I. ISugina Lunben, la pcinlre in ehaU
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COftniSPOlDAXCE >E OëOROB SAHB B1
IffiFci eacers pour 1» maisop. Je ne dis pas osn, s'il y a liAu. Prte de fous autres, qous aeront naeins nalheuraui qu'ailleurs.
G. SAnp.
N()huil, dUnnchs Ï9 ianilq' IS7i
Cber ami, Quelle joie nous appsrte votre lettre ai bien détaillée, si intéressante, et qui nous rassure autant que possible sur tous ceux que nous aimons ! Nous restons pourtant inquiets de Marchai, qui œ'a écrit le 11, à la veille de la sortie dont il devait être. Je suis étonnée aussi que ni vous ni Plauchut ne m'ayez parlé de ma pauvre Martine (ma bonne) qui demeure rue Gay- Lussac dans le baut de ma maison et qui eût pu être blessée. Ht, depuis votre lelti-e, il a pu se passer tant de choses! On se rassure à peine sur ses amis; car on se demande ce qui a pu leur arriver le lendemain du jour où ils ont écrit. On est heureux de lenir et de relire cent Fois un mot de leur main, et puis l'inquiétude et la douleur recommencent. On ne dort pas, od mange à regret, on soufTre moralement, par l'imagination, tout ce qu'ils souffrent matériellement. Que
Paris nous est cher, à présent, et comme nous aimons ceux qui donnent ce grand exemple à la France t Pauvre France! quelle Tatalité pèse sur nos armiïes! Il ; a ponrlant du cœur et du dévouement en masse; mais le soldai souffre trop, et nous ne sommes pas bien conduits, il faut le croire. Je ne sais pasl Qui peut être juge des faits qu'on ne voit pas et qui ne TOUS sont transmis qu'avec une excessive réserve? Uais je crois plus juste et plus vrai de mettre la faute sur le compte de quelques hommes insuffisants, que sur celui d'une nation généreuse et brave dont la tête 6'appeile Paris et se défend avec tant d'héroïsme. Quelle sera la fin! impossible de le prévoir, et nos Ames sont dans une sorte d'angoisse...
Ah! mon Dieu, cher ami I le sous-préfet de la Châtre m'apporte la nouvelle de l'armistice! Je ne sais pas si c'est la paix; je ne sais quel avenir, quelles luttes intestines, quels nouveaux désastres nous menacent encore; mais on ne vous bombarde plus, mais on ne tue plus les enfants dans vos rues, mais le ravage et la désolation sont interrompus ; on pourra ramasser les blessés, soigner les malades 1 — C'est un répit dans la souffrance intolérable. — Je respire ; mes enfants et moi, nons nous embrassons en pleurant. Arrière la politique! arrière cet héroïsme féroce du parti de Borde.iux qui veut nous réduire au désespoir et qui cache son incapacilé sous un lyrisme fanatique et creux, vide d'entrailles. Comme on sent dans Jules Favre une autre nature, un autre cœur! Je suis en
OORRESPOHDANCE DE GEORGE f-ÂKD SB
révolte depuis trois mois contre cette théorie odieuse qu'il Taut martyriser la France pour la réveiller. Ne crojez pas cela! La France est bonne, vaillante, dévouée, généreuse. Mais vous ne vous douiez pas & Paris de la manière dont elle est administrée. — Que de choses j'aurais k vous dire! — Ah! venez, venez vite, si vous pouvez sortir de Paris. Amenez-moi mon cher Plauchut, s'il peut s'absenter, el mes Lambert; au moins la femme et l'enrant. J'imagine qu'on ne retiendra pas les femmes el les enfants. Nous sommes comme ivres d'émotion el de surprise. Nous redoutions pour Paris les derniers malheurs...
Vous euverrai-je cette lettre par Londres? c'est bien long. J'attends & demain pour savoir s'ils laisseront passer les lettres pendant l'armistice. Je ne l'espère pas.
Lundi. — Pasde nouvelles. Le numéroduifontfeur, organe de Gambetia, ne publie pas encore la dépêche d'hier. Peul-étre ne l'avait'On pas reçue au moment où le journal a paru. Hais il nous prépare, depuis quelques jours, à biftmer tout effort de conciliation. Il a un ton dépilé, et je crains une division marquée entre leGou< vernement de Paris et la Délégation, c'est-à-dire entre Jules Favre et Gambelta. Les créatures de ce dernier ont dit, sur tous les tons, que la reddition de Paris n'engagerait pas la France. Hais on a l'impudeur de nous dire que la guerre ne fait que commencer sérieusement. C'est donc pour s'amuser qu'on a fait périr, depuis trois mois, tant de pauvres enfants par
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TU CDBRESPOCIDAHCE »E GEORGE 6kVB le froid, U misère, U faùu, U n}aaqu<e i'btbUa, la campements ijnposGi))ljes, les aaaladic», le rau^ue de tout, le reciuUmeot des infirmes opéré cruelle^eid et stupiilemeal, l'ioËurie des cbers, rinupaciti des géoérauit; oui, c'élsU u» ess»i, la part du feu. Ëa Irois mois, o^ n'a rieo su ' faire que de ia dépesee iniitîle, dépeu;^ d'bomnieg et de regsources^ ûq est indigné en lissai, depuis deui jours, lee décrets <|ue l'on daigne preud'O à 1» dernière beufe, pouf liprinxer des a)>us que loifte U Fram^ si^dait avec i^dignalioD, s»Bfi que le Dictateur Rt autre elutse que de prom,eiier eu tous lieui sa parole boufSe et glacée! Ail! ce iqalheureux faufaron a Uié la République! Il la fait baïr et mépriser en Franee, et vous pouvez m'en croire, m<H qui, en maudissant les hommes ambitieux et nuls de mon parti, persiste k croire que la forme républicaine, mime la plus igalitaire, est l'uuique voie où t'bumaaité puisse eetper avec honneur ei profit.
Je ne sais si nos appréhensions se réaliseront. INous
jcpaignons la lutte Favre et Gambetla. Nous craignons
quo Favre ne vienne pas lui-même i Bordeaux. Lui
seul a assez de poids eu France pour empteher une
scission fgnesle qui, en définitive, tournerait au profil
des légilimjsles ou autres ennemis de U République ;
car vous allez voir le parti Gambetla lasulter Paris
il a insulté (put ce qui faisait obstacle à son
m. Ce parti ti'est pas la majorité, tant s'en
ais il est ïH pouvoir, il a passé tout le teni[H
CORRESPONDAIfCE D& GeoRGB SARfr If dastège à S'in9tall<er, ne montrant d'autre ptéoccapation sËrieuse que d'avoir des hommes à \a\, honnêtes ou l»ff,- peiï M impofie. Il brise cenï qa* OBeM ïvoir on avis. H pr»cède à fa manière de f Empire, et plos brufalenvent, avee sàandale. Et fa Fr^ïe a sirbi cette dictawre' »Kt mie patience Wfo!(ju«, et cite teri cdtemtiée amsl par es parti ilïcapable et owrecaf* ftmt, elle qttf 3 toiA âifrtnéi homÂies' éf «Argent,- ^ttelf? que fût Vopinion personnelle, pour défendre l'honneur Datitnt^. itst^H cette heoTe,' rien n'a servi,' tcnit a été désastre. Où donc est la raison d'être de cette dictature? A l'heure qu'il est, tout vaut mieux que sa durée.
Voilà mon sentiment. Je ne demande pas mieux que d'être injuste eé^ nie hroiwper. Je ne puis juger que par les faits accomplis; mais par quoi juger si ce n'est par le réslillat, qùaiîd ùt\ i élé témoin de tout ce qui devait l'amener?' J'ai applaudi des Jeux mains au commencement ; tous les sacrifices me paraissaient doux, j'avais l'espoir en Gambetta et la foi en la France.
Chère France 1 plus que jamais elle est grande, bonne aurtont, patiente, facile à gouvernei', et, rendons jnstice' k nos adversaires politiques, ils ont presque tous fait leur devoir. Qu'on ne vienne pas dire, pour sauver la glitire de la Délë^tiony qu'on ne pouvait pas mieux faire et que l'esprit public 3 été mauvais. Ce sera un infâme mensonge contre lequel je protesterai de tout mon pouvoir et de toute
7< CORRESPOHDAHCE DE GBORCE SAND
mon ftme, quand viendra l'heure de juger sans faire appel aux passions.
Adieu, mon ami. J'envoie ma lettre par Londres. PuisBiez-vous recevoir bienlAt ces remerciements que mon cœur vous envoie. Je crains d'abuser de la délicatesse de nos communications en vous envoyant des lettres pour nos amis de Paris, et peut-être aorons-nous la fteilité de nous écrire par une voie plus prompte.
A vous de cœur, pour moi at tous les miens,
a. SAMD.
A H. JOLIS BODCOIRAN AD COVRRISK DV GARB. A N1KB3
NoluDt, 30 jamleT 1811.
er bon ami,
s deux neveux avec leur gentil sons-lienis les avons gardés toute ane journée et la tant de ne pouvoir les garder davantage, s promettent de revenir avec leur lieute- I. Ils sont charmants et excellents, vos neont passé une vraie journée chez nous tn
famille. Peut-être, à présent, pourront-ils rester davantage puisque voilà un armistice qui nous donne l'espoir de la pais. Que Dieu le veuille et qu'on nous rende bien vite nos pauvres enfants ! Moi, j'en ai deux sous les drapeaux, les petits-fils de Polyte*.
Cher ami, prêchez la paix, appelez-la de tons vos vœux : nous faisions trop mal la guerre et nous l'anrions faite en vain, avec cette séparation de Paris et de Bordeaux, qui nous faisait deux gouvernements.
Je vous embrasse de cœur. Maurice et Lina vous chérissent. Les petites sont bien gentilles. Pauvres enfanlB ! avons-nous assez tremblé pour eux I 0. s AND.
DCCLXXXII
1 11. BDHOND PLADGHUT, A PARI9
Nous t'aimons, nous te chérissons, mon enfant, nous t'estimons cent fois plus qu'auparavant pour le courte moral qui l'a soutenu dans cette crise terrible, pour ta bonne humeur, tes bonnes lettres, ton constant souvenir. Quel brave ami tu fats, et quel inappréciable caractère ! N'aie pas de chagrin, n'en ayeï