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Traduction. — cA/y pacha a laissé des traces de cette existence dans le séjour affecté à celle-ci; ému de compassion, il a étendu une aile illustre sur ceux qui l'habitent. Dans sa bienfaisance, il a libéralement porté ses désirs vers les bonnes œuvres. Puisse-t-il rencontrer la grandeur sans cesse, et rester sous la garde de la protection divine! Sa date se place en r année mil cent soixante -dix -neuf '.
Cette inscription est composée de cinq vers scandés sur le mètre kezej.
Le fondateur de cette fontaine est Bâbà cAly Neksîs surnommé Boû-Sebâc; son nom est resté attaché à un certain nombre de monuments de ce genre. 11 régna de décembre 1754 à février 1766 ; l'an 1179 de l'hégire correspondant aux années 1765-1766 de l'ère chrétienne, on voit que la « Fontaine bleue » fut construite dans les derniers jours de son gouvernement. Elle est assez élégamment bâtie et pourvue d'un abreuvoir; mais son cours est, aujourd'hui, complètement tari.
Dans le premier vers, « le séjour affecté à cette existence » est ce bas monde, par opposition au paradis, séjour réservé à la vie future; flÂ. est ici synonyme de jta.
Musée d'Alger.
Inscription arabe provenant de lamosquée dite Jâmac Seyyidà (?).
Belle écriture du type nésky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : Om,ll.
Table de marbre ayant été rognée sur ses bords et mesurant actuellement 0m,34 de hauteur sur lm,43 de largeur.
deux lignes divisées en plusieurs parties (1) dont chacune est enfermée dans un cartouche tracé comme les lettres.
Traduction. — A merveille! C'est un monument imposant et élevé, et un chef-d'œuvre qui a été bâti pour ï éternité. Notre éminent prince Mohammed pacha Va disposé dans la bonne direction en orientant exactement sa qiblà (2), à cause d'une tradition (3) disant qu'il est au paradis une demeure qii obtiendra celui qui aura bâti une mosquée à Dieu, le très-haut.
Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 95 et sq., et Les édifices religieux de l'ancien Alger, op. laud., p. 166 et sq.). Le texte qu'il en a donné diffère de celui-ci sur un point très important : il contient à la première ligne le nom de Hasan pacha, au lieu de celui de Mohammed pacha. C'est cette erreur inexplicable qui a
1. Il ne reste plus actuellement que trois cartouches sur chaque ligne; mais il y en avait primitivement un plus grand nombre, car Textrémité droite des cartouches suivants de chaque ligne est encore visible sur le bord gauche de la pierre.
2. Direction de La Mekke, vers laquelle les croyants doivent se tourner pendant la prière.
3. Il s'agit d'une parole traditionnelle attribuée au prophète Mohammed.
amené Devoulx à penser que l'épigraphe avait appartenu à la mosquée dite Jârna' Ketchawà, et non à celle dite Jûmac Seyyidà ainsi que l'indique le Livret explicatif de Berbrugger (p. 130, n° 81). Comme il est établi que Hasan pacha n'a fait restaurer qu'une seule mosquée, Devoulx eût été autorisé à attribuer cette inscription à Jâma' Ketchawà si le nom de Hasan y avait été mentionné. Mais il n'en est rien : les lettres o^. sont très nettes et le f seul a disparu lorsqu'on a scié le bord supérieur de la pierre. On ne peut même pas avoir la tentation de lire Ahmed pacha, car ce nom comprend un I dont la partie inférieure au moins serait restée apparente.
Il faut avouer, toutefois, que l'origine de l'inscription n'est pas très certaine ; la pierre avait été rognée, puis placée dans une cheminée du palais du Gouvernement. Berbrugger put, à force d'instances, la faire remettre au Musée, et, sur la foi des renseignements qui lui furent alors fournis, il l'inscrivit au catalogue comme paraissant provenir de Jâma' Seyyidà; mais il s'abstint de toute affirmation catégorique.
Il est à remarquer que le texte de cette inscription est reproduit avec une variante par Devoulx lui-même, dans son ouvrage inti-
tulé Les édifices religieux de C ancien Alger (p. 166) : il écrit IjT^.
au lieu de U^. Cette altération pourrait bien provenir de la réminiscence d'une autre épigraphe citée dans le même ouvrage (p. 235) et empruntée à l'une des mosquées intérieures de la Qasbà (1); il y a entre les deux documents une similitude de rédaction tout à fait frappante, et le second porte précisément \J>y
au lieu de \j*y.
A la seconde ligne, le mot <-*i^**j, masdar de la 2e forme, présente un sens dénominatif et se rattache à la signification du sub-
/ t./ stantif <~?y* « point, côté vers lequel on se dirige » ; il serait
impossible de le prendre ici dans son acception ordinaire de « approbation ».
Le nom de Mohammed a été porté par plusieurs pachas, mais Devoulx a établi, par des actes de qâdî qu'il a eus entre les mains, que la mosquée Jàmac Seyyidà fut reconstruite par Mohammed ben 'Osman pacha, qui régna de février 1766 à juillet 1791.
Cette épigraphe est rédigée en prose rimée.
1, Cf. l'inscription n° 147.
Inscription turque passant pour provenir d'une fontaine de l'ancien Alger.
Ecriture médiocre du type neskg ckergy.
Hauteur des lettres montantes 0m,06.
Table de marbre mesurant 0m,48 de hauteur sur 0m,49 de largeur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur cinq lignes.
oSjlox.» jjj ^)\ j^J\ f!-C^ (^-^ ^r-*^ ^ (J'y* "ÇJ**
•a~*- A* «iU- u^L» Lil jjf- ^1 j>— ^ ^ <j~jj J^ <sJy.
|| \ \ A - ciHj «^ J
Traduction. — Puisse le fondateur de cette construction gaie et agréable obtenir des délais ! 0 mon Dieu, qu'au jour du jugement dernier son visage soit blanc (1), et son âme, joyeuse! 0 mon Dieu, que Mohammed pacha, possesseur de cette maison, soit toujours heureux ! Quil entre dans le palais du paradis et soit éloigné de l enfer l Année mil cent quatre-vingts (1180).
Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epi-graphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 14 et sq.) qui en a donné une copie assez correcte et une traduction sensiblement différente de celle-ci : le mot ils. (2e ligne) est remplacé, chez lui, par j[z. qui ne donne aucun sens acceptable et qui a, en effet, faussé son interprétation; de plus, le gérondif ^^jf a été transcrit sans (S (k-jjjS") contrairement à l'orthographe du texte.
Devoulx a pensé que le souhait exprimé dans la lre ligne concernait le bâtiment sur lequel l'inscription était placée; mais cette