IV INTRODUCTION
en lui-même l'édifice immual>le de ses idées philosophiques, théologiques et théosophiques ; qu'il a étudié à fond toutes les doctrines et les théodicées antiques et modernes et que. s'il veut bien ne pas les exprimer et les développer dans des livres, ni même dans des conversations passagères, c'est parce qu'il ménage la faiblesse égoïste de pauvres âmes qui s'appuient encore sur des pratiques païennes et qui n'ont pas l'abondance de bonté qui devrait leur suffire pour faire le bien sans réclamer une récompense, y niettre un prix et fixer des conditions comme par un acte de notaire ».
N'est-il pas permis de se demander si ce ne serait pas par excès de bonté,. pour ménager ces « pauvres âmes », que Vigny faillit presque à l'Idée contemporaine en temporisant, en ajournant sans cesse de publier ses œuvres nouvelles ? Espérons qu'il nous répondra lui-même un jour, soit par quelques-unes de ses trop nombreuses lettres restées en souffrance, soit encore par la publication de ses manuscrits.
Ce premier volume de correspondance comprend des lettres déjà publiées dans divers ouvrages, dans divers journaux ou revues: lettres à la vicomtesse du Plessis, publiées par M. Brunetière ; à Busoni, par M. Henri Lapauze; au docteur Montalcmbert et au père Gratry, par M. le docteur Cabanes; à Eusèbe Castaigne, par son fils, M. Émile-Joseph Castaigne ; à Marie Dorval et à F. Bungener, par M. Léon Séché; à M. et à Madame Jules de Saint-Maur, par M. Paul Lafoud ; lettres publiées par MM. Edmond Biré, Fernand Bournon, Etienne Charavay, Jules Claretie, Jules Coiiet, Ernest Dupuy, Henri Jouin, Adolphe JuUien, Georges Lachaud, Léo-Hippolyte Lucas, Louis Ratisbonne, Louis-Xavier de Ricard, le vicomte de Savigny de Moncorps, Maurice Souriau, le vicomte de Spoeîlierch de Lovenjoul, et une trentaine île lettres inédiles.
Bien nombreux sont les admirateurs du poète qui ont apporté leur précieux concours à cette publication. Grâce à