FIN
PREMIÈRE LETTRE l'ARISIENNE * MOEURS ET BEAUX-ARTS
Le caractère du moment actuel est la stupeur... Je vis, un jour, un dogue furieux briser son collier et s'élancer sur deux enfants tout effrayés, je les crus perdus ; mais, une fois libre, il resta stupéfait et, après avoir tourné sur luimême, il se coucha. Il ne savait plus que faire, n'ayant plus rien à briser. Sa chaîne lui manquait. La nation est toute pareille à ce terrible dogue, je veux dire pour ce momeni où nous sommes, et je laisse aux autres à parler de l'avenir, ne voulant que constater les dispositions publiques à l'heure présente.
Ne croyez pas que cette révolution ait produit, comme beaucoup s'y attendaient, des haines ouvertes, des querelles violentes, des duels acharnés, des attaques d'homme à homme. Rien de cela. Ce n'est plus le temps des Montluc, des des Adrets et des d'Aubigné. Les salons, comme les cafés, renferment les paisibles ennemis de chaque classe. On s'ob-