Qorân, ch. lxi, vers
2. A. Berbrugger, Livret explicatif des collections diverses de la Bibliotlieque-Miisée d'Alger (Alger, Bastide, 1861), p. 135.
ils étaient entrés dans la carrière des armes et dont on retrouve ici l'expression. Les Trois sont les hypostases fondamentales de l'islamisme (aJl' ^w), c'est-à-dire: Allah, l'être suprême, Mohammed, le prophète de la religion musulmane, et 'Aly, le dernier successeur régulier de Mohammed, dans la croyance des chi'ytes. Les Sept sont les Sept Dormants, dont l'aventure est citée dans le Qoràn (ch. xvm, v. 8 et sq.) où ils sont appelés les « compagnons de la caverne » (l-a^xJI vU?!); ^es Sept Dormants font partie de la hiérarchie mystique des Eiulvjd ou saints de l'islamisme (1). Les Quarante sont les Abdài LJ'-kl), âmes pieuses qui s'incarnent à tour de rôle et qui sont aussi désignées par le mot »>LkSI « pôles » si souvent employé à propos des docteurs de la loi musulmane et des personnages célèbres par leur piété ; les incarnations successives des Abdâl sont considérées par les mystiques comme la condition indispensable de l'existence du monde matériel.
Pour faire le calcul de la date indiquée par le chronogramme du dernier hémistiche, il faut tenir compte de l'avertissement contenu dans la première partie du 4e vers et ainsi conçu : « Dieu est au-dessus de tout calcul ; il serait bien étrange de le faire entrer en compte ». Devoulx traduit ainsi ce membre de phrase : « Dieu est au-dessus de toute supputation ; la pluralité de son existence serait donc bien étrange! ». Et il ajoute, dans une note, que cette attestation de l'unité de Dieu est à l'adresse des chrétiens, accusés de polythéisme par les musulmans à cause du dogme de la Trinité. La traduction et l'interprétation me paraissent peu rigoureuses : en effet, le texte ne contient pas les mots « la pluralité de son existence » ; il exprime seulement l'idée qu'il serait bien étrange de compter Dieu. C'est une manière d'indiquer que le mot «tûl, bien que contenu dans le chronogramme u^jj f*) <U1I -.» j^>, doit être exclu du calcul de la date; la nécessité où était l'auteur de nous en prévenir explique la présence assez singulière d'une réflexion théologique qui ne se rattache en rien à ce qui précède et qu'on ne rencontre pas, d'habitude, dans les inscriptions turques concernant des bâtiments militaires. Il résulte de cette observation que le chronogramme considéré par Devoulx comme inexact correspond, non pas, ainsi qu'il le suppose,, à la date de 1302, mais à celle de 1236 de l'hégire (1820-1821 de l'ère chrétienne). Cette époque est bien celle du pacha Huseyn, fondateur du monument, qui fut dey d'Alger de 1818 à 1830.