DES POIDS
Il est maintenant d’un usage courant en France de placer, au niveau des pieds antérieurs du trotteur de course, des poids qui doivent, au dire des entraîneurs, remédier aux défectuosités d’allures.
L'usage méthodique des poids, au même titre que la ferrure et pour les mêmes raisons d’hippo-mécanique, constitue, au point de vue correctif, un palliatif efficace des irrégularités locomotrices.
L'emploi des poids exige à la fois une grande expérience et une grande prudence. Il ne faut pas, sous prétexte de régulariser l’allure, imposer au trotteur Je surcharge inutile.
Ce sont des poids spéciaux, en plomb ou en cuivre qui sont utilisés. Ils sont fixés par un dispositif spécial. Le fer « toweisht » porte, en remplacement du pinçon, une tige carrée dont la direction est parallèle à celle de Ja paroi ; cette tis$e est destinée à supporter le poids, par l’inetrmédiaire d’une vis ; elle est, en outre, $raduée de façon à permettre sa fixation à des hauteurs différentes. Cette $raduation transforme la tise en un véritable bras de levier dont les effets mécaniques varient selon que l’application des poids est faite à la partie supérieure de la pince (couronne) ou à la partie inférieure. Le maximum d'intensité correspond à cette dernière position.
L'entraîneur qui désire réaliser l’équilibre du trotteur à l’aide de poids doit apprécier, en examinant le
PSE
sujet de profil ou de face, les défectuosités des allures portant sur les membres antérieurs.
La quantité de poids à utiliser est des plus variables (40, 60, 80, 100, 150 $rammes). Le poids total (ferrure et plomb) porté par un pied de devant peut atteindre jusqu’à un kilogramme ; certains chevaux exigent cette surcharge pour être équilibrés. Les poids utilisés le plus couramment varient de 60 à 100 grammes.
Les poids prédisposent fatalement, du fait de l’inten- -sité des percussions sur le sol, à l’usure prématurée des membres (lésions articulaires, tendineues et osseuses).
Le siège des poids, en avant ou sur le côté extérieur du sabot, varie avec les effets correctifs recherchés.
L'entraîneur doit s’assurer, par de minutieuses observations, en faisant varier progressivement les poids, de leur degré d’efficacité, et observer si les mouvements présentent toute l’extension et la régularité désirables.
L'emploi méthodique des « toweishts » permet de diminuer le poids élevé des fers dont les percussions compromettraient par leur intensité l’intégrité du pied et de l’appareil locomoteur. En outre, l’épaisseur plus réduite du fer favorise l’appui de la fourchette, orsane d'amortissement des réactions sur le sol. De ces deux raisons la dernière surtout nous paraît valable, la première restant sujette à discussion.
Indications correctives de la ferrure et des poids dans les défectuosités d’allures
Parmi les défectuosités propres aux allures on distingue les particularités suivantes :
( Sr 57 RE
1°) Le cheval qui rase le tapis est celui qui plie très peu le genou ; c’est une insuffisance dans l’élévation et l’extension des membres antérieurs ou de l’un d’eux seulement. Les chevaux aux épaules froides marquent cette particularité.
Correctif : On applique un poids en pince le plus près possible du bord plantaire, à la région du pinçon ou bien on applique un fer fortement et largement couvert en pince seulement. Ceci pour augmenter l'élévation des membres et l’extension des foulées antérieures.
2°) Le cheval qui trousse ou trotte des genoux est celui qui fléchit d’une façon exagérée le genou et l’avant-bras. C’est un mouvement inutile, dispendieux de force qui, comme tous les mouvements de ce £$enre, se fait au détriment de la vitesse.
Correctif : Appliquer un poids en pince près du bord coronaire et ferrer lésèrement dans le but d’amoindrir les flexions et la fatigue en résultant.
3°) Le cheval qui forge est celui chez lequel le membre postérieur vient frapper, avant son poser, le membre antérieur du même côté qui vient juste de se lever. Le cheval forge par mauvaise conformation, par mauvaise ferrure, par allure défectueuse, par fatigue qui rend les mouvements moins énergiques et incertains.
Correctifs : Lorsque la cause ne réside pas dans la fatigue, on provoque l’abduction du membre postérieur en fixant des poids du côté externe du pied au moyen de vis implantées dans la corne du pied postérieur,, où le membre antérieur porte un fer épaissi avec des épon-
Ses en biseau couvrant normalement les talons, tandis que le postérieur correspondant porte un fer à pince tronquée et biseautée avec deux pinçons latéraux : la corne dépasse le fer en pince.
4°) Le cheval qui billarde est celui dont les pieds, au moment de la flexion du genou, décrivent un arc au dehors. Ce mouvement est absolument inutile et occasionne une perte sérieuse de vitesse.
Correctif : On applique un fer à forte garniture sur la branche interne de façon à augmenter le poids de ce côté. L'application de poids à la muraille interne risquerait de provoquer des atteintes.
5°) Le cheval qui se coupe, qui se touche, qui se frise (se touche lésèrement)- qui s’atteint, se taille, s’entretaille, est celui dont le pied au soutien heurte le membre à l’appui.
Correctif : Fixer un poids du côté externe, ou bien appliquer un fer qui porte une forte couverture du côté externe pour attirer le membre au dehors, et appliquer un guétrage approprié.
Pour le cheval qui trousse d’un membre ou de l’autre, on applique un poids en pince sur le membre qui entre le moins en extension.
Quant au cheval qui présente un trot rompu, on place des fers très légers aux postérieurs, tandis que les antérieurs sont surchargés. Cette surcharge doit être dosée par tâtonnements.
Ainsi, poids et ferrures sont des facteurs de vitesse,