‹ Corpus des monuments grecsChapitre 19 sur 43 · KNTRE LA TROIE BRULEE ET LA TROIE GRECO-ROMAINE · texte numérisé non relu

KNTRE LA TROIE BRULEE ET LA TROIE GRECO-ROMAINE

(3°, 4% 5", G' Villes de Sehllemann)

IVTRE la ville brûlée et la ville "Téco-romaine, on a I i-encontré les débris superposés et enchevêtrés de plusieurs bourgades. Schlieniann a reconnu dans ces étages de l'Acropole quatre des sept cités qu'il distingue au dessus du roc, à savoir : les 3«, 4% 5" et 6*.

En réalité, on ne trouve point, pour chacune d'elles, un ensendjle de données propres à les isoler et à les distinguer. Seules, la Troie primordiale, la Troie brûlée et la Troie gréco-romaine présentent un ensemble de différences nettement caractérisées et permettant d'y reconnaître l'œuvre de civilisations bien tranchées.

Entre la Troie d'Homère et celle des Romains, on a mis au jour des constructions hâtivement et grossièrement faites, indiquant que les bourgades qui se sont succédé ici ne furent que de pauvres villages ; là encore l'histoire confirme les conclusions tirées de l'étude du terrain. Strabon ne dit-il point que ce fut Alexandre qui fit d Ilion vme ville, centre peut-être

de cette « Union des cités », qui existait vers 3o6 avant J.-C, selon M. Droysen. Nous ignorons, comme l'a dit M. Perrot, les incidents qui ont fait naître ces bourgades, les catastrophes qui les ont emportées. Nous ne savons rien de leur histoire. De plus, presque toutes leurs constructions ont été détruites, afin de permettre la descente à la ville primitive. Nous ne conserverons donc la classification de Schliemann que pour désigner les découvertes qu'il y a faites et ne point apporter de trouble aux catalogues. Ces couches de décombres fournissent des indications propres à compléter les enseignements que présente la seconde ville ; ainsi la campagne de 1890 a modifié nos idées sur l'emploi du fer aux époques préhistoriques en Grèce et en Asie ; on croyait qu'il était inconnu ; or, dans son dernier rapport, Schliemann écrit : « Je signalerai tout spécialement, dans le grand bâtiment qui se trouve en N une paire de claveaux (Rlumpen) très endommagés d'un côté par la rouille, mais assez bien conservés de l'autre. Le dernier est pourvu d'un trou carré. »

Le seul édifice que Schliemann laissa subsister de la troisième ville est celui qu'il découvrit en 1878, au nord-ouest de la porte sud-ouest en H S; ses miu's, hauts encore de i™3o, étaient faits en petites pierres non taillées jointes avec de la terre. M. Burnouf y a remarqué des tessons de jarres employés dans le magma ou pisé dont les murs sont faits, avec beaucoup d'autres matières animales ou végétales qui provenaient du terrain avoisinant ; on constate l'emploi d'herbes des marais voisins pour lier le pisé ; M. Burnouf conserve dans sa collection des ornements et coquillages qui entraient dans la composition des matériaux de ce mur.

Les murs étaient recouverts d'un enduit, composé, selon lui, du même magma qui sert à joindre les pierres. Les enduits les plus fins sont lissés au moyen d'un lait d'argile ; les autres sont composés des mêmes matériaux mêlés de paille dont on voit les saillies et les creux à la surface de l'enduit. Ce procédé est encore en usage dans le pays. Au dessus du mur en pierres devait se trouver au moins un étage en briques, si l'on en juge par les cendres amoncelées sur une hauteur de trois mètres ; ces briques, selon

Scliliemann, auraient subi leur cuisson une fois mises en place. Près de l'entrée de cette construction est un couloir de i'n8o sur 12™ 20, puis une chambre de 2 '«2 5 sur 1^65 presque entièrement occupée par une jarre haute de i"i65 et large de i^SS à la panse. Une porte de o^SS de large ouvre ici accès sur une chambre de 3^70 sur 2 '"20, contenant trois jarres aussi grandes que la précédente et une autre plus petite. Enfin, par une porte large de o">95, on accède dans une pièce de 7"'3o sur 3'»6o et dans une autre de 3 mètres siir 2'"4o-

Les maisons de la 4" ville se composaient de petites chambres irrégulièrement groupées \ Les murs, épais de o"»3o, étaient ou en pierres non taillées, jointes avec de l'argile, plus petites que celles de la 3« ville, ou en briques carrées de o^^ \S de côté et de o^^oy d'épaisseur; les briques sont les unes cuites, les autres crues, mêlées de paille, jointes avec de l'argile

blanchâtre.

En 1872, sur la pente nord, Scliliemann découvrit les ruines d'un

édifice de la quatrième ville, haut de trois mètres, situé à 6 mètres au dessous de la surface. Les murs étaient des blocs taillés, parfaitement polis et cimentés avec de l'argile. Il détruisit aussi une petite rigole, « en grès vert, large de o">20 et profonde de o"M7, que je trouvai, écrit-il, à TO'»65 au dessous de la surface et qui, probablement, servait à l'écoulement d'eaux ména<rères ».

La cinquième ville paraît avoir été encore plus misérable.

Dans la sixième ville, au sud-ouest de la grande i"ampe du sud, on a mis à nu en iSgo une construction en grands blocs, temple ou pièce principale (mégaron) d'un palais, figurée dans l'angle inférieur de droite sur la planche n" 3. Son grand intérêt est d'être pour ainsi dire datée par les fragments de vases, de style mycénien, qu'on y a trouvés. Si l'on songe que trois étages séparent ce bâtiment de la Troie bridée, qu'en faut-il conclure ?

Les substructions montrent un vestibule large de 9"' 10, profond de

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