‹ CorrespondanceChapitre 1 sur 112 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Le temps n'a rien ôté à M. de Vigny, tout en lui apportant les choses nouvelles qui embaument en nous les choses mortes et qui nous consolent de leur perte ».

BARBEY d'à U R E V I L L Y .

« Il faut toujours du temps et passer par plus d'un degré pour embrasser et comprendre l'ensemble d'un grand homme. » C'est ainsi que Sainte-Beuve, ce puissant analyste d'œuvres et d'hommes, résumait son expérience. Comprendre un être, n'est-ce pas en avoir la pleine intelligence, n'est-ce pas chercher, jusque « dans ses entrailles, le germe de ses productions » et expliquer l'œuvre par l'homme ? On n'y arrive que par degrés et l'un des plus importants ne sauraitètrefranchi tant que le biographe, soucieux de vérité, ne peut recourir à la correspondance de celui qu'il veut étudier.

A ce point de vue, la publication même partielle de la correspondance d'Alfred de Vigny offrira un intérêt tout particulier, car s'il est exact « qu'aucun de ses poèmes n'a dit toute son âme », il est non moins vrai que le poète a livré un peu de lui-même dans chacune de ses lettres.

Les lire, c'est se convaincre qu'il les a écrites, comme il écrivit toute son œuvre, au milieu de ce « cercle magique »,

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