I. - DÉPARTEMENT D'ALGER
ils étaient entrés dans la carrière des armes et dont on retrouve ici Texpression. Les Trois sont les hypostases fondamentales de rislamisme (jC\i ^SÎ), c'est-à-dire : Allah, l'être suprême, Mohammed, le prophète de la religion musulmane, et 'Aly, le dernier successeur régulier de Mohammed, dans lacroyauce des chi'ytes. Les Sept sont les Sept Dormants, dont l'aventure est citée dans le Qoràn (ch. xviii, v. 8 et sq.) où ils sont appelés les « compagnons de la caverne » (câ^C)! vU^l); les Sept Dormants font partie de la hiérarchie mystique des Ewliyâ ou saints de l'islamisme (1). Les Quarante sont les Aftcfd/ (jI-a*^)^ âmes pieuses qui s'incarnent à tour de rôle et qui sont aussi désignées par le mot «ylliil « pôles » si souvent employé à propos des docteurs de la loi musulmane et des personnages célèbres par leur piété ; les incarnations successives des Abdâl sont considérées par les mystiques comme la condition indispensable de Texistence du monde matériel.
Pour faire le calcul de la date indiquée par le chronogramme du dernier hémistiche, il faut tenir compte de Tavertissement contenu dans la première partie du 4* vers et ainsi conçu : « Dieu est au-dessus de tout calcul; il serait bien étrange de le faire entrer en compte ». Devoulx traduit ainsi ce membre de phrase : :< Dieu est au-dessus de toute supputation ; la pluralité de son existence serait donc bien étrange ! ». Et il ajoute, dans une Qote, que cette attestation de l'unité de Dieu est à l'adresse des ^retiens, accusés de polythéisme par les musulmans à cause du iogme de la Trinité. La traduction et l'interprétation me paraissent peu rigoureuses : en effet, le texte ne contient pas les mots i la pluralité de son existence »; il exprime seulement l'idée ^\x'\\ serait bien étrange de compter Dieu. C'est une manière l'indiquer que le mot «ôil, bien que contenu dans le chronogramme s^^jÈ ^3 4lll ^ y^^, doit être exclu du calcul delà date; a nécessité où était l'auteur de nous en prévenir explique la présence assez singulière d'une réflexion théologique qui ne se ratache en rien à ce qui précède et qu'on ne rencontre pas, d'habi- ,ude, dans les inscriptions turques concernant des bâtiments nilitaires. Il résulte de cette observation que le chronogramme considéré par Devoulx comme inexact correspond, non pas, ainsi ]u'il le suppose^ à la date de 1302, mais à celle de 1236 de l'héçire (1820-1821 de l'ère chrétienne). Cette époque est bien celle lu pacha Huseyn, fondateur du monument, qui fut dey d'Alger de 1818 à 1830.
i. Cf. rinscriptioD n» 115.
Médéa.
Inscription turque provenant de Tancienne mosquée malélc^^^ dite Jàma' Meràd.
Bonne écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : 0™,06.
Table de marbre mesurant 0°»,48 de hauteur sur 0™,40 de 1 geur.
Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés s quatre lignes enfermées dans des cartouches tracés comme l lettres. La date est inscrite dans le dernier cartouche.
Inédite.
>rrv ^^j^ a^J c^ c^Jj*
Traduction. — Le bey de TH^^h Mmtafà hey^ pour glorifier Dieu^ a élevé' un monument : il a bâti cette mosquée. Que le Dieu créateur lui accorde mille bienfaits! Pour de telles actions y une demeure a été préparée dans le paradis {i),
Le monument dont cette épigraphe relate la construction portait le nom de Jftma' Merâd (j^» c^^)'y ^^ ^ ^^^ remplacé par un édifice plus récent, et la mosquée actuelle, dans les archives de laquelle le marbre est conservé, reste, comme par le passé, affectée au culte malékite.
Il y a lieu de remarquer Torthographe spéciale qu'a reçue ici
le mot éjhy : le • a été substitué au c^ que lui donnent les Arabes. Ce changement s'explique par la prononciation, car la présence
1. Cette phrase traduit une partie d'an hadit souvent cité en pareil cas : II. iil ^ 4 -il ^^ Ijbit-^ 4Û ^ jM. Cf. l'inscriplion u<» 142.