‹ CorrespondanceChapitre 110 sur 223 · A M. DE THIER · texte numérisé non relu

A M. DE THIER

Paris, 7 novembre ^867.

Monsieur,

Vous avez eu bien raison de penser que rien ne pouvait m'être plus agréable ni plus flatteur que de lire le compte rendu de cette solennité qui me rappelle de vieux et toujours précieux souvenirs, et dans laquelle mon nom a reçu un public témoignage d'estime, en présence d'anciens collègues et de la part d'un des hommes les plus justement considérés de la Belgique. Et comment pourrais-je oublier mon séjour à Liège? C'est dans cette année d'université que je me suis recueilli pour ce qu'on a bien voulu appeler depuis ma seconde carrière critique ; c'est là que, dans une retraite indépendante, j'ai acquis plus de force pour critiquer et juger; c'est là que j'ai essayé sous forme orale et devant mes auditeurs du lundi, ce cours de littérature que j'ai continué ailleurs en articles de journaux. Pourquoi ne suis-je resté qu'une année? Il serait trop long, monsieur, de vous le dire par lettre. Mon désir sincère eût été de vivre parmi vous plus longtemps. Ce qui est certain, c'est que, dans les motifs qui m'ont déterminé à me délier plus tôt que je n'avais cru, il n'en était aucun qui vînt de Liège même ni de l'Université, où je n'avais reçu que bon accueil, témoignages obligeants et où j'avais déjà noué des relations ïion-seulement d'estime mais d'affection.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE.' m

Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de mes sentiments très-obligés et distingués.

P. -S. — J'aurai l'honneur de remercier directement M. Forgeur.

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