‹ Correction des défectuosités d'allures du cheval trotteurChapitre 25 sur 51 · DE LA FERRURE · texte numérisé non relu

DE LA FERRURE

L'art de ferrer, si difficile dans l’exécution, si important dans ses résultats, mérite de fixer l’attention. En effet, la ferrure du trotteur ne doit pas se borner à la simple application du fer sous le sabot. La ferrure demande, de la part du maréchal, en dehors de l’habileté professionnelle, des connaissances spéciales relativement étendues, par suite du rôle important qu’elle exerce sur l'intégrité de l’appareil locomoteur, sur le rendement en vitesse et la régularité de l’allure.

La carrière du trotteur, comme celle de tout cheval, est le plus souvent intimement liée à l’intégrité du pied; c’est vers cette résfion que convergent et aboutissent toutes les actions et réactions des ressorts locomoteurs. C’est le pied qui sert de point d'appui aux leviers que ces ressorts mettent en mouvement et, en dernier résultat, c’est de la solidité de cet appui que dépendent l’énergie de la propulsion, la puissance de la foulée.

L’axiome « pas de pied, pas de cheval » est consacré depuis longtemps par la pratique sportive. Toutes les qualités d’un trotteur sont, en effet, considérablement amoindries et quelquefois même entièrement annihilées par la mauvaise conformation ou les altérations accidentelles du sabot. Quelle que soit sa haute origine, si parfaite que se présente sa constitution d’ensemble, si régulier l’agencement de ses parties, si bonne la

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trempe de ses ressorts, le trotteur n’en demeure pas moins incapable d’être utilisé lorsque ses pieds, altérés dans leur forme ou rendus douloureux par des maladies profondes, ne fournissent plus à la-machine qu’un point d'appui douloureux et hésitant.

Que de chevaux, par suite de leurs mauvais pieds, voient leur travail interrompu à l'entraînement ! Sous l’influence d’un exercice sévère, de l’état défavorable du terrain, on observe une sensibilité diffuse qui se traduit soit par une boiterie, soit par une diminution de l’aptitude locomotrice.

Avant d’aborder l’étude technique des différents fers utilisés dans le trottiné$, nous signalerons quelques $énéralités concernant la ferrure du trotteur.

Il existe des différences marquées, sous le rapport de la forme et du poids, entre la ferrure du $alopeur et celle du trotteur ; chez le premier, le facteur lésèreté constitue la dominante ; dans le trottiné, au contraire, le poids du fer n’est que secondaire ; le problème de la ferrure consiste à obtenir à la fois la régularité de l’allure et l’allonsement de la foulée et cela par une répartition variable du poids. Chaque individualité exige une ferrure spéciale ; on peut dire qu’il n’existe pas deux trotteurs portant les mêmes fers. Pour cette raison, la description d’un fer type ne peut être faite ; mais On peut poser en principe que le poids des fers du bipède antérieur est toujours plus élevé que celui du bipède postérieur. Cet excédent de poids dans les deux fers de devant est obtenu par un excès de couverture

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(excédent de largeur en pince) et exerce, comme nous le verrons par la suite, une influence marquée sur la projection et l’extension du membre. Quelquefois le poids des fers sur les deux membres d’un même bipède est variable et reconnu pour cause de défectuosités d’allures.

La ferrure du trotteur exige, de la part du maréchal, un sens d'observation très développé ; il doit savoir, en premier lieu, le poids qu’un sujet équilibré est habitué à porter, tant pour le bipède antérieur que pour le bipède postérieur ; en outre, le maréchal doit demander à l’entraîneur à quel moment et sur quelle distance les défectuosités d’allures sont rencontrées. Il doit observer attentivement la marche et la nature des mouvements du trotteur en l’examinant de face, de profil, et alors essayer de déterminer le poids des fers destinés à réaliser un bon équilibre du sujet.

Le fer de devant est couvert en pince et insensiblement dégagé en branches jusqu'aux éponges qui sont biseautées et arrondies ; sa face supérieure est plane, l’inférieure concave, à rainure anglaise et ajusture renversée. Il a 6 à 8 étampures ; sa largeur est d’environ 1 cent. et demi en pince et son épaisseur variable. Parfois, cette épaisseur varie en éponges et en mamelles.

Le fer de derrière est moins large (1 cm.), moins couvert et moins rainé ; il porte un pinçon unique à la lisière de la mamelle externe. Les deux branches sont différentes. L’externe est plus longue, plus droite et, en éponges, elle porte un prolongement dévié en dehors

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muni d’un crampon. L’interne, plus incurvée, est insensiblement épaissie vers l’éponge, de telle sorte que cette dernière atteint l’épaisseur de l’éponge externe.

Fer de devant du trotteur, face inférieure a-b-c : Ajusture inverse

[1 Fer de derrière

a) Prolongement de la branche externe du Îer b) Crampon externe | c) Manche externe

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Fer à « to weigt »

Schéma des différents fers

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