‹ Correspondance, 1812-1876: 1812-1876Chapitre 6 sur 62 · A UADAHB EDMOND ADAH, A PARIS · texte numérisé non relu

A UADAHB EDMOND ADAH, A PARIS

flgbDi. IS seplcmbr* 1810-

Recevrez-vous encore ceci? Je ne saisi Vous avez été embrasser votre fille. Nous sommes inqniets pour les nAtres. La variole charbonneuse qui s'est déclarée dans le village ajoute un tourment personnel à tous ceux qui nous serrent le cœur. N»as allons peut-ëire denuiu nous réfugier dans un autre coin du Berry, Lina ou moi avec les deux enfants. L'une de nous restera près de Maurice, qui sera occupé par l'organisalion des gardes nationales. Vousétes généreusement exaltée par un péril prochain et défini. Nous sommes tristes, dans une attente mortelle, mais point abattus. Achaque jour sa peine et sa crainte. Nous nous arrangerons pour être toujours debout et vivants par la volonté. Nous vous embrassons tendrement.

fi. SAND.

CORBESPOKDIHCB DE C£OaGE SAHB 3â

DCCLXII

A U. iULKS BOUCOiaAM, * XlMEl

Bmiiuc, 3 octobra I8T0.

Cber ami,

Nous avons été obligés de fuir Nobant, rav^ par une épidémie de variole puerpérale. Nous sommes à Boussac, chez de bons amis. Mais le (léau se prolonge chez nous, les froids approchent; je suis souffrante pour mon compte, et nons songeons à passer l'hiver dans un climat plus cbattd; car, dans tout notre centre, il n'y a pas une habitation confortable à louer. Dites-nous si, chez vous, il n'j a pas de petite vérole ou d'autre contagion sérieuse, et, dans quelques jours, nous prendrons la roule de Ntmes. Nous descendrions à l'aabeEgs etnooabiterions l'éUbliiBcmant à ^r«vBoit dans la ville, snt à JHoatpellier, on ailkim. Voue nous dflQHtrtÉi «mk^Is ett reaseieaeneBti. La tranqviljkilé et 1> aétxabà, nooe ne ies IrwnenHis mille partcc Fnane par le letops qninurt; nuis, puisqu'un fléa« puticalier joiat k tant d'autres nous extk, fufiMus au mante la cmtagion bntfale d«nt rien* ne préserve et ii| y B iMAona-notta du aoldl. 11 est encore tiés clund: ki^ mais il gèle U Boit, et Lse Jubitatiens

m CORRESPOHDAHCE DE GEOItCE SAND

devieanent très contraires h taon étal de dérangement perpétuel.

Un mol de réponse vite, chez H. Maulmond, souspréret, à Boussac. J'imagine que vos communications avecClermont, Brioude, etc., ne sont pas interrompues.

Tout mon cher monde vous embrasse.

Ne pas oublier te nom de l'auberge où il faut descendre et où il ; aura le moins de moustiques possible.

A UADAHB SIHONNBT, A LA CHATRB BoHue, G Mtolire 1B70.

Ma chère enfant, Nous voiU décidés à passer l'hiver à la Gh&tre, nous pensions aller dans le Midi ; mais Maurice nous y aurait conduites pour revenir et nous ne voulons pas le quitter. Il faut que lu nous loges dans ton étage loué à Pestel. Nous te le louons & sa place et nous le meublerons, nous payerons ce que doit Pestel pour le reste de l'année, et ce que lu le louerais ensuite ji d'autres. Nous nous arrangerons des trois chambres du haut et nous ferons notre pot-bouille ensemble, & frais com-

D,mi,.=db,Gooylc

gobrespondàhce de CBORCB SAND 17 mans ; nous serons moins tristes en famille que de vivre loin les ans des autres, el Maurice sera à portée de faire son devoir si on a besoin de lui dans les circonstances où nous nous trouvons.

Je t'envoie ma lettre pour Peslel, prends-en connaissance el fais-la-lui remettre tout de suite en demandant la réponse, qne ta m'enverrais avec la tienne; car Je n'établis tout cela qu'à la condition de t'étre agréable.

Je t'embrasse tendrement.

A ODSTATE FLADDERT, A CROlfiSET

Nous sommes vivants à la Chitre. Nohant est ravagé par une variole compliquée, affrense. Nous avons dû emmener nos petites dans la Creuse, cbez des amis qiii sont venus nous chercher, et nous ; avons passé trois semaines, cherchant en vain un gite possible pour une famille durant un trimestre. On nous a appelés dans le Midi et offert l'hospitalité ; mais nous n'avons pas voulu quitter le pays, oii, d'un jour à l'autre, on peut se rendre utile, bien qu'on ne sache guère encore par quel bout s'y prendre. ,;

SB C0ft»ESPONDÂ)>ICE fiE GEOBGE fiilID

Nous atmmes donc revenus chez les plus proches de notre fofer ^>andonné, et nous attendons les éré- «eaienls. Dire tout ce qu'il y a de périlleux et de troublé dans l'établissement delà R^ublique au fond ■de nos proviaces serait bien inutile. Il a'j a pas d'illusiODS i se faire : on joue le tout pour le tout, et la ^n sera peut-être Varléauùme. Mais nous sommes 4ellein6Dt poussés dans l'imprévu, qu'il nie semble puéril d'avoir des prévisions-, l'afTaire est d'échapper au plus prochain désastre.

Ne disons pas que c'est impossible, ne le croyons pas. Ne désespérons pas de la France. Elle subit une expiation de sa démence, elle renaîtra, quoi qu'il arrive. Nous serons peut-être emportés, nous autres. Mourir d'une fluxion de poitrine ou d'une balle, c'est toujours mourir. Mourons sans maudire notre race! Nous t'aimons toujours, et tous nous t'embrassons.

DCCI-XV

A H. JULES BOnCOIRAN, A HIHES

Il Cbltre, n otbAra IBTO.

Cher bon ami, ^près avoir couru la Creuse, nous sommes revema •4 la Châtre poor «pielquee jouis, flous j sommes iaslallés chez les Duveroel. lUiirice ■'« pu cm devMr

edKBESPOKOiKCe DE GEORGE SAVD 38 l'^loignw du payi sans «avoir s'il pourrait y rendra quel<{ues eervices k U diéfease, Jutqu'jci, nous oe v(^0D8 pu d'organisalivi) déci4ée, pa« mËiae pour le vot«, qui M trouve (adéfinimeat r^ms. U tmt sttradn 1h évtmmeoii. Nous avons dune ajourné nos projets de voyage, espérant toujours qu'après U crise nous pouiT^jis »U«r passer de votre cAté, à Honlpellier probablement, une partie de l'hiver.

Merci pour vos bons renseignements.

Nous vous embrassons de cœur.

BCCLXYÏ

A a. CHARLES PONCV, A TOULOIf

UOatM, Il MtobnlVO.

Merci, cher enfant, merci de cœur. Nous disons non, quant à présent. Nous sommes revenus de H Creuse pour que Maurice puisse voter. Mais on ne vote pas. Il se tient donc h la disposition de ses concitoyens penr ce qu'il y aurait à faire, et, comme il ne nous eût conduites dans le Midi que pour revenir ici, nous aimons beaucoup mieux ne pas noos séparer.

La variole sévit toujours jt Nohant. On nous a donné une bonne hospitalité ici, où nous sommes à portée dé chez nous. Si la crise affreuse que nous traversons

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aboutit k un résnltat passable et qu'un peu de calme renaisse, nous irons Gnir l'hiver dans le Midi, soit de voire c6té, soit vers Pau, et, dans tous les cas, j'espère que nous nous embrasserons. Sans adieu donc, et à vous de tout noire coeur, bien triste, mais toujours bien k vous.

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