DÉPARTEMENT D'ALGEft
Bonne écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : 0",06.
Table de marbre mesurant 0™,35 de hauteur sur 0™,68 de largeur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur trois lignes divisées chacune en deux parties et enfermées dans des cartouches du même relief que les lettres. La date est inscrite en chiffres très fins au milieu des enjolivements qui séparent les cartouches.
Traduction. — Que Dieu, comblant en tous temps les désirs de Mustafà pacha^ le fasse parvenir à son but ! Il a construit une porte pour les guerriers de la religion; il n'est rien de semblable pour offrir un sujet d admiration si parfait. Une voir mystérieuse a dit : « Allons! regarde^ toi qui demandes quelle est la date : Le nom de celle-ci est porte de F assistance de Dieu. »
Cette inscription a été publiée par Devoulx {Èpigrapkie indigène du Musée archéologique d^Alger^ op, laud.y p. 65). Le texte qu'il en a donné diffère sensiblement de celui-ci.
Dans le second hémistiche du premier vers, Devoulx a lu ^ù^^^^k» «^3jr3 au lieu de ^^y^^^^j^ qui est la véritable construction. On ne saurait, en effet, séparer vijri ^^ ^^^ complément ,^Jti«a« ;^^/^ ^LilLj. La disposition graphique des caractères est un argu^ ment de plus en faveur de cette lecture : le mot 4»ùy^u est placé au-dessous de «^3/3 et Texamen des inscriptions algériennes montre que lorsque deux mots ou deux groupes de lettres sont superposés, celui qui doit être énoncé le premier occupe toujours la partie inférieure. C'est pour la même raison que j'ai transcrit
^j *^ et non w-^ U^j comme a fait Devoulx. Cet auteur traduit ainsi Tavant-dernier hémistiche : « Celui qui Tadmiraitadit: Regarde, ôami de la religion. » Cette interprétation doit être abso-
lumeol rejelée. D*abord le mot u^L» désigne non pas un admirateur, mais une personne qu*on entend sans la voir; il est souvent suivi de «^. En outre, il est impossible d'écrire W (^j pour le datif turc du mot arabe ^ù ; c'est cependant ce que porte le texte que Devoulx a reproduit exactement, en ajoutant toutefois un point sur le j de ^'j et en retranchant les deux points diacritiques marqués sous le </ de (/j. Le mot ^j est Timpératif de cicj qui prend le sens de « allons 1 » et W est la particule interrogative. C'est aussi par erreur que Devoulx a écrit ^^ijljj Cjj^ au lieu de jiy ô^j^-
Le chronogramme comprend le second hémistiche du dernier vers; le mot iS ne vaut que 66, car le J de Tarticle étant assimilé au J suivant n'a plus qu'une existence virtuelle.
Les vers qui composent cette inscription sont scandés sur le mètre hezej.
La caserne de janissaires à laquelle appartenait cette épigraphe était située dans la portion supérieure de la rue Médée; aussi la
désignait-on parTépithète de 4j\i^Â]l (la supérieure), pour la distinguer de celle qui occupait la partie inférieure de la même rue. On l'appelait aussi 4rjuUl (l'ancienne).
Mustafâ pacha régna de 1596 à 1599; il ne doit pas être confondu avec le dey Mustafâ pacha qui exerça le pouvoir de 1798 à
L'an 1005 de Thégire correspond aux années 15961597 de Père chrétienne.
Qasbd d'Alger.
Inscription turque placée au-dessus d'une porte intérieure de la citadelle.
Belle écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : 0'°,06.
Table de marbre mesurant 0"*,65 de hauteur sur 0'°,41 de lar* geur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur cinq lignes scindées en deux parties dont chacune est enfermée dans un cartouche tracé comme les lettres.
Inédite.
0U-> J^'cftT II ^-^.^ l^ C^ ■>> Ç?^ J». • '^li-^ -^->' i/^^ J»J J^>i- ^' f"t|| J-^.^ jr^UaA- tî^JJ f^'v/^ • •>^ >Jj'
Traduction. — Mu^tafà pacha, étant venu à Alger^ a dit : « Il faut que je fasse ici un palais du diwân. Qu'il soit pour les soldats une citadelle bien fortifiée! Quand je serai parti d'iciy que ma renommée demeure! » Que son gouvernement soit prolongé comme son existence! C'est ce que tout le monde dit en secret. La totalité des membres du diwdn s'est réjouie^ disant : « Mon sultan a comblé mon désir; aussi quel péril pourrais-je redouter? L'envoyé de Dieu (1) est pour moi, à cause de mon cri de détresse. »
Biea que cette épigraphe ne soit pas datée, il est possible d'établir approximativemeatTépoque à laquelle elle fut rédigée. 11 faut d'abord remarquer que la chronologie des dignitaires de divers rangs qui exercèrent à Alger le pouvoir suprême comprend trois personnages du nom de Mustafâ : Tun fut pacha triennal de 1596 à 1599; un autre, Koûsâ Mustafâ, occupa les mêmes fonctions, à trois reprises diflFérentes, de 1605 à 1607, de 1610 à 1613, puis pendant une partie de l'année 1617 ; le troisième fut dey de mai 1798 à juin 1805. De ces trois homonymes, le dernier doit être éliminé, d'une part en raison de Tancienneté manifeste de la pierre qu'on ne saurait, à cause du style etdeTexécution des caractères, attribuer au xix° siècle, et, d'autre part, parce qu'on sait que le Diwân n'exerçait pas le pouvoir à cette époque et ne formait plus, depuis 1671^ un conseil de gouvernement. On ne peut davantage songer à Koûsâ Mustafâ dont le surnom, inséparable du nom lui-même, ne se retrouve pas dans le texte. On est donc amené à attribuer la fondation du palais du Diwân au premier des trois personnages.