‹ Corpus des monuments grecsChapitre 31 sur 43 · ET LES AUTEURS · texte numérisé non relu

ET LES AUTEURS

Certains édifices nous sont connus par les inscriptions qui les mentionnent. Ainsi l'on sait que les Iliens élevèrent un portique dorique en l'honneur de Claude et Néron ^ à colonnes en marbre cannelé; leur principal magistrat en fit la dédicace « à l'empereur, à sa femme, Agrippine, aux fils de l'empereur, à tous ses parents, à Minerve Iliade, et enfin au peuple » . On retrouvera peut-être ce monument, dont l'existence est révélée par une inscription d'un cimetière turc, voisin d'Ilium, et situé sur la montagne au dessus du village de Tchiblak. Elle comprend « douze lignes gravées en beaux caractères ; ime table de marbre ménagée sur un

tanihoiir de colonne d'ordre dorique cannelé les porte. Ce tambour a deux pieds dix pouces de diamètre '.

Les habitants d'ilion possédaient des bains publics dont l'existence est constatée " et un aqueduc amenait les eaux. Ils avaient élevé des édifices votifs ou consacrant le souvenir de faits intéressant l'histoire de la ville. Ainsi les lliens montraient Xn pierre sur laquelle Palamède aurait appris aux Grecs le jeu de dés ^. Une statue d'Apollon, en bronze, attribuée à un artiste très ancien, décorait Ilium. Elle fut placée par Constantin sur la « colonne brûlée «, en porphyre, de Stamboul, quand il construisit Constantinople. Il voulut que cette statue portât son nom et il y fit placer des fragments de la vraie Croix.

On a retrouvé à Tumbreck des fragments d'un monument d'Ilium, colonne dédicatoire a Pompée, dont il ne reste plus que trois lignes d'inscription gravées sur une colonne rompue, enclavée dans le mur d'une maison particulière : c'est une dédicace faite par le peuple a Cneius-Pompeius , fis de Cneius , alors général (AùToxpaTwp) pour la troisième fois ; ainsi cette inscription remonte au temps où Pompée faisait la guerre à Mithridate '\

Du temps de Plutarque, on voyait encore à Ilium une colonne sur laquelle les Iléens avaient gravé le récit de l'augure favorable destiné à encourager dans leur résistance les habitants de Cyzique, alliés des Romains, et que Mithridate assiégeait. Lucullus le contraignit à lever le siège. Ces événements se rapportent à la seconde guerre contre Mithridate ".

1. Inscript. antiq. clans le voyage de Le Chevalier, t. II[, p. 312. — Clarke's Travels, t. II, p. 89. Turner's Travels, t. 111, p. 237. Insc. manuscr. de Dubois, n° 31.

2. Le Chevalier, t. 111, p. 303. — Clarke, t. II, p. 86. — Walpole, t. 1, p. 104. — Dubois, n° 32. — Turner, t. 111, p. 228. — Choiseul GouiTier, p. .330.

3. Polémon Périégète, Frci^., XXXI; éd. L. Preller, ou 32, éd. Didot.

4. E. Meyer, Gesc/i. t'o/i Troas, p. 97. Déjà signalé par Choiseul C.ouffier, p. .320. Voir Zonaras, Annal., Lib. XIII, t. II, p. 7; Cedren , Compend. Ilisl., p. 322; Anna Conincna, Ale.rias, Lib. XII, p. 356; Ducange, Noix ad Alexiad.. p. 382, et Constantinop., Chrixt., Lib. I, cap. 24, § 6.

h. Barker Webb, osservazioni intorno Agro Trojano, nella biblioteca itallana, n" LXVII, Luglio, 1821, p. 73.

6. Plutarch. in Lucullo, I, p. 498; Desbrosses, Ilisl. de la Hé/j. Rom., t. II, p. 107.

Un monument d' A grippa existait aussi à Ilium, comme le prouve une inscription en marbre blanc qui se trouve clans le village Eski-Aktché- Reui, sur le Simois. Près de là on rencontre une statue de femme assise; de cbaque côté de son sièo^e on voit un lion \

Des statues d'Auguste furent élevées par les Iliens en souvenir des services rendus \ et Didjois, dans ses inscriptions manuscrites sionalées par Clioiseul Gouffîer '', mentionne aux n^^ 3o et 3^, un ou plusieurs édifices consacrés ii Titus.

Julien, dans la lettre qu'il écrivit d'Ilium, nous donne quel([ues autres renseignements sur les monuments de l'Ilion gréco-romain en 354 ou 355 après J.-C. :

« Il y a, écrit-il, un sanctuaire d'Hector ou la statue du héros se dresse dans un édicule. En face, on a érigé, à ciel ouvert, une grande statue d'Achille. Si tu as vu l'endroit, écrit Julien à un correspondant ignoré, tu reconnais probablement ce que je dis. Quant à l'histoire qui explique pourquoi le grand Achille occupe, en face d'Hector, tout l'espace à ciel ouvert, tu peux l'apprendre de la bouche des guides. Quant à moi, trouvant les autels encore brûlants et allumés, et la statue d'Hector toute luisante d'huile, me tournant vers Pegasius * qui était, en apparence, évéque des Galiléens : « Qu'est-ce cela ? Les Iliens sacrifient donc ? » lui disje, pour sonder doucement sa pensée. « Qu'y a-t-il d'étrange, réponditil, à ce que les Iliens honorent \\\\ héros, leur concitoyen, comme nous honorons les martvrs? »

Les Iliens avaient un respect rehgieux pour Hector. Il figure sur leurs médailles, debout, casqué, le bouclier et la lance en main, devant une colonne surmontée d'une statue ou conduisant un char aux coursiers

1. Voijage de Sibthorp, Mémoires de Walpole, t. I, p. 105, 106. — Choiseul Gouffier, t. III, p. 295.

2. Le Chevalier, Inscrip. antiques, t. III, p. 305; catalogue des marbres de Choiseul, n" 192, p. 77, actuellement au Louvre.

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