‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 73 sur 99 · I. e. : Mosquée des Turcs · texte numérisé non relu

I. e. : Mosquée des Turcs

a jamais eu à Blida de mosquée autre que celles qu'on y remarque actuellement, il semble probable qu'une erreur s'est produite dans l'attribution d'origine de ce monument historique. Le texte se compose de quatre vers scandés sur le mètre baslt.

Phare de V Amirauté, à Alger.

Inscription arabe provenant des tombeaux situés jadis près des fortifications de Babeloued.

Ecriture médiocre du type neskg rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,03.

Stèle de marbre mesurant, dans sa partie gravée, 0m,62 de hauteur sur 0ra,22 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur huit lignes entourées de jolis cartouches historiés du même relief que les lettres.

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Il y ' rrr

Traduction. — Ceci est le tombeau de celui à qui Dieu fusse miséricorde, Mohammed fils de lAly, fils d'El-Uâjj 3fou'id, fils d El-Mahdy Nâsif, que Dieu leur fasse miséricorde! Sa mort est survenue, dans le mois de Dieu, le mois de doit 'Ifyijjà, en Vannée 1233.

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 129 et sq.) qui lui attribue à tort cinq lignes au lieu de huit. En outre, le texte donné par cet auteur est incomplet.

Plusieurs fautes d'orthographe sont à relever : <j I pour ^ (2e ligne),

^ pourri (4e ligne), ** ^j pour ^>.j (4e et 5e lignes). On remarque aussi l'expression pléonastique «U irrr j»L ^s.

Le mois de doù 'lhijjà 1233 de l'hégire s'étend du 2 au 30 octobre 1818.

Cette épitaphe ornait un mechhed de pied.

Qasbà d'Alger.

Inscription arabe placée au-dessus d'une des portes de la mosquée intérieure de la citadelle.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes: 0m,10.

Table de marbre mesurant 0m,71 de hauteur sur 0m,75 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur trois lignes scindées en deux parties dont chacune est entourée d'un cartouche tracé comme les lettres. La date est inscrite dans un petit cartouche séparé, sous la partie médiale de la dernière ligne.

Traduction. — Bonne action à la louange du Glorieux! Notre puissant prince , Huseyn pacha, a conçu la construction de la mosquée illustre par ce qu'elle rassemble (1). Que Dieu le récompense en vertu de cette parole véridique : « A tout homme selon ses intentions. » A merveille! C'est un bienfait qui convient à son rang. Certes, cette mosquée a été fondée sur la piété. Année 1234.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Les édifices religieux de l'ancien Alger, op. laud., p. 246 et sq.). Elle surmonte

\. Elle rassemblait les janissaires et les officiers de la milice, car on y disait pour eux la prière du vendredi et le prône qui lui fait suite.

.celle des deux portes de la mosquée intérieure de la Qasbà que l'observateur relève à sa gauche en faisant face au monument.

Devoulx a transcrit la première ligne ts^y> -^ J-^. ^J-JLA-1 ju^; et traduit par : « A la louange de l'incommensurable, a rassemblé les beautés... ». Il est évident que sa lecture et son interprétation doivent être écartées. Le mot J*^ n'est pas un pluriel et ne signifie pas « beauté » mais « bonne action ». En outre, s'il jouait le rôle de complément direct, il serait pourvu d'un alif orthographique (Xfr). H est clair que la seule construction correcte consiste à mettre J^ en tête de la phrase et à considérer les trois premiers mots comme formant une exclamation laudative.

Dans la seconde moitié de la deuxième ligne, Devoulx a écrit *,^»l

au lieu de ts^\ que porte le texte. Il a rendu ce passage par : « Que Dieu le récompense d'avoir eu foi en cette parole », ce qui ne

peut convenir que si l'on lit JjJUac ; mais alors le verbe <sy>-- aurait

deux compléments jouant le même rôle logique et désignant tous deux la même personne, ce qu'on ne saurait admettre. Il faut

donc lire^juu: avec le sens de« en vertu de la parole véridique... ».

Enfin Devoulx a ajouté devant J$3 la conjonction j qui n'existe pas sur l'original.

Cette inscription est rédigée en prose rimée. L'an 1234 de l'hégire correspond aux années 1818-1819 de l'ère chrétienne.

Qasbà d'Alger.

Inscription arabe placée au-dessus d'une des portes de la mosquée intérieure de la citadelle.

Belle écriture du type nesky clierqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,06.

Table de marbre mesurant 0m,50 de hauteur sur 0m,65 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur trois lignes scindées en deux parties dont chacune est entourée d'un cartouche tracé comme les lettres. La date est inscrite dans un petit cartouche séparé, sous la partie médiale de la dernière liane.

l-O^... j^—Vi -\J jJM *-«->J * !-*> — .£-<• cl— 7^-f- J^ l-A-^>-

Traduction. — A merveille! C'est un monument imposant et élevé, un chef-d'œuvre qui a été bâti solidement. Notre éminent prince Huseyn pacha ta disposé dans la bonne direction en orientant exactement sa qiblà (1), à cause d'une tradition (2) disant qu'il est au paradis une demeure qu'obtiendra celui qui aura bâti à Dieu une mosquée. Année

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Les édifices religieux de V ancien Alger, op. laud., p. 235 et sq.). Elle surmonte celle des portes de la mosquée intérieure de la Qasbà, que l'observateur relève à sa droite en faisant face au monument. Le texte de cette épigraphe offre une similitude frappante avec celui du n° 89. Il est rédigé en prose rimée.

C'est dès le début de son règne que Huseyn pacha fît élever ce monument. L'an 1234 de l'hégire correspond aux années 1818- 1819 de l'ère chrétienne.

Alger.

Cimetière réservé de la mosquée de Sidi 'Abderrahmân.

Inscription arabe.

Bonne écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes 0m,07

Stèle d'ardoise mesurant 0m,57 de hauteur sur 0ra, 33 de largeur.

1. Direction de La Mekke, vers laquelle les croyants doivent se tourner pendant la prière.

2. Il s'agit d'une parole traditionnelle attribuée au prophète Mohammed.

Caractères formés d'un double trait gravé en creux, et disposés sur quatre lignes.

Inédite.

Il jjf- jr-U-1 & kia-2* £-U-l çj*âW <s^\ o . fj*"^ -c* l***

Il ClUf \\c à\ l?~j

Traduction. — Ceci est le tombeau de celui à qui le Vivant, le Stable fasse généreusement miséricorde, El-Hâjj Mostafà ben El-Hâjj Mohammed. Que Dieu ait pitié de lui! An 1234.

Cette inscription orne un mechhed de pied. Le personnage qu'elle concerne ne paraît pas avoir joué un rôle important dans l'histoire de l'Algérie, bien qu'on lui ait attribué une sépulture dans l'enclos réservé du cimetière.

L'an 1234 de l'hégire correspond aux années 1818-1819 de l'ère chrétienne.

Alger.

Cimetière réservé de la mosquée de Sidi fAbderrahmân. Inscription arabe.

Bonne écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,07.

Stèle d'ardoise mesurant 0m, 57 de hauteur sur 0™, 33 de largeur. Caractères formés d'un double trait gravé en creux, et disposés sur quatre lignes.

Inédite.

^j\ J^U || 4&\ JjHj Zf- || ûdU jJ-l liUil || à\ VI 4\ V

Il c*y

Traduction. — Il ri y a de divinité que Dieu, le Roi, la

Vérité, l'Évident! Mohammed est l'envoyé de Dieu; il est sincère dans ses promesses et digne de confiance!

Cette inscription orne un mechhed de tête appartenant à la même tombe que le précédent.

Musée d'Alger.

Inscription arabe d'origine incertaine.

Mauvaise écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,03.

Stèle d'ardoise mesurant, dans sa partie gravée, 0m,54 de hauteur sur 0m,28 de largeur.

Caractères gravés en creux par un double trait, et disposés sur quatre lignes enfermées dans des cartouches tracés comme les lettres. La date est inscrite sous la partie centrale de la dernière ligne. La face postérieure de la pierre est ornée d'arabesques.

a^LÎ I Upic 411

Traduction. — Ceci est le tombeau de celui à qui le Vivant, le Stable, fasse généreusement miséricorde, Mohammed fils de Mostafà. Que la miséricorde de Dieu soit sur eux deux! Année 1234.

Cette inscription a été publié par Devoulx {Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 108). C'est par erreur que cet auteur indique qu'elle est tracée en relief.

Le mot fj>.jl\, commencé à la fin de la première ligne, a été abandonné par le lapicide, faute de place, puis repris en entier en tête de la deuxième ligne.

Le j de f^\ (2e ligne) n'a reçu qu'un seul point diacritique.

La stèle qui porte cette épitaphe était un mechhed de pied.

L'an 1234 de l'hégire correspond aux années 1818-1819 de l'ère chrétienne.

Alger.

Inscription turque ornant la fontaine située sur le quai du port, au point d'origine de la jetée Keyr Ed-Dîn.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,10.

Table de marbre mesurant 0m,84 de hauteur sur 0m,95 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur cinq lignes: Les 2e, 3e et 4e lignes sont scindées en deux parties dont chacune est, ainsi que la première ligne, entourée d'un cartouche tracé comme les lettres ; la dernière contient la date.

Il 11:1.3 (jt- 4jljô- dX\ ojà- j:^ * Ul JV-o- Jjl j\j>- jUai- J,\j

(£X~>\ "UJL>-^ ^^\>\ 1^5-1 ol * ^ oJ^^-J^/» ys jX^ dVI jU- ^LJ

<câ^c dii— >■ 4>1 <j~*>- fc\ * <£•&>) ô[.j (jl^i^c »«cu" J^£ X*t

Il ^-|rro II I \\*

Traduction. — C'est par l'eau que tout vit! Le Gouverneur, sultan d'Alger, Huset/n pacha, dont les pieux desseins tendent toujours aux bonnes œuvres et qui, sans jamais s'éloigner de la bienveillance , amène Veau en tous lieux, a fait couler cette onde et a construit cette fontaine . En irriguant cet endroit, il a abreuvé celui qui avait soif. Bois en toute aisance une eau fraîche à l'amour de Huseyn. Année 1235.

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Revue africaine, année 1876, p. 474); le texte et la traduction qu'il en a donnés diffèrent sensiblement de ceux que je propose.

La formule initiale ^- ë^i JTtU -0»j est empruntée au Qorân (ch. xxi, v. 31).

La fontaine que cette épigraphe orne actuellement n'est pas celle que Huseyn pacha avait fondée et qui a disparu lors de la destruction de l'enceinte turque.

Les trois vers de cette épigraphe sont scandés sur le mètre basît.

Le mot «oliî (4e ligne) est mis pour oji^Ll»; c'est à tort que Devoulx a lu ojzzZ, car la troisième lettre ne porte qu'un seul point diacritique.

L'an 1235 de l'hégire correspond aux années 1819-1820 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque d'origine incertaine.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,09.

Table de marbre mesurant 0m,8l de hauteur surlm,85 de largeur.

quatre lignes scindées en deux parties dont chacune est enfermée dans un cartouche tracé comme les lettres.

i$\ac\ j^Jjl ^49 jj*Jj\ j\j* jm *-a*^-1 I <>0 iSJJ jj-'j^

*tti II JuV^ UJ (Js-»^ ^\> t>~ >* cS-— '^ * ù^^ l3^ j>~^ ftlSj <U)I /,.* ^ai jJ^jl* * ^^ ^ <3^ ^J^-** J\J, j-3-5-^"

Traduction. — Quelle belle chose Dieu a voulue! Gloire à Dieu! Que [cet édifice] reste victorieux et inexpugnable ! Il est une force pour les musulmans : que la face de la terre se réjouisse! Puisse-t-il durer dans ï1 Islam et triompher

des ennemis de la religion! Que même les Trois, les Sept et les Quarante lui prêtent assistance ! Que le Créateur des mondes exauce les vœux de celui qui Va bâti! Huseyn pacha en est le constructeur, le Maître sûr en est le protecteur. Dieu est au-dessus de tout calcul, il serait bien étrange de le faire entrer en compte. La date de cet édifice est : « Une assistance venant de Dieu et une victoire prochaine 7(1) ».

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Épigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 4 et sq.); Berbrugger qui la mentionne (2j indique qu'elle fut remise au Musée, en mars 1842, par le colonel directeur du Génie et qu'elle passe pour provenir de la mosquée dite Jùma1 Seyyidà. Devoulx ouvre, au sujet de cette origine, une intéressante discussion dans laquelle il remarque avec beaucoup d'à-propos que le style de cette épigraphe n'est pas celui qu'on avait coutume d'employer lorsqu'il s'agissait d'une mosquée; puis il expose les raisons qui permettent de considérer l'inscription comme provenant du fort dit Borj bâb el-bhar, aujourd'hui disparu. Il n'est pas possible actuellement de désigner avec précision le monument auquel elle a été empruntée ; on peut, tout au plus, dire qu'il s'agit d'un bâtiment militaire. Mais, comme on le verra plus loin, il est facile de fixer exactement l'époque de la construction.

Les vers qui composent cette inscription sont scandés sur le mètre hezej, avec les licences admises parla prosodie turque.

Le second hémistiche du deuxième vers place le monument sous l'invocation des Trois, des Sept et des Quarante. Il faut voir, très probablement, dans cette formule, une allusion aux croyances théosophiques auxquelles se rattachait la milice turque, et, en particulier, VOjâq d'Alger. On sait que le sultan Murâd Ier, ayant créé, vers 1362, le corps des janissaires, l'adressa à l'un des derviches les plus vénérés de l'époque Hâjî Bektach, fondateur de la secte des Bektachîyà; le religieux bénit la nouvelle troupe et, au dire de la tradition, coupa la manche d'une robe de feutre dont il était revêtu puis la donna comme modèle de la coiffure que devaient désormais porter ces soldats. Ceux-ci conservèrent, avec cet insigne, les dogmes mystiques sous les auspices desquels

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