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CORRESPONDANCE D ALFREO DE VIGNY. 37'.l
conçu les beaux tableaux de Cléopâtre (si souvent unité depuis), de Manon Lescaut et à\histerlitz, et qui pourtant voulut bien se résigner à faire mon humble portrait ^ C'est lui qu'il faut admirer et aimer, Madame, non par instinct, mais par choix, et avec une prédilection réfléchie.
Que voulez-vous? Je crois autant que Gœthe même aux affinités électives. Il y a des âmes auxquelles il me semble que je suis uni par des liens invisibles. La vôtre et celle de IMadame votre fille sont des premières, et ce petit chef-d'œuvre voilé m'a paru vous appartenir de tout droit.
Pourquoi suis-je, depuis plusieurs semaines, accablé de tant d'insomnies, de souffrances inexprimables, et d'une telle faiblesse que l'on me transporte d'une chambre à l'autre comme un invalide? J'irais vous remercier de votre gracieux billet. Madame, et vous dire le jour où, comme vous l'avez bien voulu faire une fois, vous pourriez m'apporter encore, pour quelques instants, votre loyale et spirituelle conversation. J'espérais, chaque matin, que ce jour-là était venu. Mais j'ai été désabusé jusqu'ici par la journée et tous ses supplices.
Dans quelques jours ^ j'espère pouvoir vous dire que votre promesse m'est bien précieuse, et que son accomplissement aura pour moi un double charme, venu par Madame votre fille. Et si je parviens à en être assuré, je