‹ Correspondance, 1812-1876: 1812-1876Chapitre 9 sur 62 · Q, SARD · texte numérisé non relu

Q, SARD

A H. BDIIB SIUOKNBt, A NBVIR8

Nahanl. 11 Jauvitr ISll.

Mous avons reçu la lettre de bonne arrivée; nous l'embrassons tons bien tendrement et nous sommes irapalienls d'avoir des nouvelles plus récentes. Le général Vei^ne m'a écrit (outre les télégrammes) qu'il espérait bien de toi, qu'il le fallait apprendre à penser et à agir en même temps. Cela répond sans doute à ce que tu me disais : J'ai la tête à l'envers. Je pense bien qu'il y a de quoi, au sortir d'une vie si calme, si morne. Mais tu prendras le dessus et j'espère qu'à présent tu vois clair dans tes occupations.

Anras-lu trouvé à manger et i te nicher dans

Nevera? Veas ne éent fas eatafir par ee' t«ni^ affreux. NfttH avem ici an ped et iteqie et/ la siftt^ on grelotte dans atm- lit.

Qu'est-ce iftte ce «teit être !...

Ënlin', je ne veiK pas fattemlTir surtof-mène^pn»' que ta eif fais bM» mMckè et qa* ta -mn bmt sinilA-ir peur tetle^ff».

Nous recevmw bten pe» de iMniveHes' icî, ifiietqaefois pas du tout. Ce qui nous arrive semble prouivr que la résietance est tenace el Taillante, et qu'avec de l'énergie el de l'kéroitme, car il en faut, nous sauverons notre chère France. Écris-nous quelques détails sur toi, dès que tu pourras. Nous en avons faim. Je ne sais pas si René eât' revenu de Revers. Je pense que non; car il nous aurait apporté de tes nouvelles.

Nous t'etnKrassoile éHcorr.-

Ta tante,

DGCLXÏV»

A k. GKARLBS POHGÏ, A. TOULOH

Nobtot, n j*iivier I8II.

Maurice rae- cbarge de vous remercier de vo» vers qu'il trouve dnnnant»v et je tout l'emweie de- ceu» <^ vous m'adressez et qui amt réeHentMit trèsbeaux.

Je voudrais être poète ; car, à l'heure qu'il est, la prose De mérite pas d'être écrite. Elle est trop raisonneuse et elle retombe toujoi^ 4a^s la plate réalité. Aussi, je n'ai le cœur à rien et je vis de chagrin et d'elTroi.

Pauvre Paris I C'était la moitié d^ P>otf ikçie. Ces! là que je jouissais de la civilisation avec quelques amis, qai l'appréciaient en la critiquant. C'est là que l'imagination se remontait dans une vie de liberté indiriiaelle «t àa riasU eKciUtiea qu'an ne trouvait fiuile fait aiJUan dans le ffi«nde.

Vous B*»*! pas c«nna Paris. (1 bat en être, il but ; avoir vécu d'osé jc«rt«a6 manière peur se rendre compte du charme dearelatieps avecteatea les ctaeses de ia société. Je n'aimais pas à f rester longtemps : le climat m'ét«it tout à &it contraire, et je ne sais pas vivre séparée de la nature et piivée de recueillement.

Uajs, dans ces dernières années, j'y ai passé des semaines que riefl ne peu! remplacer. Tous mes chers amis Beat sur ia brèche, héroiiques ! Les retrouveraije tous? M'en restera-t-il un seul? Hou petit apparteeaeat, si propre et si frais, est au centre de la mitraille. V reiitrarai-je jamais? Peu m'importe, si mes amis «ont épargnés et si l'honneur triomphe.

Abl qae l'on souffre, et que les jours paraissent leiidsl

Moas vous embrassons tous bien tendrement, mes durs eafaats. Paissiei-vous dire vrai dans vos vers

CORRESPONDANCE DE GEORCE SADD

DCCLXXVIII

4 H. JULES BOrCOinlN, A NIMES NobiRt, 17 jaiiiier IBIl.

Cher bon ami, merci du bon souvenir. Nous sommes tout attendris d'être le sujet de vos préoccupations et de vos rêves. Jusqu'à présent, nous jouissons d'une tranquillité matérielle qui rend, je crois, plus douloureux le sentiment de ce que souffrent les autres.

El ce brave Paris, qui est bombardé àtonte heure, et qui lutte contre les horreurs de la guerre ! quelle époque ! quelle agonie ! On se demande Ei la France est assez bien dirigée pour faire tout ce qu'elle peut I Je crois encore à sa vilalité, i. son héroïsme ; mais il faudrait de l'unilé dans l'elTorl et nous ne sommes pas sûrs qu'il j on ail.

Nous ne voyons, il est vrai, que le détail. Peut-être ya-l'il lieu d'espérer beaucoup encore. Mai3,d'ou nous sommes, tout parait noir. Nous songeons toujours i nous en aller en cas d'invasion, sans savoir où nous irons, puisque, de tous cêtés, la variole pernicieuse envahit le Midi. Ici, elle a fait son ravage; mais les fléaux se succèdent sans relâche. A présent, c'est la peste bovine qui nous entoure et nous menace. Nous sommes arrivés 1 la pauvreté, nous avons à attendre

CORRESPONDANCE DE GEORGK SAKD K

la famine. Couraget c'est la seule ressource; car, en nous rendant, nous serions encore plus perdus. Aimons-nous jusqu'à la dernière heure. Le ciel entendra peut-être te cri de nos cœurs.

Maurice, Lina, les enrants se joignent à mot pour embrasser votre femme et vous, et le troisième aussi. Quel âge a-t-il? et comment g'appelle-t-îl?

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