‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 9 sur 99 · SA · texte numérisé non relu

SA

A* Ma

Traduction. — Le grand prince du monde, trésor du firmament, brillant pacha de T Occident, Ferîdoûn (1) unique, le souverain, soleil de la religion, c'est-à-dire Ahmed pacha, par l'équité duquel fleurit le quart du monde habité, a construit à Alger un égout dans le rempart, lia dépensé, dans la voie de Dira, les richesses d'un Qdroûn (2). Une voixmysté-

\. Nom d'un roi de Perse de la dynastie des Pichdàdiens dont la vertu et l'équité sont restées proverbiales chez les Orientaux.

2. Nom d'un personnage célèbre par l'immensité de ses richesses que quarante maisons pouvaient à peine contenir. Il étalait un grand luxe, se montrait dur pour les malheureux et eut la témérité de faire ourdir une conspiration contre Moïse. Ce prophète obtint de Dieu la permission de donner à la terre l'ordre qu'il voudrait: Moïse lui commanda de s'entrouvrir et dJen<>loutir Qàroûn et ses richesses. Le Qorân se sert de cet exemple pour montrer la fragilité des biens de ce monde (ch. xxviu, v. 76; ch. xxix, v. 38; ch. xl, v. 25). Le même personnage est cité par la Bible sous le nom de Qoré.

rieuse a donné une date durable : « Dans le séjour du paradis est la pointe sublime. » Année 980.

Cette inscription a été publiée par Devoulx {Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 36 et sq.). Le texte qu'il en a donné diffère de celui-ci sur plusieurs points; il écrit

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que l'original porte en réalité. Comme il est dit dans la description ci-dessus, l'angle inférieur droit de la pierre a disparu; Devoulx mentionne bien cette détérioration, mais je pense qu'elle était moins accentuée de son temps qu'elle ne l'est aujourd'hui, car son texte et sa traduction n'indiquent qu'une lacune portant sur la date en chiffres et non sur l'avant-dernier hémistiche. Comme la première partie de celui-ci manque aujourd'hui, j'ai reproduit sur ce point la lecture de Devoulx, en plaçant entre crochets les mots ainsi rétablis. Mais j'ai dû rejeter la leçon ^ ijx\i parce qu'elle ne présente aucun sens, tandis que l'examen de la pierre permet de voir encore presque en entier le mot t<rJio ainsi que les lettres ^ formant la fin d'un mot et précédées d'un I ; ce groupement de caractères avant le mot f-ljC rappelle l'hémistiche qui annonce le chronogramme dans une épigraphe d'une époque voisine (976) déposée au Musée d'Alger et insérée dans la présente collection sous le n° 13 : ô$s=^'3^ ^ t/,J*

^-ijLJ <yji . c?J-j. Il me semble que l'I introduit par Devoulx

au milieu du mot (/j... doit être attribué à ^Iju dont les deux premières lettres ont disparu. La date en chiffres et la plus grande partie du u» de 4JL, sont intactes sur la portion gauche de la pierre; il est probable qu'on avait inscrit le mot j sur la portion droite, car la symétrie est toujours observée en pareil cas.

En marge de la pierre est tracé un petit cadre rectangulaire contenant les deux mots arabes ^Ijls a^jS « Fidayî l'a écrit. » Devoulx a passé sous silence cette annotation. Le mot j,\jà s'applique surtout aux guerriers volontaires; il n'est pas impossible qu'au lieu d'être ici un nom propre, il désigne un janissaire habile à graver le marbre, qui aurait prêté le concours désintéressé de son talent pour consacrer le souvenir d'une œuvre d'utilité publique.

Les vers qui composent cette inscription sont scandés sur une variété du mètre hezej.

Les indications fournies par cette épigraphe concordent avec celles que l'historien Haedo nous a transmises concernant le pacha 'Arab Ahmed, auquel il attribue la restauration et l'assainissement du fossé d'Alger dans plusieurs de ses parties. Mais on ne sait pas exactement quelle place occupait cette inscription commémorative, le Livret de Berbrugger restant muet à cet égard.

'Arab Ahmed exerça, à Alger, les fonctions de pacha de la Porte ottomane de 1570 à la fin de 1574.

L'an 980 de l'hégire correspond aux années 1572-1573 de l'ère chrétienne.

Qasbà d'Alger.

Inscription turque placée au dessus de la porte extérieure de la citadelle.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,07.

Table de marbre mesurant 0m,65 de hauteur sur 0m,62 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur six lignes scindées en deux parties dont chacune est enfermée dans un cartouche tracé comme les lettres. La date est inscrite au milieu de la sixième ligne qui, formée de caractères très fins, contient la signature du rédacteur.

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Traduction. — Vérité de ce Dieu de la miséricorde duquel vient tout ordre particulier ou général, et de cet ami vénéré qui est le meilleur des humains (1), c'est ainsi que nous avons porté ton (2) élévation jusqu'au rang de Souhâ! Après avoir été heureusement terminé, sois célèbre dans le monde! [Tu as été construit^ dans ï intention que, la sphère céleste ayant accompli la révolution de sa marche circulaire, ce monde trouve, auprès du pouvoir, une organisation dans la religion. Et, bienfait définitif de ta perfection, la coutume désespère de survivre (3)/ Nous nous sommes dévoués constamment à ta noble renommée! La bouche (4) de Keder pacha a dit sa date au rédacteur : « Bonheur immense, jour béni, le salut est complet! » Celui qui a tracé ces caractères est Mohammed ben Keder (que Dieu lui pardonne, ainsi qu'à ses parents et aux musulmans!). An 1000.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Revue africaine, t. XX, année 1876, p. 159). Le texte et la traduction qu'il en a donnés manquent également d'exactitude. Relativement à l'astre appelé Souhâ, le collaborateur turc de Devoulx, Si Mohammed ben 'Osman Kojà, s'est mépris en pensant qu'il s'agissait de l'étoile polaire; celle-ci, en effet, appartient à la constellation de la Petite Ourse, tandis que Souhâ est une étoile de sixième grandeur dépendant de la constellation de la Grande Ourse et servant à éprouver la puissance delà vue (5).

A la fin de la 2e ligne, le mot JiJjl présente l'emploi, unique dans les inscriptions turques de cette collection, du suffixe impé-

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