PAC LUS C) TROT ÉCONOMIQUE, DEMI-TRAIN
Après quelques semaines de cette préparation méthodoque il est permis, conseillé même aux entraîneurs qui sont dans cette affaire les mieux placés pour juger des aptitudes des chevaux qu’ils entraînent, de laisser aller leurs poulains à une allure un peu plus rapide, au trot qu’on pourrait dire économique ou léger, qualifié aussi de demi-train.
Après une « mise en jambes » de quelques minutes au pas ,puis au petit trot, ils peuvent laisser à leurs chevaux une plus grande liberté d’action. Ceux-ci en profitent pour naturellement aller plus vite. C’est alors qu'il faut les guider, les retenir encore dans leur action £énéreuse qui serait volontiers désordonnée, surtout lorsqu'il s’agit de sujets ayant un tempérament fougsueux. Les entraîneurs doivent veiller à maintenir leurs élèves dans un bon synchronisme de battues et essayer de provoquer de leur part une extension augmentée de la projection en avant de leurs membres antérieurs. Déjà, dans le demi-train, cette projection doit être assez accentuée. C’est elle qui conditionne pour une bonne part la beauté et la pureté des allures tout en continuant efficacement au maintien de l'équilibre. L’ampleur de la foulée doit donc être « travaillée » à ce moment-là pendant lequel l’automatisme du trot achève de se perfectionner. Il n’est pas de bons trotteurs qui aient des foulées courtes, menues ; au contraire, l’ampleur des battues des chevaux de classe est considérable, grâce justement à ce jeu si délié, si caractéristique et qui semble si volontaire des membres antérieurs. (Nous
EN TASS
avons le souvenir d’un ancien trotteur toulousain « Tarzan M », dont l’ampleur et la netteté des foulées étaient remarquables. Or nous sommes bien certains de ne jamais avoir vu « fauter » ce cheval en course. Nous pourrions dire la même chose d’autres compétiteurs
« Rose d'Or IV », « Rubens Wilkes », « Théva », « Val-
seur du Padouin »...).
Bien entendu, ces séances de demi-train doivent être effectuées sa$ement. Ces temps de trot relativement soutenu ne doivent pas avoir pour but de fatiguer les chevaux. Ils constituent leur apprentissage et les entraîneurs ne doivent pas craindre de mettre leurs sujets au pas après un parcours de trot qu’ils jugent suffisant. En effet, ils n’ont point encore à « travailler » la vitesse de leurs poulains ; ils ont à les mettre en équilibre, ce qui est la première condition à réaliser pour un trotteur. On a vu que cet équilibre dépendait de la conformation des sujets. Pour des sujets bien conformés, il est donc lpgique de penser qu’il sera bien plus facile à acquérir à cet âge ingrat de l’apprentissage par la seule pratique du trot, du demi-train. Une fois de plus, les entraîneurs devront surtout tenir compte de la prophylaxie des atteintes et, pour parer à toute éventualité, suêtrer leurs poulains. Mais qu’ils emploient le système le plus simple possible de harnachement. Si leurs chevaux réussissent à s’équilibrer à l’aide d’un ensemble sommaire de harnais, ils ne doivent point aller contre « la nature ». Mais s'ils s’aperçoivent d’un défaut quelconque des sujets qu'ils conduisent, c’est bien à ce moment qu'ils auront le plus de facilité à le corriger par l’un ou l’autre des moyens que nous avons passés
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