LARGES
Ces marches journalières ont pour but de les familiariser avec leur voiture légère, leur harnachement et leurs conducteurs. [l va sans dire que ces derniers doivent être d’une £grande douceur, manier les guides d’une main souple et profiter de cette première mise en train pour donner, dans la mesure du possible, de bonnes habitudes à leurs chevaux. Qu'ils en profitent aussi pour apprendre les poulains à obéir à l’action douce mais ferme des guides, à écouter leur voix. Ce serait une lourde faute pour eux de se servir de la cravache ou d'autre moyens énergsiques, même en admettant qu’ils aient à faire à des sujets vifs, voire indociles. Qu'ils se rappellent à tout moment qu’on forme mieux le caractère par une patiente fermeté qu’en inspirant la crainte par la violence et les éclas de voix. Ce n’est, en effet, que par la patience qu’on arrive à inculquer aux chevaux les premiers $grands principes : commandement de départ, d’arrêt, de tourner, etc. |
Lorsqu'on est véritablement maître des poulains que l’on conduit, on peut se permettre alors, après quelques jours, de les laisser aller au petit trot, leurs foulées se déployant à une allure calme et retenue par le driver, sur quelques centaines de mètres. Ils acquièrent ainsi ou perfectionnent déjà l’automatisme du trot ; ayant très peu de chances de se « toucher » ou de s°’ « atteindre », ils ne sont pas tentés de « fauter ». Maîtrisés et suidés à la fois ils ont tendance au contraire à développer presque sur place ces battues qu’ils allongeront plus tard.
Ce travail n’est en somme que le prolongement de la
TT
« mise en muscles » du débourrage, car le système musculaire tout entier est mis à contribution, en même temps que l'attention des poulains est constamment tenue en éveil par l’autorité du conducteur qui joint la fermeté du geste à celle de la parole.
Il est bon que ces temps de petit trot soient coupés de passages au pas qui permettent aux chevaux de « souffler », de se détendre. A la fin de la séance, qui ne doit jamais dépasser une heure, c’est encore le pas qui reconduira le maître. et l’élève à leur point de départ.
Pour cette préparation, les entraîneurs doivent utiliser guêtres et cloches afin de prévenir toute atteinte éventuelle et le harnachement doit êre le plus simple possible. On doit en quelque sorte laisser les poulains acquérir seuls leur équilibre en se réservant le soin de corriger ensuite au besoin les irrégularités d’allures par une modification judicieuse du harnachement au moment voulu.
Pour les poulains destinés au trot monté, il convient d'employer les mêmes principes. Leurs jockeys doivent leur faire faire du pas, du petit trot en prenant garde de ne pas les fatiguer par des montes prolongées et en usant à leur égard de la même patience.
De retour à l'écurie les poulains doivent être pansés soigneusement. L’avoine doit continuer à entrer rationnellement dans leur alimentation et la mise en liberté à la prairie est toujours recommandée.