TOTAL
Hypozoospermies ....
Azoospermies
Total
On a :
1* Les zoospermies normales n'existent pas une fois cinquante ans passés; voilà donc la mesure du degré approximatif de la stérilité précoce chez les fous ;
2* Les azoospermies, à Tâge de la plus grande vigueur de rhomme, sont, chez les fous graves, à peu près la règle.
s. VENTURI
Dans Tensemble, des deux tableaux sur ies zoospermies on tire le nSsultat général suivant, qui présente une éloquence toute particulière : chez quarante-trois hommes de vingt à cinquante ans on a huit zoospermies normales, dix hypozoospermies, et vingt-cinq azoospermies. C'est-à-dire que : sur quarante-trois hommes cTàge mtir, huit seulement seraient sûrement féconds.
Sans pouvoir Tappuyer sur des chiffres nr sur des recherches personnelles^ j'avance pourtant qu'une semblable proportion ne se trouverait peut-être pas chez des hommes sains dans la période de soixante à soixante-dix ans. Tant, par rapport à une fonction qui est la fonction fondamentale de Tespèce etl'une desplusimportantes de Tindividu, le processus involutif est précoce chez les fous !
Donc, les fous en général, outre que psychiquement ils n aiment pas sous un mode normal et convenable, aiment physiquement sous un mode que j'appellerai rudimentaire, car, généralement, ils ne désirent pas et ne recherchent pas les rapports avec Tautre sexe, ils satisfont leurs besoins et leurs désirs par la masturbation, qui représente, chez eux, une réduction de Tacte sexuel, une dégénérescence réversive jusqu'à Tadolescence. Que chez eux la fonction sexuelle soit si fortement réversive, cela est encore confirmé par leur azoospermie qui les rend inféconds comme le sont les vieillards décrépits et onanistes; comme le sont les enfants auxquels ressemblenMes faibles d'esprit par larrét de développement dont ils sont atteints ou par l'excès du processus de sénilité précoce. Je dis aussi ceci par ^rapport à ma conception que les dégénérescences réversives s'accomplissent, chez les fous, plus probablement sur la ligne autogénique elle-même bien plus que sur la ligne philogénique; de telle sorte que, dans la décadence séniliforme des fous, il y aurait plutôt retour suivant l'intensité de la dégénérescence à l'adolescence ou à l'enfance qu'à des états et à des habitudes ataviques.
Par rapport à la fonction de l'amour, les forces reviennent en arrière; de l'extrémité psychique de la vie sexuelle, ils en reviennent [à l'onanisme et à l'infécondité, qui pouvait aussi exister chez les vieillards, mais dont la période naturelle est dans la jeunesse. Nous verrons plus loin comment cela se
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trouve confirmé par la décadence que nous observons chez les fous eux-mêmes par rapport à la séduction, à la pudeur, à l'honneur, etc.
Chez les fous, la pédérastie n*est pas très rare. Dans Tasile dirigé par moi, sur 180 malades, j'en trouvai sept qui avaient notoirement des tendances à la pédérastie active ; ils étaient : Tun affecté de délire chronique des grandeurs et âgé de cinquante-huit ans ; un autre de folie hallucinatoire (quarante ans); un autre d alcoolisme chronique (quarante-cinq ans) ; un autre de démence (quarante-six ans); deux hébéphréniques de vingt et un et dix-neuf ans ; un autre enfin de délire de persécution (trente-deux ans).
Ils tentaient, la nuit, de pénétrer dans le lit de leurs compagnons dans le but de les violer, ou bien ils les attendaient dans les latrines. Comme on le voit, ils appartenaient à diverses formes de folies et à différents âges. Je fus tenté de croire que, chez eux, la pédérastie était un équivalent du coït naturel, par lequel ils obviaient à Tinconvénient de Tabsence de femmes, ainsi que cela arrive chez les marins, et souvent dans les casernes ou les séminaires.
Je fus cependant éclairé quant à la non-consistance de cette opinion lorsque je pus avoir la preuve que ces fous dont j*ai parlé étaient, avant la folie, adonnés à ce vice, contracté par suite des causes et des occasions ordinaires ; devenus fous, ils persistèrent donc dans une habitude qui n'avait rien de sexuel, au point de vue psychique.
La satyriasis, qui s*observe quelquefois chez les fous, exprime simplement un état d'irritation génitale et ne peut (^Ire appelé une hyperesthésie sexuelle. Il se produit consécutivement à une irritation spinale, c'est le symptôme d'une maladie et pas du tout l'expression d un besoin sexuel. Mais j'en parlerai peutêtre encore plus loin.
J'ai dit que, contrairement aux hommes, les femmes folles manifestent des désirs erotiques fréquents et immodérés ; qu'elles se conduisent de façon tout autre que les hommes lorsque, dans l'asile, elles ont l'occasion de recevoir des visites d'étrangers, envers lesquels, par des paroles et par des actes, elles expriment des désirs et des besoins sexuels.
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Nombreuses sont celles qui manifestent le besoin du coït. Dans ce but, il arrive très facilement et très souvent qu'à la >uc des hommes, les folles lèvent leurs jupes, font des gestes indécents et, lorsqu'elles le peuvent^ embrassent les hommes si étroitement qu'on ne peut les en délivrer qu'à grand' peine ; beaucoup d'entre elles se masturbent publiquement, et tout en se masturbant, accompagnent quelquefois cet acte des expressions du désir du coït. Je répète ce que beaucoup d'autres ont ilit ; il est exact que ceux qui visitent Tasile en sortent souvent écœurés des malpropretés des folles, tandis qu'ils louent le maintien réservé des hommes.
Dans tous les asiles oii il n'y a pas de rigoureuse surveillance, on peut regretter le grand nombre des folles qui, de nuit, tentent de passer dans le lit de leurs compagnes pour jouir d*amours lesbiennes .
(]e genre d'amour dans les asiles fut, en Italie, signalé par les aliénistes ; je rappellerai Lombroso et Cantarano. Pour ma part, dans les asiles que j'ai dirigés, j'ai observé que ces tendances sont plus fréquentes qu'on ne Ta dit ; je vis aussi que ce vice n'est pas spécial à telle maladie ou à Tâge, car presque toutes les folles, les formes aiguës étant presque exclues, y sont sujettes. L'amour lesbien doit, sans aucun doute, être considéré comme un véritable équivalent, une substitution du coït, car les malades elles-mêmes l'avouent franchement; c'est donc souvent le contraire de la pédérastie qui, comme je l'ai dit, est un vice ne suppléant jamais chez les fous aux besoins sexuels normaux. Nous verrons ailleurs, en parlant des perversions de Tamour, comment l'amour lesbien peut devenir une vraie passion sexuelle, monstrueuse, chez certaines dégénérées.
On sait à quel degré chez les filles sont fréquents l'absence ou les désordres de la menstruation ; celle-ci commence tard chez cellos qui sont atteintes de dégénérescence évolutive (imbéciles, simples d'esprit, et souvent même mattoïdes), se termine do bonneheure chez celles atteintes de dégénérescence involutive (folies chroniques ou démences) ; elle subit des temps d*arrêt et des troubles dans la folie aiguë.
Les preuves de ce que j'avance dérivent des statistiques les plus autorisées et les plus récentes, que je prends dans
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le Iravaii d'Icard (Paris, Alcati, 1890) . Culmeil disait qno la menstruation manque chez le tiers, au moins, des aliénées de fraîche date. Schrœier dit que la moitié est aménorrhéiqiie. Skeine ne constate la menstruation normale que chez 27 folles sur 192. Algeri, qui en étudia un plus grand nombre, trouva que le 30 p. 100 à peine jouit d'un menstruation normale.
Notons d'ailleurs que ces proportions et ces chiffres se rapportent à l'absence de règles, à l'aménorrhée et non à la simple dysménorrhée qui, chez les folles, est difficile à connaître.
Pour compléter la comparaison avec les hommes, j'ai trouvû intéressant d'étudier, chez les folles, les altérations du processus de l'ovulation qui auraient fait pendant aux altérations observées dans le sperme. Ceci n'aurait pu se faire que sur le cadavre, en examinant le poids des ovaires par rapport à l'Age des sujets et k la forme de leur folie. La réduction en poids ne laisse aucun doute sur la nature du processus qui en fut cause. Lv!> ovaires furent pesés après avoir été dépouillés avec beaucoup de soin de tout ce qui les entourait.
Je n'ai eu ni l'occasion ni le temps de .faire de nombreuses recherches à ce propos. Afin d'avoir des résultats plus satisfais sants, j'ai prié le D' Roscioli, médecin de l'asile de Noccki, de faire en même temps que moi les mêmes recherches sur li!s folles mortes dans cet asile. Je ne pus avoir de lui que trois observations.
Le iulal des observations que j'expose ici est de trente, toutes faîtes sur des cadavres de folles.
Uyrtl dit que les ovaires, avant la première menstruation, arrivent au poids d'une once et quart ; et dans l'Age avancé perdent tellement de volume que, dans la décré{iitude, ils tonbentau tiers de leur volume primitif.
Debierre dit que le poids ordinaire des ovaires est de six :i huit grammes, qu'il augmente à chaque époque menstruelle, et qu'il est plus fort chez les femmes débauchées ou de passions violentes. Il dit aussi que l'ovaire droit est plus gros que lo gauche.
Voyons comment, en comparaison, varie le poids des ovaires chez les folles.
Je rapporte ici mes observations en classant par l'Age du
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sujet et en tenent compte du genre de folie. Ces observations ont été faites à l'asile de Girifalco, et commencées en 4891.
Dans le report des poids, je ne parle pas des fractions de gramme .
R. S., vingt ans (idiote], ovaire droit, 9 grammes ; ovaire gauche, 7 grammes.
G. G., vingt-deux ans (folie épileptique), ovaire droit, 5 grammes ; ovaire gauche, 4 grammes.
T. T , vingt-cinq ans (id.); ovaire droit, 4 grammes ; ovaire
gauche 5 grammes.
J. G., vingt-cinq ans (délire aigu), ovaire droit,5 grammes ; ovaire gauche , 4 grammes.
M. B., vingt-sept ans (folie épileptique), ovaire droit, 5 grammes ; ovaire gauche, 4 grammes.
L, M., vingt-neuf ans (délire chronique), ovaire droit, 3 grammes ; ovaire gauche, 3 grammes.
J. M., trente-deux ans (folie circulaire), ovaire droit, Ïp grammes ; ovaire gauche, 5 grammes.
J. L., trente-deux ans (délire chronique), ovaire droit, 4 grammes ; ovaire gauche, 3 grammes.
S. B., trente-trois ans (folie épileptique) ovaire droit, 5 grammes ; ovaire gauche, 5 grammes.
G. L., trente-cinq ans (délire religieux), ovaire droit, 3 grammes; ovaire gauche, 2 grammes.
G. M., trente-cinq ans (frénésie épileptique) ovaire droit, 3 grammes; ovaire gauche, 3 grammes.
G. R., trente-six ans (folie paralytique), ovaire droit, 4 grammes, ovaire gauche, dégénérescence kystique .
P. R., trente-neuf ans (démence agitée), ovaire droit, i gramme; ovaire fauche, 2 grammes.
R. S., quarante ans (folie paralytique), ovaire droit, 2 grammes; ovaire gauche, 2 grammes.
L. G., quarante ans (délire chronique), ovaire droit, 4 grammes; ovaire gauche, 3 grammes.
G. M., quarante-quatre ans (imbécillité), ovaire droit, 3 grammes ; ovaire gauche, 3 grammes.
G. A., quarante-cinq ans (délire chronique), ovaire droit, dégénérescence kystique ; ovaire gauche, 1 gramme.
U. A..., quarante-huit ans (^folie paralytique), ovaire droit, 2 grammes» ovaire gauche, 1 gramme.
G. A..., cinquante ans (délire chronique), ovaire droit, 2 grammes; ovaire gauche, 2 grammes.
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A. G.w, cinquante ans (idem), ovaire droit, 5 grammes; ovaire gauche,' 6 grammes.
R. I..., cinquante-deux ans (idem), ovaire droit, 4 grammes ; ovaire gauche, 3 grammes.
B. G..., cinquante-quatre ans (idem), ovaire droit, 2 grammes; ovaire gauche, 2 grammes.
B. G..., cinquante-cinq ans (idem), ovaire droit, 3 grammes; ovaire gauche, 3 grammes.
G. M..., cinquante-six ans (démence), ovaire droit, 2 grammes; ovaire gauche, 2 grammes.
0. M..., cinquante-huit ans (démence sévile), ovaire droit, 1 gramnie ; ovaire gauche, i gramme,
L M.. . , soixante-deux ans (démence consécutive), ovaire droit,2 grammes;^ ovaire gauche , 2 grammes.
G. M.... soixante-quatre ans (folie paralytique) ovaire droit, i gramme ; ovaire 'gauche, i gramme.
P.P..., soixante-sept ans (délire chronique), ovaire droit, 4 grammes ; ovaire gauche, 3 grammes.
R. G..., soixante-dix ans (démence sénile], ovaire droit, 1 gramme ; ovaire gauche, 1 gramme.
V. B..., quatre-vingt deux ans (idem), ovaire droit, manque ; ovaire gauche, 4 grammes.
D'où :
l"" Le poids des ovaires ne décroît pas dans un juste rapport avec Fàge des sujets, mais dans un rapport avec le degré de la maladie d'ordre involutif ;
2* Tous les ovaires appartenant à des sujets atteints de formes de folie involutive ont des poids de beaucoup inférieurs à la mormale ;
3* Quoique les ovaires appartenant à des sujets atteints de folie non involutive conservent un poids supérieur, en aucun cas leur poids n'atteint ou ne dépasse la moyenne du poids normal par rapport à un sujet de même âge et en élat de santé mentale.
Je puis donc en conclure que chez les folles, par rapport au pouvoir reproducteur, nous trouvons un fait correspondante ce que nous avons vu chez les fous; chez ceux-ci, Vazoospermie
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est fréquente ; chez celles-là, c'est V atrophie ovarique qui est fréquente (1). Chez tous ie phénomène est d'autant plus accusé que le degré de gravité de la psychopathie à forme involutive est plus accentué.
On ne peut nier que ce que je viens d'exposer constitue la preuve d un fait du plus haut intérêt.
Les fous, hommes et femmes, s'ils sont déchus en amour, dans la même mesure au point de vue psychique le sont aussi au point de vue physique; et cela jusqu'à l'incapacité de reproduction.
La différence entre les uns et les autres, c'est que les femmes sont franchement désireuses du coït et exercent lonanisme avec une évidente expression de désir sexuel, tandis que chez les hommes, le besoin sexuel n*est nullement expansif et se satisfait d'une façon plus primitive.
En parlant plus loin de la pudeur je donnerai mon avis sur les raisons de cette différence : elles établiront que le processus de dégénérescence est égal dans les deux sexes, et que les différences ne sont que desapparences reflétant les diverses conditions [relatives à la position sociale de chaque sexe.
Mais pourquoi trouve-t-on chez ces fous ce besoin effréné de satisfaction sexuelle, exercé par Tonanisme ou sous des modes indécents et monstrueux, alors qu'il n'y a chez eux aucune stimulation psychique qui soit provoquée par laffection^ par la sympathie ou par un sentiment esthétique et avec l'absence d'une excitation physiologique ?
On sait bien que la fonctionnalité des glandes sexuelles n'est pas absolument nécessaire pour la stimulation sexuelle; ainsi Ton observe que chez les eunuques, la stimulation peut persister fort longtemps après toute absence de sécrétion spermatique ; on sait aussi que les femmes sensuelles continuent à jouir du coït même après Tâge critique (Krafft-Ebing). J*ai eu un chien, châtré depuis fort lontgemps, qui était le favori des femelles, qui exerçait le coït comme tout autre et avec une fréquence extraordinaire.
Cependant, cela ne suffit pas à expliquer la tendance intense
(1) Dans le dernier chapitre de cette partie, nous verrons aussi que les testicules chez les fous sont toujours atrophias et dans les mêmes proportions que les ovaires et celles-ci sont en proportion avec Tatrophie du cerveau.