LE TROT. — CARACTÉRISTIQUES DE L’ALLURE NORMALE
Le trot est une allure naturelle à deux temps, les membres étant associés en diagonale. Le trot ordinaire est toujours sauté. Il y a deux battues également espacées. Le corps retombe alternativement sur le bipède diagonal £gauche et sur le bipède diagonal droit. Entre la détente donnée par le bipède et la chute du corps sur l’autre bipède, il y a un moment où le corps continue à avancer dans l’espace : c’est la période dite de suspension. C’est une allure stable de l’appui en diagonale; elle peut être lente ou précipitée, rasante ou relevée, la stabilité de l’équilibre permettant ces diverses modalités de l’allure ; c’est l’allure dans laquelle les réactions sont les plus dures et les mouvements les plus réguliers.
Le trot est ordinaire quand le cheval se couvre, c’està-dire quand l’empreinte des pieds de derrière vient exactement se superposer à celle laissée par le pied de devant du même côté.
Le trot est raccourci quand le cheval se découvre,
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c’est-à-dire quand les pieds de derrière impriment leurs empreintes en arrière de celle des pieds antérieurs. On dit encore que le trotteur se déjuge.
Enfin le trot est allongé quand le cheval se mécouvre ou se méjuge ; ici les foulées des pieds de derrière se font en avant de celles des pieds de devant du même côté et le méjugé est proportionnel à la vitesse.
Dans le érand trot, trot allongé,Flying trot ou trot de course, le membre postérieur se pose avant l’antérieur du même bipède diagonal : donc le cheval se mécouvre.
Du petit trot au grand trot, les différences de vitesse sont énormes ; le cheval qui trottine ne va guère plus vite qu’au pas accéléré ;-celui qui trotte en course peut franchir plus de 12 mètres à la seconde, la longueur de chacun de ses pas atteignant jusqu’à cinq bases de sustentation ; déjà à trois bases de sustentation (3 m. 60 pour un cheval de 1 m. 60) la vitesse est celle du £$rand trot.
Au lieu de deux battues à chaque pas, le trot peut en faire entendre quatre, rapprochées deux à deux, soit qu’il y ait anticipation du pied antérieur sur le postérieur associé, soit au contraire qu'il y ait anticipation du postérieur sur l’antérieur. Ce trot rompu ou décousu est connu sous le nom de traquenard ; ce peut être tantôt une manifestation de surmenage ou de mauvais dressage, tantôt un moyen d'atteindre une vitesse plus grande. C’est ainsi que les bons trotteurs dont on force l’allure se mettent souvent à traquenarder ; ils offrent
alors un léger bercement très appréciable pour le cavalier, qui fait dire qu'ils roulent sur leurs hanches, bercement donnant aux réactions plus de douceur et résultant de l’intercalation d’appuis unipédaux au commencement et à la fin de chaque période de projection. Les dits appuis unipédaux, ne supprimant pas les phases de suspension, ne peuvent évidemment que favoriser la vitesse tout en augmentant l'instabilité de l’équilibre. Voilà pourquoi le trot de course ou Flying trot (c’est-àdire rapide comme le vol de l’oiseau) se détraque.…. le plus souvent et se convertit en traquenard, tantôt par anticipation des membres postérieurs (ce qui donne plus de latitude à l’enjambée antérieure), tantôt par anticipation des membres antérieurs, ce qui donne aux postérieurs un champ de mouvement plus étendu, car les premiers, se reposant plus tôt, se lèvent aussi plus tôt, et risquent moins d’être atteints par leurs congénères du même côté.
Ainsi que le dit LENOBLE DU TEIL, ces diverses formes de l’allure se rencontrent souvent chez le même cheval et elles varient d’un pas à l’autre. L’action du cavalier y est pour beaucoup : en relevant la tête de sa monture, il peut transformer instantanément un trot de deux temps en un trot de quatre temps sur les hanches. Si, au contraire, il pousse la vitesse et relâche les rênes, ce sont les membres antérieurs qui arrivent les premiers à l’appui. |
Ce trot sur les épaules est en somme plus favorable que le précédent à l’extrême vitesse, soit parce que la tension de la tête et de l’encolure augmente l'instabilité
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de l’équilibre et contribue au raïidissement vertébral, soit parce que les membres antérieurs sont les mieux disposés pour recevoir le corps à chaque retombée des énormes projections qu’il subit, soit enfin parce que les membres postérieurs, relativement déchargés, sont dans les meilleures conditions pour produire une impulsion maximum.
Le trot de course, quelqu’en soit le mode, est susceptible d’atteindre. une vitesse de 12 à 15 mètres à la seconde et son méjugé 2 mètres.