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L'’ENLEVÉ. —— CAUSES PRÉDISPOSANTES ; LES ATTEINTES

Chez le trotteur on rencontre souvent des « enlevés » qui se caractérisent par le passage du trot au galop. C’est ce que, dans le langage sportif, on appelle « la faute ». Elle est à redouter en fin de parcours lorsque la vitesse atteint son maximum et elle est, d’ailleurs, plus rare chez les trotteurs montés que chez les attelés ; elle est surtout plus vite réprimée.

Du point de vue hippo-mécanique, l’enlevé s’observe le plus fréquemment au commencement de l’appui ou pendant l’appui diasonal. Nous empruntons à Edouard CUROT les précisions suivantes à ce sujet : dans un enlevé à droite, le mécanisme est le suivant :

1° Détente de l’antérieur droit et report du poids sur le postérieur gauche (première foulée) ;

2° Poser du diagonal gauche ;

3° Poser de l’antérieur droit (deuxième et troisième

foulée).

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La répression de l’enlevé ne peut donc se faire qu’au moment où le trotteur effectue son appui sur le bipède

diagonal.

La notation $raphique de la transition du trot au galop établit que l’enlevé résulte de l’accroissement de la vitesse ; on peut dire que la régularité du trotteur est

en raison inverse du train.

L'observation montre, en effet, que les fautes sont d’autant plus à redouter (en particulier celles au poteau d'arrivée) dans la fin du parcours, alors que la vitesse

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est portée à son maximum.

Causes prédisposantes : Les causes des enlevés sont complexes, les unes dépendant du jockey, les autres du

cheval.

Citons parmi les plus fréquentes : l’insuffisance de capacité professionnelle du jockey ou du driver, l’emploi abusif des éperons ou de la cravache, la méconnaissance du train possible.

Du côté du cheval, la conformation défectueuse, les mauvais aplombs, les atteintes, le tempérament : excès de nervosité, d’impressionnabilité, et surtout l’excès de vitesse sont le plus souvent responsables des fautes. L'art du jockey et du driver consiste précisément à utiliser le maximum de vitesse compatible avec la régularité des allures.

Signalons encore le rôle important dévolu à l’épui-

sement du sujet et à l’influence des pistes accidentées. Il y a des chevaux dont on abuse dans la période initiale

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ou pendant l’épreuve et qui, de ce fait, sont prédisposés à la faute érave en fin de parcours. Certaines pistes accidentées prédisposent les trotteurs, surtout ceux équilibrés avec des poids, à s’enlever dans les descentes. En effet, la régularité du train, réalisée en terrain plat, est difficile à maintenir dans les montées et les decentes où les conditions mécaniques d’équilibre sont forcément inverses.

Les « enlevés » exercent une influence déficitaire sur la vitesse : le passage d’une allure à une autre (du trot au galop et vice-versa) « casse » forcément le train et se traduit par une perte de « longueur », variable avec la gravité de la faute. Précisons à ce sujet que l’on entend par longueur, en langage sportif, la distance qui sépare le bout du nez du cheval de la naissance de la queue.

En outre, si la faute n’est pas bientôt réprimée, si le trotteur a dépassé au galop un de ses concurrents trottant régulièrement ou s’il passe le poteau d’arrivée au galop, il est déclassé sur le champ.

Au point de vue du pronostic sportif, il faut distinguer l’enlevé en avant de l’enlevé sur place.

L’enlevé en avant, comme son nom l'indique, contribue à augmenter la vitesse ou du moins il n’a pas d'influence déficitaire sur elle : il est même des jockeys ou drivers qui sont passés maîtres dans l’art de profiter des fautes de leurs chevaux pour $agner ou récupérer du terrain. On en rencontre sur tous les hippodromes. Faisant varier l’intensité du « demi-arrêt » caractérisé

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par un appel aux barres, ils provoquent soit l’accélération de l’allure ,soit l’enlevé. Savamment pratiquée, la « faute en avant » permet de doubler un concurrent, de prendre la corde, etc.

La faute est souvent, pour ne pas dire toujours, provoquée par la désunion de l’allure ; à ce moment le conducteur doit la prévenir en diminuant progressivement le train jusqu’au moment où le cheval se remet à « trotter carré ». Le rôle, souvent délicat, du jockey ou du driver est de porter, par des oppositions opportunes, le trotteur en avant au moment de la faute, de le remettre dans le train sans marquer de temps d’arrêt. Cela exige de leur part cette légèreté, cette souplesse de mains qui sont, qualités individuelles naturelles plutôt qu'acquises, l’apanage des conducteurs de classe. Elles sont indispensables pour prévenir et réprimer la « faute ».

L’obéissance à la voix, obtenue par l’habitude imposée aux chevaux pendant le dressage de se faire écouter d’elle, permet au jockey ou au driver de modérer, souvent mieux que par l’action brutale des aides, la vitesse du train ; elle joue donc, de ce fait, un rôle insoupçonné peut-être mais prépondérant dans les enlevés.

Eviter et réprimer l’ « enlevé », tels sont les buts primordiaux à réaliser dans l’épreuve du trot : la dysharmonie de l’allure dans les foulées qui précèdent la faute permet souvent de l’éviter.

Dans l’enlevé sur place, les pieds du cheval semblent attachés à terre ou bien le cheval paraît danser sur

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place, dans l’air, semblable, dit Jules ROUSSEL dans son ouvrage intitulé « Le trotteur aux Etats-Unis », à un vaisseau dans un remous et qui n’a pas assez de vent pour en sortir. C’est la faute des départs ou des débuts de courses, maintes fois relevée : les concurrents sont trop nombreux sur la même ligne, ou bien le caractère impulsif de l’un d’eux, trop longtemps maîtrisé, se manifeste d’une façon brusque et désordonnée ; ou un autre se refuse à obéir aux sollicitations de son driver, etc. En tous cas, ces fautes sont la cause de faux départs nombreux ; elles peuvent diminuer ou réduire à néant les chances des concurrents sujets à les commettre, et quand un cheval a pris l’habitude de s’enlever sur place au départ des épreuves, il est toujours très difficile de le corriger de ce défaut.

Parmi les causes prédisposantes des enlevés nous avons cité les atteintes. Sportivement on peut affirmer qu'il existe une relation étroite entre les enlevés et les atteintes, provoquant, par suite de l’élément douleur le déséquilibre du trotteur. Elles sont fréquentes, soit du fait qu’un membre antérieur vienne heurter son congénère à l’appui, soit qu’un postérieur vienne toucher un antérieur.

Les atteintes peuvent siéger au talon, en couronne, dans la région du boulet, au niveau des tendons, à la face interne du genou, à l'extrémité inférieure de l’avant-bras. Leur gravité clinique dépend de leur profondeur, de leur étendue, de leur siège, de leur fréquence et de la nature des régions intéressées. Parmi les causes déterminantes des atteintes, il faut citer :

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1° La faiblesse, résultant de l’âge, de la fatigue, du

manque d'entraînement ;

2° La mauvaise conformation : chevaux serrés de derrière, à longs membres, à corps trop court, à pieds larges, disproportionnés, pânards ou cagneux, et, en Sénéral, les aplombs défectueux.

Dans chacune de ces circonstances, les extrémités se trouvent rapprochées d’une façon démesurée soit dans le bipède antérieur, soit dans le postérieur, ou bien les membres de derrière ne trouvent. pas sous le corps un espace suffisant pour se développer librement.

3° Le jeu régulier des articulations empêchant les rayons de se fléchir et de s’étendre dans les plans parallèles à la ligne médiane ;

4° La ferrure défectueuse, lorsqu'elle fausse les aplombs ou laisse trop de largeur au fer ou au sabot. Lés chevaux ne se coupent pas toujours avec la même partie du fer ; c’est tantôt la mamelle, tantôt le quartier qui viennent frapper et blesser le membre à l’appui.

Il est important de faire cette recherche pour remédier au mal.

5° La fatigue joue un rôle important en enlevant au cheval la facilité de mouvoir ses membres avec la précision, la régularité, l’étendue, la direction voulues. Dans ce cas, le défaut disparaît par le repos et l’exercice modéré ; on peut donc, surtout au début de l’entraînement, considérer les atteintes comme accidentelles et passagères.

Noces

6° Enfin, la vitesse, en précipitant les levers et les posers des membres, prédispose le trotteur aux atteintes.

Dans le but d'éviter ces atteintes, on emploie des appareils spéciaux que nous étudierons au chapitre des « moyens de correction des défectuosités d’allure ».

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