D) TROT PLUS RAPIDE ET PLUS PROLONGÉ
Après quelques semaines de travail effectué au demitrain, les poulains doivent être insensiblement soumis à une allure plus rapide. C’est déjà beaucoup d’avoir un cheval deux ans qui peut trotter correctement au demi-train. Mais, ce premier but atteint, il faut alors songer à maintenir l'équilibre à un trot plus rapide et ‘sur des distances plus longues. Pour cela il n’est que de l’inciter à aller plus vite en prenant bien garde qu’il ne se désunisse pas sous le fait d’une vitesse plus $rande. Cette progression du demi-train au trois-quart de train est souvent difficile à réaliser. En effet, un cheval qu’on . € pousse » un peu plus certain jour après l’avoir habitué à trotter sagement peut, du fait d’un effort plus violent, « fauter », perdre son harmonie d’allures. C’est alors qu'il faut plus que jamais se montrer patient à son égard, essayer de l’aider au lieu d'employer à son endroit une brutalité qui le ferait persister dans le mauvais sens. On
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ne doit surtout pas, d'autre part, le laisser prendre une habitude vicieuse telle que celle de fauter au moindre effort supplémentaire qu’on exige de lui. [l convient donc, lorsqu'on a à faire à un cheval qui se désunit en augmentant sa vitesse de course, d’essayer de le remettre au trot correct en ralentissant son train, les manœuvres du conducteur étant fermes, mais sans violence ; l'entraîneur qui ne réussit pas à corriger ainsi les allures de son élève doit préférer l’arrêter purement et simplement puis le remettre au pas, au « petit trot », à son allure précédente du demi-train... et recommencer patiemment à le « pousser » à nouveau. S'il ne réussit pas le premier jour à faire courir son cheval à un train soutenu, il doit essayer le lendemain.., s’astreindre à persévérer. La réussite vient plus ou moins facilement selon les sujets. Il en est qui trottent au trois-quarts de train la première fois qu’on le leur « demande » ; d’autres n’y arrivent qu'après plusieurs leçons. En tout cas, la règle à suivre est de ne pas énerver ni butter le cheval qu’on entraîne et qu’on veut faire trotter plus vite. La maîtrise des entraîneurs et leur expérience entrent évidemment pour une grande part dans ce changement progressif de régime.
Cette augmentation de vitesse du trot doit coïncider avec l’allongement des distances parcourues. C’est en quelque sorte déjà la « mise en souffle » qui vient se substituer peu à peu à la « mise en muscles ». Au début, on peut imposer à un cheval qui a dépassé le cap des deux ans des parcours au trois-quarts de train de 400 à 600 mètres, parcours coupés de ralentissements et de promenades au pas plus longues. Ces temps de pas, de
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promenades ne perdent jamais leur droit. Avant les temps de trot, elles réchauffent les poulains, les « mettent en jambes ». Après l’exercice, elles leur permettent de « souffler, de se reposer de l’effort qu’ils viennent de fournir.
La progression des distances parcourues doit toujours être méthodique, insensible. Dans les semaines qui suivent le début de la pratique du trois-quarts de train elles peuvent atteindre 600, puis 800 et 1.000 mètres, selon les possibilités des chevaux. Ce qu'il faut, c’est éviter toujours tout signe de fatigue. Répétés, ces efforts conduiraient vite au surmenage partant du déséquilibre des sujets. Or le tout recherché est à l’opposé : il doit tendre à maintenir, à perfectionner cet équilibre que les poulains acquièrent par la pratique progessive du pas, du petit trot, du demi-train.
© Ce n’est qu’à l’approche des trois ans que les entraî-
neurs doivent songer à faire progresser la vitesse d’allure de leurs chevaux par la pratique du train proprement dit ou plein train.