AMOUR DES HOMMES DÉLINQUANTS ET GÉNIAUX
Comme atavisme dans la sphère des fonctions sexuelles nous pourrions donc voir le rapt violent, le coït fréquent et brutal^ tusage de la femme comme instrument de plaisir sans rien d affectueux y la jalousie furieuse, la lutte féroce et sanguinaire pour la conquête et la garde de la femme. L'onanisme, la pédérastie, la bestialité ne seraient rien d'atavique car ces modes simples ou sales d'amour n'ont rien de biologique. En pratique, cependant, on ne trouve pas une classe de délinquants qui représentent de cette façon Thomme atavique.
Le criminel-né est un homme qui commet le délit en rapport à ses besoins sexuels sous tous les modes; et si quelque chose caractérise sa façon d'agir dans le délit au point de vue sexuel, c'est bien que celui-ci est au plus haut degré, bien plus qu'antisocial, antibiologique.
Parmi les classes de la délinquence congénitale, il y a celle représentée par les satyres qui résument avec le plus d'accentuation les tendances et les coutumes des criminels-nés les plus graves, par rapport à la fonction sexuelle. Eh bien, le satyre n*est qu'une caricature de l'homme atavique car, au lieu d'avoir dans l'exercice des fonctions sexuelles, les caractères de l'énergie et du but biologique immédiat, il présente plutôt ceux de Tinsuflisance et de la corruption. Il est précoce, souvent onaniste^ pédéraste, ou bestial, souvent il est impotent, plus souvent encore stérile et infécond : dans ses attentats et ses violences vis-à-vis de la femme, il tend souvent à la satisfaction d'instincis sanguinaires, violents, sales, plutôt qu'aux instincts naturels du sexe. Ces insuffisances et ces corruptions se reflètent dans ssr structure physique : il a souvent des anomalies de conformation des organes génitaux (monorchie, petitesse ou inégalité des testicules, hypo ou épispadias, etc.). Il est souvent de faible intelligence, il a une religiosité et une conduite faible et lâche. Ces caractères, s'ils sont très semblables en partie à ceux de l'homme sauvage qui est violent, brutal, sanguinaire, peureux, superstitieux et lâche, sont aussi les preuves de son infériorité par insuffisance de développement. Le criminel-né satyre est, non pas un homme chez lequel prévaut la nature atavique, mais le produit dune maladie de développement.
Le criminel-né n'aime pas sous les modes normaux de son
s. VENTDRI
époque, sous un mode civilisé, dirai-je, si ce n'est dans des cas très rares. Dans les circonstances ordinaires^ il est cynique, tolérant Tinfidélité de la femme, prétendant vivre sur ses gains honteux, de sorte qu'il se fait souvent le paladin protecteur de la prostituée, moyennant une paye Rxe. Il n*a que de rares et grossiers sentiments pour la famille, de sorte que ses fils croissent dans le délit et le vagabondage, et ceci autant par suite de l'hérédité et de Téducation qu'à cause de la négligence et des mauvais traitements dont ils sont Tobjet.
Le satyre, variété du criminel-né type chez lequel les tendances sexuelles prévalent, est le résultat de Tensemble des morbidités qui composent la délinquence instinctive plus typique sous ses formes rudimentaires. Il faut pourtant ne pas oublier que les tendances sexuelles, si elles dominent chez lui, ne cessent pas d'exister dans des formes de criminalité parallèles, avec des tendances prédominantes à l'assassinat ou au vol, absolument comme chez le satyre les tendances au vol et à lassassinat existent, quoique moins affirmées. Ce sont là des distinctions cliniques, basées sur de rares caractères et les passages d'une forme à une autre sont exprimés par l'existence des criminels à type mixte, assassins-satyres et voleurs qui sont en môme temps assassins et voleurs. Dans les mêmes formes différenciées de la délinquence^ c'est-à-dire lorsque chez le criminel-né une des morbidités tend à faire prévaloir son action sur les autres, on a, au point de vue sexuel, les délinquants épileptiques, immoraux, imbéciles et délirants. Ceux-ci, bien qu'ils aient au fond de très étroites analogies avec les criminels épileptiques, immoraux, imbéciles et délirants, dont nous avons parlé aux paragraphes respectifs, présentent toutefois la note spéciale surgissant de ce fait, qu'à Taction de la morbidité dominante s'associe Faction de la morbidité encore à l'état rudimentaire ou de moindre développement.
Cependant dans Tordre des criminels-nés à type immoral, à l'extrémité de l'échelle, j'ai dit que se trouvait don Juan^ séducteur ignoble, qui, dans Tamour, satisfait ses basses passions, ses habitudes cruelles et lâches. Plus rapproché du point de départ de la forme de criminalité morbide type, le criminel-né immoral tue quelquefois la victime de ses amours ou la blesse