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Ch. Normand. — La Troie d'Homère. 9
4 '"23, puis une pièce longue de ii'n55, large de 9'"i8, divisée peut-être par deux colonnades.
Après avoir esquissé l'aspect des bourgs qui s'élevèrent au dessus de la Troie brûlée, étudions-en les meubles : ce sont presque les mêmes idoles, les mêmes vases et poteries, les mêmes marteaux, haches, couteaux, meules et fusaïoles. Sauf de rares exceptions, ces vases servaient aux usages domestiques; on n'en a retrouvé que quelques-uns avec des cendres humaines. Il y a plus de soixante de ces vases à figures dont nous avons donné des exemples siu^ la planche 27. L'im des plus curieux, qui provient de la quatrième ville, est muni de bras grossièrement indiqués, appliquant contre la panse une coupe à deux anses dont le tond est percé d'un trou d'écoulement. On a trouvé aussi beaucoup de vases à doubles anses (planche -26), analogues à ceux de la seconde ville, des vases trépieds minuscules, un grelot en terre, des cruchons, de grandes urnes, une rouelle de plomb.
Mais ce qui retient surtout l'attention, ce sont ces jarres colossales ou pitlioï ; la panse de l'une d'elles, provenant de la 6« ville (planche 5), est entourée de bourrelets en terre, sortes d'anneaux parallèles qui s'étagent à diftérents niveaux. Ce ffrand vase fut trouvé en 1872 à i'"8o au dessous de la surface du sol ; il est fait d'une argile rouge et grossière, mêlée de syénite et de pierres siliceuses broyées.
Dans le sixième étage, on a trouvé, en 1890, une fusaïole en terre cuite brune, reproduite dans le bas de notre planche 3, sur laquelle on a gravé des signes, <[uand la terre était encore fraîche. M. A. -H. Sayce, d'Oxford, y a reconnu un des ])lus beaux exemples d'écriture cypriote. Il la lit lla-To-pt-ï'j-pi. Selon Hesychios, le mot riàTops; exprime l'idée de « propriétaire». Si donc la langue de cette inscription est tlu grec, elle doit se comprendre ainsi : « Au dieu Tyris, éponyme de la ville phrygienne de Tyraion. »
Mais M. Sayce pense que la langue est plutôt phrygienne. En ce cas, Ilaiopi est l'équivalent du mot grec IIa':pi, car Tyris est la divinité qui
donna son nom à la ville phrygienne Tyriaion. En ce cas, la légende de cette fusaïole signifierait : « Au père Tyris « . M. Meister en fait inie autre lecture ; il y reconnaît Ha-xo-pt-iri-ffï, c'est-à-dire le nom propre Ilaxopt^t; (cf. Ilâxopo; et 'Apatc7(7tç). M. Milclihoefer a exprimé l'opinion que ces inscriptions sont des gravures sans signification.
Fiisnloles Iroljcnnes ; dessin de M. Bitrnouf.