville.
La tranche supérieure de la stèle contient une inscription d'une seule ligne qui a échappé à l'examen de Devoulx ; le mot j^- est sculpté sur la face même de la pierre, dans l'angle supérieur gauche, en dehors du cadre elliptique dont il est parlé dans la description. Quant aux mots ^-9^J\ 411 ^»j, placés entre crochets, ils ont disparu ; heureusement, la formule dont ils font partie est assez invariable pour qu'on puisse les rétablir sans hésitation.
Ce monument épigraphique est l'un des plus anciens du Musée d'Alger. L'indication de la date contient une contradiction, comme l'a fort bien fait remarquer Devoulx : le 8e jour du mois de ramadan 715, correspondant au 6 décembre 1315, était un sa-
1. Btrbrugger, Livret explicatif des collections diverses de la Bibliothèque- Musée d'Alger (Alger, Bastide, 1861), p. 140.
medi ; le mercredi précédent était le 5 de ramadan 715 (3 décembre 1315) (1).
Grande Mosquée, rue de la Marine, à Alger.
Inscription arabe placée à l'entrée du minaret, à l'intérieur du monument.
Bonne écriture du type nesky rarby.
Hauteur des lettres montantes : 0m,05.
Table de marbre mesurant 0m,75 de hauteur sur 0m,50 de largeur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur onze lignes.
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jl^" ^*4;J <i-5- b^l? VI t£A^ if^ <^Hl J^-* ^? J^jl £.sjj ,jU t5 5 ^\j O (^-iJ <-«-5j ^Vl ^J-J
1 . Cf. Wiistenfeld, Vergleichungs-Tabellen der mohammedanischen itnd christlichen Zeitrechnung (Leipzig, 1854).
Traduction. — Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux! Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Mohammed! Lorsque le prince des musulmans , Aboû Tâche fin [que Dieu le fortifie et lui soit en aide!) eut achevé le minaret d'Alger, dans un délai dont le premier jour est le dimanche dix sept de doû 'Iqadà de l'an sept cent vingt-deux, et dont la fin et F accomplissement ont eu lieu au commencement (1) de rejeb de l'an sept cent vingt-trois, le susdit minaret s écria dans des termes convenant à son état actuel : « Où y a-t-ilun minaret d'une beauté semblable à la ?nienne? Le prince des musulmans a dressé des pommes (2) dont il m'a fait un gracieux ornement, et il a complété ma construction. La lune du firmament me fit face (3) et me dit : « Salut à toi, seconde lune! » Aussi aucune perspective ne séduit les âmes comme fait la mienne. Allons! Contemplez. ma beauté et l'élégance de mes couronnes (4). Puisse mon Dieu accroître l'élévation de celui qui m'a achevé, comme il a lui-même accru mon importance et élevé mes parois. Que l'assistance de Dieu entoure sans cesse son étendard, l'accompagnant comme un ami et lui servant de seconde armée! »
Cette inscription a été publiée et traduite par Devoulx {Les édifices religieux de V ancien Alger, op. laud., p. 94 et sq.\ Une autre traduction en a été donnée par l'abbé Barges {Revue de l'Orient, de l'Algérie et des colonies, avril 1857), avec une élégante reproduction lithographique du texte.
Les cinq dernières lignes de cette épigraphe forment cinq vers scandés sur le mètre tawll. On s'étonne de trouver ici, au milieu d'un style soigné, l'orthographe incorrecte bLî (5e ligne), au lieu de c/A*.
1. Le texte porte \JP : proprement, les trois premiers jours du mois.
2. Ce sont les trois pommes de métal superposées et surmontées d'une flèche, que Ton place à la partie supérieure du minaret. Le pluriel incorrect las-?LaJ pour #^-?lflï mérite d'être remarqué.
3. Le verbe JjLJ, employé ici, signifie « être en opposition », en parlant d'un astre.
4. Il faut entendre par là les rangées de merlons qui entourent le sommet de l'édifice comme feraient les fleurons d'une couronne.
Après avoir traduit ce document historique, Devoulx présente une description détaillée du monument auquel il appartient; il y ajoute un exposé des fondations pieuses établies au profit de la Grande Mosquée et retrace la vie des principaux muftis qui illustrèrent son prétoire.
Aboù Tâchefîn, fondateur du minaret, est le premier du nom dans la dynastie zeyanite fondée à Tlemcen par son aïeul Yarmorâsen; à la suite de l'assassinat de son père, vers la fin de juillet 1318, il prit le pouvoir qu'il conserva jusqu'au 1er mai 1337. Dès l'année 1319, il partit pour le Maghreb central où il avait à châtier des rebelles commandés par Mohammed ben Yoûsef ; c'est sans doute, au cours de cette expédition qu'il fit élever le minaret de la Grande Mosquée. Le corps du bâtiment existait déjà depuis de longues années, comme le prouve l'inscription sculptée sur le « minbar » ou chaire à prêcher de cet édifice (1). Aux termes de la présente épigraphe, la construction du minaret dura du 17 de doû 'lqa'dà 722 au commencement de rejeb 723, ou, suivant le calendrier chrétien, du 11 novembre 1322 au 6 juillet 1323, c'està-dire un peu moins de huit mois. Mais le rédacteur a commis une inexactitude en écrivant « le dimanche 17 de doù 'lqa'dà 722», car, selon la judicieuse remarque de Devoulx, ce jour était un samedi (2). Comme il est naturel d'admettre que l'erreur porte sur le quantième plutôt que sur le jour, on peut considérer le 18 du mois comme étant la véritable date. D'autre part, Devoulx pense
à tort que la période désignée par les mots «*-»- j 'oj* ^ s'étend du 6 au 15 juillet; elle va seulement du 6 au 8 juillet inclus, car le
terme de îj* s'applique aux trois premiers jours du mois et le mot J-jTjI, aux dix premiers jours.
A Iger.
Mosquée de Sidi-'Abderrahmftn.
Inscription arabe.
Écriture médiocre du type nesky rarby.
Hauteur des lettres montantes : 0m.02.