I. — DÉPARTEMENT D ALGER
tient des inexactitudes assez nombreuses, mais la traduction de son collaborateur, si Mohammed ben 'Osman Kojà, diffère peu de celle-ci. Le texte est rédigé en prose rimée.
Devoulx n'a pu résoudre le chronogramme que contient cette épigraphe ; il en a conclu, à tort, qu'il était faux. Son erreur vient
de ce qu'il a fait porter le calcul sur les mots iUL 4Û! Ji : il faut faire la somme des lettres contenues dans les mots ^^1 rj^\, qui fournissent un total de 1187 correspondant à la date en chiffres, tandis que le premier groupe donne seulement 1185. D'ailleurs, en remarquant que les chronogrammes del'épigraphie
musulmane d'Algérie suivent toujours le mot kjC, on évite de soumettre au calcul des formules étrangères à la date.
De part et d'autre de la table de marbre qui porte l'inscription s'en trouvaient deux autres sur chacune desquelles était sculptée en fort relief une urne remplie de roses d'un fort joli dessin et d'une exécution très délicate.
Le fort dit Borj Jedld était l'un de ceux qui formaient la défense du port turc d'Alger aujourd'hui connu sous le nom de « darse de l'Amirauté ». Son constructeur Mohammed ben 'Osman pacha régna de février 1766 à juillet 1791. L'an 1187 de l'hégire correspond aux années 17731774 de l'ère chrétienne.
Mmée d* Alger.
Inscription turque d'origine inconnue.
Belle écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : 0%06.
Table de marbre de 0°>,45de hauteur ayant subi une mutilation qui a fait disparaître la partie droite; la plus grande largeur de la portion restante mesure 0'°,49.
Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes.
^ iS^y C)y^} J^^ Jj ^^ I u> jjj cJ^^f-
cffxt jj Il çSJ:\ kl ^^u- .^.^ jIju* j^\ Il ai'Iju. Jjbi
Traduction. — donne la vie à toute créature J^^'
maine! Il a établi à titre gracieux, comme un h^^"
fait pour les gens de Varène. Il a déployé un zèle extr^^^
pour de r arène merveilleuse. Sa date correspond ^^ '
a Sa bouche est le bouton de fleur du muscadier, n
Cette inscription a été publiée par Devoulx (Épigraphie in^^^ gène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 121 et sq.). texte qu'il en a donné diffère sur plusieurs points de celui qu propose. Les mutilations subies par la pierre ont fait disparai la première partie de chaque ligne et les lacunes ainsi créées o curcissent le sens de la phrase. Elles empêchent même de fix^ le mètre suivant lequel les deux vers doivent être scandés ^ l'incertitude du lecteur à cet égard laisse peu d'autorité aux h pothèses qu'il pourrait faire sur le nombre et la nature des mo disparus. Néanmoins, en me gardant de toute affirmation tro précise, je crois qu'il est permis de supposer que la premiè ligne commençait par quelque formule désignant Teau ou un fontaine ; les termes jj,^ Cj\^ semblent l'indiquer.
La deuxième ligne débute par une fin de mot composée d'un j^ de la moitié inférieure d'un J, et d'un second j; mais il n'y a,, autour de ces caractères, aucun des points diacritiques que Devoulx leur a attribués. 11 n'est pas impossible que ce groupe représente la dernière moitié du mot jljSL (grâces [à Dieu] I) dont l'inscription n<* 78 présente un emploi analogue.
Au commencement de la troisième ligne, on rencontre le groupe jm\ qui comprend un I initial, et non un l médial, comme l'a cru Devoulx.
La quatrième ligne contient un mot dont la partie médiane a été détériorée, par un coup de pioche, sans doute, et que Devoulx a transcrit JijJ^.). Mais cette lecture ne saurait être admise. Pour s'en convaincre, il suffit de remarquer que l'I ayant la forme médiate, et non la forme initiale comme dans la transcription de Devoulx, ne pouvait être précédé du j qui ne se joint pas à la lettre suivante. Un examen attentif de la pierre montre en outre qu'il n'y avait pas place pour un caractère sur l'éclat de
marbre disparu. 11 faut donc joindre directement le i^ à l'I et lire
Le mot AÀ^ porte un izâfèt que Devoulx a omis et qu'il importe
de rétablir parce qu*il fournit une unité de plus dans le calcul du chronogramme, déjà considérablement modifié par lasubstitution
de ^Uj à (ji^J. La phrase 4ll A-à^ JL^j donne un total de
"^^87; ce millésime, dans l'ère de Thégire, correspond aux an-
^^^es 1773-1774 de Tère chrétienne. C'est donc à l'époque du dey
^oljammed ben 'Osman (1766 à 1791) que remonte la fondation
^orxt il s'agit ici. Mais il est difficile d'indiquer d'une manière
^^l'taine quelle en était la nature. S'appuyant sur les souvenirs
^^ quelques vieux indigènes, Devoulx (1) pense qu'il est question
^*vi.n « local » destiné aux lutteurs et sis à la porte dite Bàb-el-
^^^d. Les jeux athlétiques étaient, en effet, fort en honneur chez
*^^ Algériens et la tradition s'en est conservée jusqu'à nos jours :
^t^5ique année, à l'époque de la fête du célèbre marabout Sldl
^^^hammed Boû-Qabreyn, un grand nombre de jeunes hommes
"^Ont s'exercer à la lutte sur un terrain voisin du tombeau, dans
^ ïïe localité proche d'Alger, appelée Belcourt par les Européens
^t. El-Hammà par les Arabes. L'hypothèse de Devoulx est donc
"^t^aisemblable en ce qui concerne le sens du mot jlju* : je l'ai
^ï*aduit, comme lui, par « arène » qui s'applique, aussi bien que
1^^ mot du texte, à la fois à un hippodrome et à un terrain de lutte.
^ais j'estime que l'édifîce auquel l'inscription appartenait était
Vi ne fontaine et non un bâtiment. En effet, le texte du premier
Vers« donne la vie à toute créature humaine » ne saurait
Convenir qu'à l'eau. C'est en ces termes qu'on ^ coutume de s'exprimer en parlant du liquide indispensable à l'existence; une
formule analogue (j-*- ô^ ,^UI ^3 c'est par l'eau que tout vit) est placée sur la fontaine de la jetée Keyr Ed-Dîn (n** 151) (2) Ainsi s'explique le sens du chronogramme dans lequel le mot JUj convient bien à la bouche d'une fontaine, bouche dont la fraîcheur est comparée à celle de la fleur du muscadier, suivant une métaphore que l'on applique notamment aux lèvres des jeunes beautés. Le mot arabe ^\» bân désigne à la fois le saule d'Egypte et le muscadier ; il est probable qu'il s'agit ici de ce dernier arbre dont l'arille, appelée « fleur de muscade », est d'une belle couleur rouge comparable au pourpre des lèvres. La traduc-
1. Devoulx, Une moitié d'inscription turque {Revue africaine^ année 1872, p. 143 et sq.).
2. Cf. j^ ftj^ JS^&L»JI ^ UJLn,».^... Et, au moyen de VeaUftious
avons donné la trie à toute chose. (Qordrr, cb. xxi, v. 31.)
tion de Devoulx « Le gouverneur de son époque est un bo»^^^^ de rose » ne peut être admise, car les mots gouverneur et ép^^9^ ne se trouvent pas dans le texte. Au surplus, les éloges qu^^ Orientaux adressent aux grands personnages ne font guère tion de qualités si peu viriles.
Fhare de V Amirauté ^ à Alger.
Inscription turque d'origine incertaine.
Bonne écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : O^jOS.
Table de marbre mesurant 0",31 de hauteur sur 0°*,31 dela^ geur, fortement détériorée par le temps et l'humidité.
Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes fermées dans des cartouches du même relief que les lettres.
jy^ JW .j^\ c^ > .jj jy^ ^.y ^j:\ e\ ^\j\ jj^^ .x^ ^\^ Aj^ j^\ J^ ^ Il ^3^j c^. J^.jL" ^».
Traduction. — Ibrahim bey a embelli cette chambre. Que la Vérité lui donne une clause élevée (I) dans le paradis l L hémistiche d'un Bhodien a été écrit en guise de date :
« 0^^ ^^^^^' 9^^ ^ f^^^ ^^^ ^^^^^ sculpture soit toujours un homme joyeux! »
Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indi* gène du Musée archéologique d'Alger^ op. laud., p. 127). Le texte et la traduction qu'il en a donnés différent de ceux-ci sur plusieurs points. C'est ainsi qu'il écrit êX^\ , ^««j^j yj^j^ UJ^ au lieu de •jtc\ y^^ùj ijix^ •^ Jj que porte l'original. De ces erreurs de lecture, la dernière est la plus importante^ car elle fausse le
1. Devoulx traduit par « le plus élevé des palais », sans doute par suite d'une coDfusion entre jyak» et jy^^ D'ailleurs, le masculin jy^Su est évidemment amené par les exigences de la rime avec j^jutJ^^ car on s'attendrait
plutôt à trouver le féminin IjymSu qui désigne la partie la plus retirée d*uDe demeure.