A UAURICB-PAUL ALBERT, A PARIS
Nahwt, 16 oclobro ISIS.
Clier enrant,
Je ne voulais pas te réporiiire avant d'avoir fait ce <|ue je t'avais promis de fatce. On me répond aujourd'hui que tu es inscrit sur la liste des entrées de rOdéon. C'est-à-dire que, quand tu as une soirée ou une heure & passer au spectacle, lu peux entrer et sortir comme il le plaît. Il le suffit de te nommer au contrôle, c'est-à-dire au bureau où l'on présente les billels. Si, par suite d'erreur ou d'oubli, un des trois Mino» qui siègent sur ce trône, montrait de l'Iiésitation la première fois que tu le présenteras, il faudrait insister el rappeler que tu viens de ma pari et que lu es inscrit.
Ces entrées ne le donnent pas droilà une place désignée, mais elles te donnent droit à toutes les places qui sont libres. L'Odéon est grand el on en trouve presque toujours. Les jours de première représentation, let enlréet de faveur sont généralement suspendues. Mais, pour ma pièce, sois sûr que je n'oublierai ni toi ni ta famille.
Mous avons bien regretté de ne pas l'avoir aux va-
tl» CaAKKSPONI>lNC£ DE GEORGE SAHD cances. Nohant a élè 1res brillant et très heureux eu hôtes de premier choix. Espérons que tu pourras nous donner d'autres vacances. Nous réclamerons notre dû. Tout le monde ici va bien et t'embrasse tendrement. Edme m'a promis dix fois de l'écrire. 11 est donc bien paresseux? Rappelle-nous au bon souvenir de tes parenis. Travaille toujours bien. Je t'embrasse de tout mon cœur comme je t'aime.
Ta marraine, 0. SAKD.
CMIII
i U. HBNRI AUIC, A PARIS
Oui, j'ai lu votre lettre, monsieur, et je l'ai trouvée bonne et vraie. Je vous eo remercie donc, et, malgré une main encore malade, je veux y répondre. Vous me posez une question toute rés(4ue dans mon expérience; restez pur et mariez-vous jeune, avec une femme que v(His aimerez; vous aurez de beaui «ifants sains et viables, c'est le but de la vie. La moitié de ces chers êtres languit ou périt par la faute du père l
Et si, du fait physique, nous passons au fait moral, quelle richesse accumulée dans l'âme qui a su attendre et se gouverner 1 quelle santé, quelle forcée quelle
COttRESPONfiANCË DE CKORCE SAflfi iii
psissano« diBfs cette ime^làl piu3saiice< Iransmissïble coTiHn»' l'acre, Riàédâssee aHxiprogrès qu'«ût fiiti l'espèce, k quels désastres elle eût écba|i|M, sans l'iotervention en vice, gai a toé tautes - les énergies de pèfB «n ùh «t de mère en ftlle.
Sftjeadonc dn petit nombre des hommes qui veM lent remonter l'écbella descendue par les autres, DMabFe'infiniramt'ptttil, mais à. qui l'arenir appurliinl, tandis ^e lout le reste est condamné.
Adieu, mensieort Af ea la vtrfsmté de faire remonter hsubsUmee, esprit et matière, vers sa plus baide etsa plus nécessaire ex[H<ession, qui est ce qae nons' appelons Dieu.
À vous de CŒiir.
\ Vm SCIPION DU ROURR, A BAHBBGAL, PKÊB ARLES
Cher bon ami, nous sommes restés tout charmés de voDs avoir revu et ne regrettons que le trop peu. Hais est-ce que cela ne vous fait pas aussi l'effet d'être tiorti de ce monde pendant deux jours et d'avoir fait une pointedans un autre, le moade du passé ? On est.
30O CORRESPONDANCE DE GEORCE SAND •{uand on s'est longtemps quitté, comme des morts qui se retrouvent et s'entretiennent d'autrefois, comme d'une autre planète.
Enfin, vous êtes «nivé ches vous k bon port; vous y êtes aimé, il n'en peut être autrement ; donc, tous êtes heureux et, pour vous comme pour moi, la vieillesse est un avant-goût des Champs Ëlyséens.
Mes petites-rilles sont lîëres de vous avoir plii. Ha chère Lina est reconnaissante de votre sympathie, et mon vieux Maurice vous aime toujours. Moi, je n'ai {las besoin de vous le dire et je me joins à lui pour vous embrasser de tout mon cœur.