‹ Correspondance, 1812-1876: 1812-1876Chapitre 1 sur 62 · VI · texte numérisé non relu

VI

s CORRËSPONDAHCE DE GEORGE SIHR

pas trop, amuse-toi Tite et reviens vite. Oa ne se passe pas de toi comme ça. Lolo est devenue toute rouge à l'article de ta lettre (ehocolat), et elle a dit : « C'est Plauchut qui a écrit ga! >

Nous avons toujours même sécheresse , malgré nuages et tonnerre. Encore une semaine sans pluie et nous n'aurons plus d'eau k boire.

Je pense que tous n'avez pas souffert en roule, puisque ni Juliette ni toi ne me parlez du voynge. Le charmant père Séchan n'nura pas été fatigué, j'espère. Dis-moi où lu vas aller décidément, et arrange tout pour revenir bientôt; car j'ai dans l'idée que l'automne va se fiiire pendant l'été et qu'il Tera bon et Trais. Nous pourrions courir et tu t'ennuyerais moins. Bonsoir, mon gros enfant, nous t'adorons toujours. Amitiés des jeunes gens.

Titile, grâce à toi, a appris h dire eho-co-lat t une une grande exclamation

DCCXXXVIII

A UADAUB EDMOND ADAH, A PAUI3

Merci au bon Adam de son télégramme. Les bureaux de dépêches sont tellement encombrés de celle triste nouvelle, que la sienne œ nous est arrivée qu'a-

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CORnESPOTtDAN'CE DE CEOtlGE S\HD $

vec la poste, n'étant pas arrivée plus vile à la Châtre.

Plauchul m'écrit que Paris est rugissant d'enthousiasme. Je n'est pas la même chose en province. On est consterné; on ne prend pas le change, on voit là, nan point une question d'honneur national, mais un sit et odieux besoin d'essayer les Fusils, un jeu de princes! Les familles tremblent pour leurs enfants, et les jeunes gens ne sont pas soutenus par l'enlhousiasme de h pairie en danger.

Ciianter la Marseillaise sur l'air de l'Empire nous. paraît un sacrilège. Enfin, nous verrons bien ; mais j'augure très mal du drame qui se prépare et j'y voi:i tout le contraire d'un pas vers le progrès. Si les paysans, qui ne peuvent plus nourrir leurs bestiaux, les vendent avec profit pour l'armée, ils trouveront que c'est pour le mieux, sans songer à ce qu'ils restitueront à l'État en impôts d'argent et de sang.

Je suis très triste, et, cette fois, mon vieux patriotisme, ma passion pour le tambour ne se réveillent pas. Les républicains, qui font faute sur faute, ont poussé le gotvemement à an excès de snsceplifaiiité qui fait bien son affaire et nullement la leur. IWt le monde devient fou. Il faut en prendre son parti et avaler la décadence jusqu'h la lie. Quand la coupe sera desséchée, elle se remplira d'un vin nouveau, je n'en doute pas; je ne doute pas de l'avenir, mais le présent est fort laid, et il faut du courage pour le subir sans blasphémer.

Comme vous 6tes pea restés, cbers amisl oo s'est

à peiae vus, et nous restons avec plus de regrets que de souvenirs. Vous ne nous dites pas comment vous aveE fait le voyage et si le cher Séchan n'a pas été trop fatigué. Et Toto, la fleur déUcale, a-t-elle pu dormir en route? Nous vous embrassons tous bien tendrement. Clerh est reconoaissant de voire bon souvenir.

Écrivez-nous et revenez bientôt.

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