‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 50 sur 72 · II. — Physiologiques · texte numérisé non relu

II. — Physiologiques

IIL — Psycho-sociologiques.

Parmi les premiers, je prendrai en considération : /a stature^ rétat de la nutrition générale^ la conformation générale du squelette^ la forme du crâne, les oreilles, le front, le nez, les yeux, les dents, la face, les cheveux, la barbe, les mains, les pieds.

Certes, dans les diverses formes de démence, effets de diverses dégénérescences agissant à divers degrés d'intensité et d'exten-

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sion, les moyens de la lutte sexuelle ne sont pas tous altéré»; mais ce sont les uns ou les autres, ou bien les uns plus que les autres, selon leur qualité par rapport à la démence à laquelle ils se rattachent, à son degré d'intensité et au sexe. Il faut aussi considérer qu'ils sont frappés en rapport avec Tàge des sujets, suivant Fftge auquel ils sont apparus ou suivant Tâge auquel ils ont été employés. C'est pourquoi j'exclus leur étude de la folie chez les enfants, car elle se manifeste avec les altérations de ces aptitudes qui expriment la vie psychique correspondante: convulsions, mouvements émotifs, paresthésies^ etc. (Maudsley), mais qui ne se manifestent pas avec quoi que ce soit de sexuel, ceci n'existant pas encore.

C'est Tusage effectif ou le manque d'usage de chacun des moyens de séduction qui décide si, chez l'individu qui les emploie, ils sont frappés de dégénérescence. Par usage, je n'entends pas, cependant, l'usage actuel, chez un individu donné, mais une destination fonctionnelle dans les conditions favorables : tant il est vrai que les caractères de séduction dégénèrent aussi chez des individus qui se seraient tenus éloignés de toute action séductrice.

Je ne prétends pas m'étendre autant qu'il le faudrait dans l'étude des variations de chaque caractère ; il faudrait faire autant de monographies^ semblables à celles qui furent faîtes, de façon complète^ par certains aliénistes, spécialement au point de vue de l'anthropologie criminelle.

Je m'en tiens à recueillir les faits les plus connus et à exposer ce qui, à ce propos, constitue le résultat de mes propres recherches.

Je trouve aussi nécessaire d'informer qu'au cours de Tétude sur les altérations des moyens de la lutte sexuelle, dans les diverses formes de démence, je considère tous les aliénés sous les trois formes de immatures, séniles et monstrueux^ sans faire de distinction quant aux formes psychopathiques (gradations dégénératives), si ce n'est dans des circonstances spéciales et incidemment.

Enfin je dois faire observer que Ton trouve difficilement dans la pratique des immaturités d'esprit pures et simples, car le plus souvent les états d'idiotie s'accompagnent d'épilepsie, et de

plus, la clinique n'arrive pas toujours à démontrer Tidentité d'individus atteints d'immaturités d'esprit avec les enfants, si ce n'est dans des directions partielles.

MOYENS ANATOMIQOBS

Stature. — Chez les idiots^ elle se maintient basse. Lombroso donne pour les hommes une moyenne de 1,55 et pour les femmes de 1,41. Morselli de 1,54 et 1,43, c'est-à-dire quinze centimètres au-dessous de la moyenne normale; les idiots sont égaux en ceci aux infimes races humaines.

Aux idiotSy Ton peut comparer, par rapport' à la stature, et avec peu de variations, les imbéciles. Les simples (f esprit ne révèlent pas leur infériorité, de façon marquée tout au moins, par leur stature.

Chez les aliénés la stature moyenne se trouve chez tous plus faible que la normale. On a toujours considéré que ceci devait être retenu comme un fait en relation avec les autres nombreuses conditions d*anomalies somatique et morale, par lesquelles est exprimée la disposition à la folie; c'est-à-dire que lés aliénés seraient de petite stature avant même d'être en état d'aliénation.

Quant à moi, étudiant de façon générale les conditions des aliénés par rapport aux vieillards, dans chacune de leurs apparences somatique, physiologique, psychique et sociale, je parvins à des résultats spéciaux quant aux causes de la basse stature des aliénés, résultats que j'expose ici même.

La diminution de la stature du corps est un effet typique de l'involution qui, en quelques cas, atteint de notables proportions. Comment cela se produit-il, c'est-à-dire aux dépens surtout de quel tissu, squelette, cartilages ou bien tissus mous ou cutanés, ou jusqu'à quel point la diminution de la stature est-elle réelle plutôt qu'apparente, par suite de l'incurvation de la colonne vertébrale et de toute la personne, c'est une chose qui, à mon point de vue^ a une importance secondaire, tandis que le fait clinique intéressant, c'est la diminution de la stature de la personne, progressant avec la vieillesse, et surtout chez les indi-

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vtdus dans lesquels la sénilité affecte plus spécialement la nutrition générale. Le plus souvent, cela se produit par la diminution simultanée du volume de toutes les parties composant Torganisme, parle processus d'atrophie qui est le propre de la sénilité et par lequel les os, lorsqu'ils ne subissent pas l'altération calcaire, perdent toujours plus, avec l'âge, de leur substance organique, diminuent en poids et en volume. Les cartilages s'ossifient toujours davantage et s*épaississent, les tissus mous, cutané, conjonctif et sous-cutané, muscles et graisse, perdent de consistance et d'élasticité, deviennent flasques. Ainsi les disques vertébraux cartilagineux, amincis, les cartilages des têtes articulaires, réduits, les os longs diminués aussi en quelque mesure avec les tissus mous qui les supplantent, déterminent une diminution de stature qui en quelques cas atteint, selon mon observation, des proportions surprenantes. Dans la littérature médicale, je n'ai pas vu que Ton ait recherché dans quelle mesure, suivant quelle progression se produit la diminution de stature chez les vieillards et chez les décrépits. Charcot en parle sans dire, lui aussi, autre chose que des généralités.

J'eus plusieurs fois, dans la pratique, Toccasion de voir des vieillards rapetisses tellement qu'on ne pouvait les reconnaître après les avoir perdus de vue pendant dix ans. Entre autres, je me souviens d'un médecin qui me raconta sa surprise d^avoir revu sa mère, âgée de soixante-dix ans, après cinq ou six ans d'absence, et de l'avoir trouvée bien portante mais de stature audessous de la moyenne, alors qu'auparavant, elle était plutôt de haute stature.

Il m'a semblé qu'il en arrive tout autant chez les aliénés, et à un âge souvent éloigné de la vieillesse. J'eus cette impression spécialement lorsque de retour à la direction de cet asile que je dirige encore après l'avoir abandonné pendant quatre ans, je revis beaucoup de mes anciens malades et qui me semblèrent non seulement vieillis, mais aussi, pour certains d'entre eux, plus petits que lorsque je les avais quittés. M'étant mis plus tard à la recherche de la sénilité chez les aliénés, je ne négligeai pas de voir si, effectivement, il y avait chez eux une précoce diminution de'la stature.

DtGÉNÉRESCENCBS DES MOYENS DE LA CONQUÊTE SEXUELLE 343

La recherche se présentait pleine de difficultés. Pour obtenir un résultat sérieux, scientifique, il aurait fallu avoir :

1* Une mesure de la diminution de la stature chez les hommes en état de santé, aux différents âges, à partir de la maturité ;

2^ La stature des aliénés aux diverses époques des antécédents autant à Tétat de santé que dans celui de la folie subséquente.

Je ne pouvais avoir exactement, ainsi que je l'ai dit plus haut, ni Tune ni lautre chose. Pourtant, à force de patience, de temps, et de bonne chance, il fut possible d'obtenir quelque chose qui, sans me donner un résultat complet, me conduisit toutefois, comme on le verra, à constater des résultats importants bien qu'ils m'aient laissé de nombreuses lacunes à combler.

Je recherchai d*abord si, chez les aliénés, dans les différentes formes de maladie et aux diverses périodes d'âge, on pouvait observer une diminution de la stature. Dans ce but, et pour donner à mon étude la plus grande base possible dexaclitudt*, la recherche ne fut pas limitée au petit nombre de malades de mon asile, mais fut étendue à d'autres asiles. Le nombre des malades sur lesquels portent mes recherches devint tel qu'il nn pouvait me donner des mensurations d'un caractère seulement approximatif. L*asile de Nocera, grâce à l'amicale courtoisie de mes chers collègues les D" Roscioli et Grimaldi, me fournit los mesures de 209 aliénés ; Tasile Fleurant, grâce à la condescendance du propriétaire M. Aveta, me donna la mensuration de 21 aliénés ; Tasile de Girifalco me donna la mesuration de 115 malades.

Les malades des asiles étrangers au mien sur lesquels on prit les mesures actuelles possédaient la marque de leur stature prise le jour de leur entrée à Tasile ; pour ceux de mon asile, la première mensuration datait seulement d'un peu plus d'un an ; c'est-à-dire du temps où poursuivant avec mon médecinadjoint le D' Pellegrini mon étude sur les pieds des aliénés par rapport à la stature, celle-ci demeura fixée et servit heureuse-

ment à mon étude actuelle. J'ai donc, pour tous les malades, des variations de stature, déterminées d^une époque à une autre depuis une ou plusieurs années^ durant le temps de la démence.

Je comprends fort bien que les résultats auraient été plus décisifs si Ton avait pu avoir pour chaque malade la stature au temps où ils étaient encore bien portants et après la période de la croissance naturelle.

Ces recherches sur les différentes mesures de la stature des aliénés notées depuis un an et plus, autant celles faites par moi que celles réalisées par mes collègues ou amis (qui, afin d'éviter tout parti pris, ignoraient ce que je croyais et espérais trouver) je les ai classées par forme de maladie, afin de pouvoir ensuite faire les relevés nécessaires et les comparaisons avec les individus sains des différents âges. Pour gagner de l'espace^ je ne reproduis pas ici le tableau des résultats obtenus qui se trouve dans l'édition italienne de ce livre; je ne retiens que les conclusions que l'on en peut tirer :

i® Chez les aliénés^ les diminutions de stature sont excessivement fréquentes ;

2» Cotte diminution est diversement fréquente dans les diverses formes d'aliénation, depuis les démences paralytiques jusqu'aux démences les plus simples ;

3^ Cette diminution est sensible, même mesurée à une année d'intervalle seulement ;

4*^ La diminution de stature se rencontre avec une fréquence surprenante même chez les jeunes aliénés, lorsque, ainsi que je le démontrerai plus loin, les individus sains croissent, d'une façon générale, presque constamment.

Je résume dans des tableaux ad hoc les diminutions de stature chez les hommes et chez les femmes aliénés, selon les divei*s états d'âge et sous les diverses formes de leur rapport absolu et de leur pourcentage (voyez tableaux III et IV).

DÉGÉnÉRBSCENCKS DBS MOTEMS DE LA CONQUÊTE SEXUELLE 345

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