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Traduction. — Quelle belle chose Dieu a voulue! Gloire à Dieu! Que [cet édifice] reste victorieux et inexpugnable ! Il est une force pour les musulmans : que la face de la terre se réjouisse! Puisse-t-il durer dans Flslani et triompher
des ennemis de la religion! Que même les Trois ^ les Sept et les Quarante lui prêtent assistance ! Que le Créateur des mondes exauce les vœux de celui qui Va bâti! Huseyn pacha en est le constructeur^ le Maître sûr en est le protecteur. Dieu est au-dessus de tout calcul^ il serait bien étrange de le faire entrer en compte. La date de cet édifice est : « Une assistance venant de Dieu et une victoire prochaine ! {\) ».
Cette inscription a été publiée par Devoulx [Épigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 4 et sq.); Berbrugger qui la mentionne (2; indique qu'elle fut remise au Musée, en mars 1842, par le colonel directeur du Génie et qu'elle passe pour provenir de la mosquée dite Jàma' Seyyidà. Devoulx ouvre, au sujel de cette origine, une intéressante discussion dans laquelle il remarque avec beaucoup dVpropos que le style de cette épigraphe n*est pas celui qu*on avait coutume d'employer lorsqu'il s'agissait d'une mosquée; puis il expose les raisons qui permettent de considérer Tinscription comme provenant du fort dit Borj bâb el'bhar, aujourd'hui disparu. Il n'est pas possible actuellement de désigner avec précision le monument auquel elle a été empruntée ; on peut, tout au plus, dire qu'il s'agit d'un bâtiment militaire. Mais, comme on le verra plus loin, il est facile de fixer exactement l'époque de la construction.
Les vers qui composent cette inscription sont scandés sur le mètre hezej^ avec les licences admises parla prosodie turque.
Le second hémistiche du deuxième vers place le monument sous l'invocation des Trois, des Sept et des Quarante. Il faut voir, très probablement, dans cette formule, une allusion aux croyances théosophiques auxquelles se rattachait la milice turque, et, en particulier, VOjàq d'Alger. On sait que le sultan Muràd I", ayant créé, vers 1362, le corps des janissaires, l'adressa à l'un des derviches les plus vénérés de l'époque Hàji Bektach, fondateur de la secte des Bektachiyà; le religieux bénit la nouvelle troupe et, au dire de la tradition, coupa la manche d'une robe de feutre dont il élait revêtu puis la donna comme modèle de la coiffure que devaient désormais porter ces soldats. Ceux-ci conservèrent, avec cet insigne, les dogmes mystiques sous les auspices desquels