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CHAPITRE IX

Amour des hommes délinquants et géniaux

Amoiir des délinquants. — MaÎDtenant que nous avons établi ce que semblent ëtrt^, de façon générale, la délinqnence et le génie, j'en viens & parler de la manière dont se manifeste, chez tes délinquants et chez tes hommes de géoie, la vie sexuelle qui dans les antres états morbides reflète si fidèlement les conditions d'immaturité, de décadence et de monstruosité de Tesprit.

Dans la vie sexuelle du criminel-né, il faut considérer ces anomalies qui sont en rapport avec sa nature caractéristique, qui expriment la tendance dégénérative à la destruction de lespèce, et qui surgissent de l'ensemble morbide par lequel ces individus se trouvent constitués.

Je ne parle pas ici des amours de tous les caractéristiques, mais de ceux des deux principales classes d'entre eux : le délinquant el l'homme de génie. Tous les autres caractéristiques devraient être étudiés chacun à part, afin de déterminer exactement le mode sous lequel s'affirment l'influence de leur constitution caractéristique et leur conduite relative dans leurs amours; mais, je l'ai longuement démontré, la vie sexuelle se reQète dans la vie psychique et les caractéristiques ne font pas exception à la loi générale. Voyez les amours des avares, et ceux des ambitieux, des timides, etc., et voyez la fidélité du réfiexe par lequel se projette le caractère psychique. 11 serait désirable, je le répète, (le voir ce sujet traité dans des monographies scientifiques, ce

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que, en grande partie, Fart et la littérature ont souvent mis en grand relief.

Quant à la vie sexuelle du délinquant aliéné, je n'en répéterai pas les caractéristiques spéciales parce que j'en ai parlé à propos de chaque forme de démence ; mais je parlerai brièvement des anomalies de la vie sexuelle qui constituent toute une chaîne de décadence de la fonction qui reflète celle de Tesprit à travers les diverses formes de démence : gradation du processus involutif lui-même.

Y a-t-il des anomalies des manifestations de la fonction sexuelle que Ton pourrait considérer aussi comme de simples produits de réversion atavique ? Il serait bien difficile et bien incertain de déterminer a priori la nature atavique d'un fait d*ordre sexuel et de juger sur cette base de la nature des actions actuelles. La fonction de reproduction qui se manifeste dans Téchelle des êtres des plus simples aux plus complexes, avec des gradations infinies (depuis les actes les plus élémentaires nécessaires à la conception jusqu'à ceux de Taraour psychique, intellectuel de l'homme civilisé), bien qu'elle remonte vers les anciennes générations humaines au delà des périodes historiques, dans lesquelles la civilisation et les diverses conditions artificielles de la vie sociale ont imposé des lois et des restrictions à Texercice de la fonction elle-même, cette fonction, dis-je, il faut croire qu'elle a présenté des formes et des modes de plus en plus simples, plus directement en rapport avec le but biologique. Malgré cette loi générale les caractéristiques spéciales de la vie sexuelle varient tellement d'un peuple à l'autre, dans les divers lieux, aux diverses époques, dans les conditions diverses d'habitudes et de climats, qu'elles ne donnent plus aucune base solide d'appréciation . Il est plus sûr et plus pratique de juger les actes de la vie sexuelle en rapport avec l'atavisme, lorsqu'ils sont accomplis non pas sous des modalités déterminées, mais sur la base de mécanismes primitifs, simples, qui ont actuellement un caractère antisocial et répugnant, bien qu'à d'autres époques ils aient pu mieux satisfaire aux nécessités du but biologique. Tels sont l'excès et la violence, en rapport direct avec le tempérament impulsif du sauvage et qui, aujourd'hui, serait souvent de nature épileptique.

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