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33 Vo 16 V.
63 Vo 55«/.
50 Vo 100 V.
FBMHBS
sur 6 2 sur 80 4 sur 14 8 sur 14 2 sur 8 8 sur 10 8 sur 8
23 Vo
D'où il résulte qae le tremblement est, en général, chez les aliénés un fait assez précoce, bien que sa fréquence ne soit guère de beaucoup supérieure à la normale.
Les odeurs qui émanent du corps, bien qu'elles soient presque un caractère sexuel secondaire, peuvent avoir un pouvoir de séduction et agir comme souvenir. Les aliénés, en général, ont de mauvaises odeurs naturelles, en outre de celles qui proviennent du manque de propreté sur la personne et sur les vètemente.
388 s. VENTURI
Le D' Monin (Rome 1885) a publié une précieuse étude sttr les odeurs du corps humain. Les mauvaises odeurs ont tout au plus pour origine de mauvaises exhalations cutanées, bien qu'il ne faille pas oublier celles dues à des exhalaisons du nez, de la bouche, de l'haleine, des urines, des menstrues, des vomissements, des gaz intestinaux, etc. Les diverses maladies du système nerveux général donnent à la peau une odeur spéciale. L'âge agit sur les odeurs^ surtout par l'œuvre sexuelle. Les femmes saines ont des odeurs spéciales qui possèdent un irrésistible pouvoir de séduction ; les périodes menstruelles se signalent par une odeur qui, d'ordinaire, est répugnante.
A la puberté, le mâle émet une odeur qui est, en miniature, celle du bouc en rut et que Ton appelle odeur se'miîiale. Dans la vieillesse, la peau émet une odeur de feuille sèche (Bertrand de Saint-Germain). Les diverses races présentent des odeurs différentes de la peau: fétide chez les peuples moins civilisés, plus aigre chez les méridionaux. On a observé que des états passionnels violents (Gamberini), hypocondriaques (Hammond), hystériques et choréiques se signalent quelquefois par des odeurs spéciales. Jusqu'aux saints qui ont des odeurs spéciales... (Hammond). Grimaldi dit que Todeur de la peau, durant un accès erotique, est celle du beurre rance.
Dans la léthargie, il y a une odeur cadavérique fBernutz). L'odeur des aliénés a été étudiée par Dagonnet et Zèvre. Ce dernier dit : « La sueur des aliénés a des odeurs sut generis, pénétrantes et fétides, qui rappellent celle des maisons toujours fermées en même temps que celle des bêtes sauvages et des souris. Cette odeur, dit Burrow, est si caractéristique que selon lui l'on peut par elle juger si une personne est folle. Hight prétend, par le manque de cette odeur, juger la folie simulée. »
A part les exagérations, il y a beaucoup de vrai dans tout ceci. Je n'oublierai jamais certaine odeur perçue deux fois chez deux déments, si fétide et si spéciale que la seconde fois que je la perçus^ je me rappelai l'autre sentie douze ans auparavant. C'était une odeur de feuille pourrie, une chose horrible» comme une odeur de punaise et pis encore : la quintessence de Todeur fétide. Qui ne distingue pas d'après l'odeur, dans un asile, un compartiment d'hommes d'un compartiment de femmes, une
section de tranquilles d'une section d'agités? Pour les idiots, Vodeur de leur peau, qui est fétide, se confond avec celle qui est produite par la saleté. Quant aux criminels, je n'ai aucune observation et je ne sache pas que qui que ce soit en ait parlé à ce sujet.
MOYENS PSYCHO-PHTSIOLOGIQUKS
Ce n*est pas le pouvoir psychologique en lui-même, mais son emploi utile dans la vie sociale qui en fait un moyen psychologique de haute valeur. Il me semble pourtant que la valeur de la psychologie, dans cette direction, est mise en évidence par les dispositions suivantes : Tintelligence, l'éloquence, Thumeur, le maintien, la tenue du corps et du vôtement, la tendance aux moqueries, au chant, au jeu, la culture de Tesprit, la bonne administration des biens, etc.^ etc.
Ces aptitudes constitueraient ce que Kurella appelle justement caractères sexuels tertiaires.
Éloquenre. — C'est une expression d'ensemble par laquelle j'entends l'heureuse aptitude à l'expression des pensées et des sentiments. Elle a comme instrument habituel direct le langage parlé, de Taltération duquel elle se ressent, mais elle peut pourtant survivre à sa ruine. Dans ces cas elle utilise d'autres moyens, l'écriture et la mimique. Il n'y a aucun moyen plus puissant de séduction sexuelle que la capacité de pouvoir bien parler avec efficacité d'expression et magnificence de forme.
Chez les phrénasthéniques^ l'éloquence est nulle ou limitée et grossière avec des effets pauvres et confus. Aucune fonction plus que celle du langage ne marque exactement le degré de développement moral de Tindividu comme des peuples. L'idiot, comme le sauvage, n'a qu'un langage inarticulé et rudimentaire. Le progrès de la culture de l'esprit peut ^tre apprécié suivant le nombre des vocables qui servent à l'expression des diverses pensées dans leurs significations les plus précises. Les individus simples, comme les peuples primitifs^ sont pauvres en vocables et riches en synonymes. Ici aussi il devient évident que
390 s. VBNTCRI
le processus de l'évolution se fait suivant la formule spencérienne : de rtiomogëne à l'hétérogène. C'est aussi à cause de l'insuffisante action de leur langage que les idiots recourent à des moyens plus directs de séduction : Texhibitionnisme, la violence ou la ruse.
Chez les déments chroniques, le langage est riche en paroles, mais pauvre en idées. Leurs discours sont pleins de pléonasmes, de répétitions, de paroles sans signification ou de vocables qui n*ont pas de sens, délirants (néologismes des démences). Le processus de séduction psychique se traduit dans le langage par la répétition de paroles sans contenu ou avec un sens que la mémoire a perdu. Par ces caractères, la faconde des aliénés, qui est quelquefois remarquable, n'obtient aucune faveur au point de vue sexuel et n'exerce aucune action persuasive, car l'amour répugne à la folie et la devine facilement. II n'y a pas d'aiguille magnétique plus sensible que l'amour pour toujours regarder vers le pôle de Tesprit normal. Outre que, comme je Tai dit, ils n''aiment pas, les fous ne sont pas non plus aimés. Dante pourrait, pour eux, modifier son vers. Malheureux qui sont placés hors de toute utilité sociale et sur lesquels la nature exerce la plus inexorable des sélections.
Les criminels, lorsqu'ils n'appartiennent pas à la catégorie des phrénasthéni({ues ne sont que de trop habiles parleurs et sont victorieux dans la lutte sexuelle par les ruses, les violences et aussi par la parole, qui est la force astucieuse du serpent. Don Juan est dans la fable un monstre d'éloquence. Les tribunaux savent bien combien leurs clients sont d'habiles défenseurs d'eux-mêmes.
Les épileptiques et les hystériques ont souvent un langage inspiré, chaud, passionné, habile, subtil, persuasif. Les géniaux possèdent souvent dans l'action de leur expression la haute et directe puissance de leur génialilé, et leur langage se traduit dans les sublimes expressions de la poésie, de Tart, de l'éloquence.
En cette heureuse facilité d'expression que possèdent les monstrueux de l'esprit en général, réside un autre des points les plus évidents de leur monstruosité, même dans les rapports de la fonction sexuelle. C'est-à-dire que tandis qu'ils exercent
ainsi de façon insuffisante ou anormale l'œuvre sexuelle, allant à rencontre des avantages de la reproduction, ils sont habiles et heureux dans leurs luttes pour la conquête sexuelle. Oe sont des conquérants habiles et hardis qui ne savent user sainement de leur conquête.
Humeur. — La disposition émotive spéciale dans laquelle l'individu se trouve habituellement constitue ce que Ton appelle Vhumeur. Elle est changeante de sa nature, selon les divers moments physiologiques ou moraux de la vie, selon Tftge ou les circonstances spéciales. Cependant, il y a ordinairement, dans les divers individus, la permanence prédominante 'd*une humeur donnée qui forme le point le plus apparent de son tempérament. Il y a les gens d*humeur joviale et les mélancoliques, ceux qui changent d'humeur avec une extrême facilité et sans motif extérieur correspondant. Les idées, les sentiments et les tendances se modifient avec l'humeur. D'où il résulte que celle-ci est une partie essentielle de ce qui s'appelle le caraetère\; ce dernier étant donné par la prédominance distincte de la continuité d'un certain ordre de pensées, de sentiments, de tendances, de jugements, qui s'accordent avec la continuité prédominante d'une humeur donnée.
Le changement d'humeur, de pensées, d'idées, de sentiments, de tendances, est une chose fréquente chez les jeunes gens et les nerveux ; c'est l'opposé pour les individus forts et mûrs et en général pour ceux qui ont, comme Ton dit, téie carrée.
L'humeur agit sur l'individu qui juge les choses du dehors par rapport à lui-m^me et aux autres.
Dans le premier cas, il est content ou mécontent de ses conditions, de son milieu, de ce qui Tentoure ; dans le second, il est pessimiste ou optimiste dans sa façon déjuger ce qu'il voit chezles autres, ou ce qu'il prévoit. On est sou vent optimiste ou pessimiste selon rhumeur ; en général on est, de façon prédominante ou constante, Funou l'autre selon le tempérament. Les jeunes gens et les individus normaux en général sont optimistes ; les vieillards et les faibles sont pessimistes. Il faut en excepter pourtant les divers individus que le milieu, l'époque, l'éducation ou l'hérédité font pessimistes ou optimistes sans aucun rapport avec les conditions du moment.
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De même, ce produit subtil, superficiel ou profond de l'inielligence, qui découvre rapidement les rapports cachés des choses, dont l'évidence suscite Tattention^ Tintérêt, et frappe rhumeur d'autrui, ce produit que l'on appelle esprit (si utile et si apprécié dans la conversation), prend son intonation dans la disposition optimiste ou pessimiste de l'individu et par conséquent, de façon indirecte, dans l'humeur joviale ou triste. L*esprit est satirique, mordant, piquant, ou bien plaisant, allègre. D'ordinaire celui de ce premier ordre est produit par des intelligences plus expérimentées et plus fines, par les esprits mûrs ou cultivés.
Tout ceci, rhumeur, la disposition d'esprit, ont une valeur de moyens de séduction ; car, par eux, s'exerce la sociabilité et se déterminent les liens d'estime, d'amitié, de tendances sympathiques. L'amour répugne à Tinsociabililé et à la froideur; l'humeur joviale, la disposition à voir le bon cdté des choses, l'esprit plaisant qui raille les faiblesses d'autrui, agissent pour rendre plus étroits les rapports sympathiques.
Recueillir chez les aliénés les altérations de l'humeur, par conséquent du caractère et de l'esprit (le signe le plus distinct du pouvoir critique et de l'observation), c'est relever directement non seulement l'ensemble évident et substantiel de la psychique individuelle, mais aussi la valeur de l'individu dans les luttes sexuelles.
Je résume brièvement les faits les plus communs.
Chez les phrénasthéniques l'humeur est changeante sans motif plausible; elle se manifeste avec une intensité exagérée. Les idiots et les imbéciles subissent des humeurs noires si intenses que, pendant leur durée, ils commettent des violences; ou bien, ils sont d'humeur si gaie qu'ils semblent des enfants. Chez eux, la durée d'un état d'humeur, déterminée par une chose futile^ se prolonge aussi outre mesure, de telle sorte qu'ils pleurent ou rient indéfiniment. Cette prolongation de l'expression émotive (phosphorescence), créée par une lente dispersion de l'impression, a ses racines psychologiques dans la faible énergie de la substan.ce nerveuse (Richet). Les phrénasthéniques ont une autre analogie avec les enfants en ce que, aux pleurs, ils font facilement succéder le rire, et vice versa; ceci, à cause de la superficialité môme de leurs impressions et peut-être davantage, &
DÉ6ÉNÉRB8GBMCB8 DES MOTBNS OB LA COMQDÈTB SBXUELLB 393
mon avis, à cause de la non-différenciation en eux des deux, formes fondamentales du plaisir et de la douleur, de telle sorte que Tun appelle l'autre. Les phréna8théniques,comme les enfants, n'ont aucun caractère. Ils voient les choses dans un rapport exclusif avec eux-mômes et n'ont pas d'esprit d'observation ni de critique; ils sont facilement optimistes et jamais pessimistes, mais aussi dolents et pleurant sur eux-mêmes pour les circonstances où ils peuvent se trouver. Leur esprit de conversation donne lieu au grotesque^ qui est Tévidence des rapports unilatéraux et grossiers.
Cette humeur et cet esprit des phrénasthéniques n^ont naturellement pas un pouvoir de séduction^ tandis qu'ils déterminent au contraire le mépris et le ridicule.
Chez les mattoïdes^ excentriques, etc., produits d* une moindre immaturité du développement, Thumeur est aussi changeante, exagérée, instable, excessive, en rapport à des motifs suffisants en apparence. Leurs idées, leurs sentiments, leurs tendances, leurs jugements, se modèlent de façon parfaite sur l'humeur. C'est pour cela qu'ils sont les vrais imbéciles du caractère. Je néglige leur étude dans le domaine de l'histoire, de la littérature, de la politique. Ils sont tour à tour heureux ou persécutés. Ils sont à la merci du vent : chaque chose les touche et les fait changer. Je crois que changement facile d'humeur est la matière première de leurs dispositions délirantes rudimentaires, matière qui, avec le défaut du sentiment de personnalilé, deviendra, chez les sujets à constitution psychique peu vigoureuse, lé fbndement des délires dits originaux. La disposition des excentriques est optimiste ; s'ils sont pessimistes, pour de courts moments, c'est par ostentation. La vanité guide leurs jugements. Ils ont, en général, de l'esprit, ils s'en font même gloire, mais il est superficiel, mal apprécié de la société, car il est paradoxal, grotesque, et il provient d'appréciations de relations peu comprises et peu réelles; il fait donc un effet subit, mais ne laisse aucune trace, car il ne révèle aucune vérité. S'ils sont publicistes ou écrivains ils finissent par devenir ennuyeux et fatiguent, car la vérité seule est intéressante et ne fatigue pas. Ces individus peuvent déterminer des flammes amoureuses passagères dans des personnes de condition semblable; l'amour n'a
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pas de durée, car ils ne sont pas capables d'affections stables et ils manquent de caractère. L'effet de leur tempérament et de leur esprit, dirigés vers le but sexuel, n*arrive d'ordinaire qu'au ridicule ; et là où vient le ridicule, Tamour fuit inexorablement, car il y a répugnance entre ces deux choses comme entre Tamour et k folie, sans doute à cause de Taffinité vulgaire qui devrait, dans le cas contraire, exister entre Tune et Tautre.
Chez les aliénés, TaUération de l'humeur est un fait important et ordinaire; il s'accorde, en général, avec le contenu des idées délirantes et des dispositions de volonté, de sentiments, de tendances. Dans les folies aiguës, c*est un fait fondamental ; gaie ou triste, Thumeur donne lieu ou s'accorde avec des pensées brillantes ou mélancoliques. Trop occupés d'eux-mêmes, ou mis sur une fausse voie d'idées préconçues, les fous aigus n'ont pas le pouvoir d'observations extérieures : ils n*ont par conséquent pas d*esprit ni d'aptitude à la critique ordinaire.
Les délirants chroniques ont l'humeur systématisée comme les idées et les sentiments. Autant que le permet l'évolution de l'état délirant, les caractères sont infiniment nombreux. Par suite du peu d'émotivité et de la prédominance de Terreur intellectuelle, ces malades sont plus disposés à porter des jugements sur les choses du dehors et sur les individus^ mais toujours, cependant, par rapport à eux-mêmes; ils accordent leur humeur, triste ou gaie, à un pessimisme ou à un optimisme correspondant. Eu égard au fond de persécution du délire chronique, même si c'est un délire de grandeur (lorsqu'il n'est pas question de paralytiques), la disposition des aliénés chroniques envers autrui est toujours mauvaise; leurs jugements ont, par suite, une teinte amère, satirique et ironique. L'exactitude de ceci peut se voir dans les mouvements d'esprit dont sont remplies les chroniques des asiles. Ceci ne veut pas dire que ces malades aient un esprit d'observation exacte; ils ont plutôt une tendance à voir le côté triste des choses. Ils manquent d'esprit critique, ils se font donc rarement une juste opinion des choses et des personnes. Dans ce défaut de leur esprit critique j'ai trouvé jadis (1) la preuve la plus sûre de la faiblesse mentale et du pro-
(1) Sur les signes les plus sûrs pour reconnaître la folie et ses simulations {Afiteg du Congrès de Novarre, 188f ).
cessus^de désorganisation psychique dont sont atteints les fous chroniques. Dans les formes de démences à base sénile on d*ftge critique le pessimisme est le caractère marquant et Tironie marque souvent les jugements sur autrui.
Les paralytiques sont exempts de pessimisme, et ceci en harmonie avec le sentiment de contentement dont ils sont pénétrés et selon les diverses modifications de leur sensibilité. La caractéristique de rhumeur chez les paralytiques n*est cependant pas la gaieté, mais la variabilité, comme chez les enfants; c'est pourquoi ils passent de suite et pour les causes les plus futiles, des larmes au rire, de la joie au désespoir. Ce n'est pas autrement qu'agissent ceux qui sont dans la décrépitude sénile la plus avancée. Ceci est Texpression la plus visible de l^ur retour en enfance (réversion sur la ligne individuelle). Les paralytiques ne peuvent avoir d*esprit d'aucune sorte car ce sont des déments. Les alcooliques sont à peu près comme les paralytiques. .
Tous ceux-ci, aliénés aigus, chroniques, paralytiques, manquent d'un moyen très utile à la lutte sexuelle ; leur compagnie au lieu d'être, ^u point de vue sexuel, sympathique, est répugnante, bien qu elle puisse déterminer la pitié. Mais l'amour méprise la pitié, car il est intolérant, exclusif, aveugle pour tout ce qui ne contribue pas à ses propres avantages et à ses besoins directs. C'est une fonction qui ne dévie pas d& sa route, et elle ne s'attache pas à ceux qui sont placés hors de son progrès biologique ou social.
C'est pour cela aussi que les plus favorisés dans les luttes sexuelles sont les monstrueux d*esprit; faveur qui est un autre contraste morbide, en opposition avec le mode antibiologique et antisocial avec lequel ils exercent ensuite l'amour même. Rien n*est plus séduisant que l'esprit, l'amour, le brio, la finesse, Tart du jugement qui sait, dans les moments de lutte, mettre en évidence la personne dite hystérique, bien qu'elle puisse ne pas être intelligente. C'est que, comme je l'ai dit ailleurs, lart de la séduction ne suit pas les purs, les hauts développements de l'intelligence, alors, qu'il s'exerce mieux, au contraire, à des degrés de développement intellectuel moins élevés. Ceci est toujours en harmonie avec la subordin-ition de la sphère sexuelle à la psychique. L'hystérique, ou mieux encore, la mattoide et
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rimmorale, bien qu'elle soit de sa nature maligne, piquante, fausse, bizarre, changeante, n'est rien de tout cela quand eile veut ne pas Tétre, elle parait même tout Topposé. L^âmour est imprévoyant, il se paye d'effets actuels et visibles; c'est pour cela que les fous, qui ne savent pas simuler et dissimaler, n'obtiennent pas de faveurs sexuelles.
L'homme criminel a Thumeur changeante, spécialement en rapport avec Tépilepsie dont il souffre et rien, plus que les accès épileptiques, ne détermine, avant ou après, ou comme manifestation pure et simple, un changement d*humeur (épilepsie émotive?). Le criminel est donc optimiste ou pessimiste alternativement ; il manque de caractère. C'est un observateur faussé par Tétat affectif dans lequel il se trouve ou par la direction spéciale de sa vie. Les épileptiques sont des flatteurs fanatiques ou lâches, ou des déprédateurs exagérés. Ils prennent la mouche à tout propos et sont antipathiques en société. Les immoraux sont cyniques ou sceptiques. L'homme de génie n'est pas toujours heureux dans les luttes amoureuses parce qu'il est exagéré et subjectif. Il appartient à la catégorie des nerveux et change souvent d'humeur et de caractère. Il est souvent pessimiste, justement parce qu'il est pénétrant. Dans les luttes sexuelles, il devient souvent antipathique ou ennuyeux. Léopardi peut avoir aimé, mais il ne fut pas aimé. Quelle femme donnerait son âme et ferait confident de ses propres faiblesses un Balzac?
Le maintien chez les aliénés est le révélateur le plus évident de leur anomalie et a par conséquent une action éminemment antisexuelle. Le maintien se manifeste dans l'attitude, dans la façon de se présenter, de parler, de manger, de traiter avec les personnes, etc. Je néglige d'entrer dans des détails inutiles à ce propos.
Il est plus important de relever les désordres que présentent les aliénés dans la tenue de leur corps et de leur vêtement. C'est un côté de la symptomatologie qui.n'a pas été suffisamment mis en relief par les cliniciens et qui mériterait une étude spéciale, car c'est un miroir véridique et évident du désordre d'esprit dont sont frappés les aliénés eux-mêmes. Je crois que la physionomie peut à peine avoir autant de valeur d'expression. Comme pour cette dernière, il n'est pas de meilleur moyen pour Tétude
DtGftNÉREBCBlfCIS DES MOTKMS DB LA CONQUÊTE SEXUELLE 393,».
du vêtemenL que l'art photographique ou la peinture. Celle-ci pourrait rendre de précieux services non seulement à la psychiatrie clinique, mais aussi à la psychologie sociale, à condition pourtant qu'au lieu de s'inspirer suivant sa coutume des préjugés vulgaires qui font des aliénés des choses qui nont jamais existé, elle s'inspire directement de l'observation pratique. Qui voudra regarder dans une cour où se trouvent réunis un certain nombre d'aliénés de toute forme, avec Tintention d'étudier les apparences positives de leurs modifications morales, ne trouvera pas ailleurs plus que dans Thabit, dans ses diverses conditions de qualité, de forme, d'usage, de tenue, le degré de la distance qui sépare désormais ces malheureux de la société dans laquelle ils ont vécu. Nulle part mieux 'que dans le vêtement ne se traduisent la position sociale de l'individu, son ftge, son intelligence, ses préoccupations, son métier, son degré de fortune, et sa position dans les luttes sexuelles. Puis, dans le vêtement lui-même, certaines particularités, comme le chapeau, sont des signes révélateurs distincts.
Qui a plus renoncé aux triomphes dans les luttes de l'amour, qui peut moins y aspirer que celui qui n'a plus, qui ne peut avoir soin de son corps et de son vêtement? Les aliénés, sous ce [rapport, sont parfaitement égaux ou aux enfants qui se déchirent, se salissent, négligent et oublient ce vêtement, ou aux vieillards qui n'y prêtent plus aucune attention, le salissent de tabac (1), ou le changent sans le tenir en harmonie avec l'habitude, ou aux dégradés, comme les alcooliques, qui ne sontdégoûtés d'aucune ordure, ou aux individus les plus humbles, les plus abjects qui ne se préoccupent pas de Tindécence du costume. Tous gens qui ne sentent par les besoins sexuels, ou n'ont cure de la lutte.
Le fait est plus évident chez les femmes aliénées, où le soin du vêtement est étroitement lié à la valeur de la personnalité physique et morale, où c'est le moyen le plus nécessaire à leur lutte spéciale pour l'existence, qui est, en grande partie, la lutte sexuelle elle-même. Chez les aliénées, la maladie se traduit
(I) Dans mon travail sur l'usage du tabac à priser ehet les individus normaux, aiiénis et délinquants (Nessier-Detken, 1886), j'ai démontré comment, chas les dégénérés, Tusage du tabac est fréquent et précoce.
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fidèlement dans la propreté du corps et dans le vêtement. C*est ainsi que là où la femme est déchue tellement qu*elle néglige les préoccupations sexuelles, elle néglige aussi le vêtement ; là où la folie s'exprime par une tendance exagérée et monstrueuse à la sexualité, la maladie se traduit dans l'habit. Même dans les cas de plus forte préoccupation pour la toilette personnelle, ta maladie se révèle chez la femme aliénée par un manque d'harmonie entre les parties du vêtement, en opposition aux diverses conditions de Tftge, de la position sociale, du costume, etc., par conséquent, dans un habit inconvenant, on ne trouve jamais ou bien très rarement une femme normale. Qui ne connaît les notes spéciales de la robe dans l'âge critique, où la femme songe à des amours hors de raison; et les robes de la monomaniaque d'érotisme, de la simple d'esprit, celle de la poétesse, de Tartiste. de celle qui pose pour géniale et inspirée ? Le vêtement est aussi une aiguille aimantée qui indique Tesprit sain, comme Tamour et dans cette analogie de fonction réside l'un des motifs de sa valeur comme moyen de séduction sexuelle.
Les dispositions allègres de l'esprit, aux farces^ au />«, au chani^ constituentun caractère de jeunesse et par conséquent ont une valeur sexuelle.
Ceux qui ont la pratique des fous savent combien ils aiment peu les farces (excepté les phrénasthéniques) et qu'ils recherchent plutôt les jeux sérieux et tranquilles, peu bruyants, comme les échecs, le billard, les cartes; et ceci, même, avec peu d'ardeur.
11 est assez rare qu'ils chantent (si Ton en excepte les imbéciles, les épileptiques) malgré l'oisiveté et la communauté qui semblerait devoir favoriser cette distraction.
Une société d'aliénés n'est pas du tout comme on le croit vulgairement une troupe de gens en gaieté ; c'est bien plutôt une société de souffrants, de négligents, de préoccupés, de criards. Ces derniers sont les plus rares.
Le mauvais usage de la fortune et l'incapacité civile en général sont des caractères normaux dans l'aliénation mentale. Cet argument aurait besoin de profondes et larges considérations^ à cause de son grand intérêt médico-légal. Il y a beaucoup à refaire dans cette matière, car dans la pratique on use des critériums d'une clinique psychologique insuffisante et
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superficielle qui était celle des écrivains de la première moitié de ce siècle.
Le D' Ellero a fait de la lumière à ce sujet (1). Je m'en tiens à dire ici que la mauvaise gestion des aliénés pour leur fortune leur enlève une grande partie de l'avantage dans les luttes sexuelles et dans les luttes sociales.
(I) Ellbro, La capacità civile, communication au Congrès des aliénistes italiens, Pirenze, 1896.