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A M, FORGEUR, SÉNATEUR DE BELGIQUE

Paris, 9 novembre I8f>7.

Monsieur,

C'est avec un profond sentiment de reconnaissance que je rencontre mon nom si honorablement mentionné et proclamé par vous dans votre généreux discours à l'Université de Liège. Ce témoignage public venant d'un homme aussi hautement considéré que vous, monsieur, est une récompense qui compte dans ma vie. Vous l'avouerai-je? il m'avait été quelquefois pénible de me voir si complètement omis et passé sous silence pour cette année laborieuse de Liège, où je ne croyais pas avoir démérité. Les circonstances qui m'avaient ramené en France avant l'époque que j'avais prévue et que mes patrons d'alors parmi vous auraient désirée sans doute, étaient d'une nature toute particulière et qui n'affectait en rien ma reconnaissance pour la Belgique, pour l'Université notamment, et pour les excellents collègues qui m'avaient si bien accueilli. Ce que je puis vous dire, monsieur, c'est que cette saison d'étude et de

retraite a été bien fructueuse pour moi, et par le recueillement que j'y ai trouvé en une année partout ailleurs si orageuse, et par les idées littéraires de seconde maturité que j'y ai amassées, et aussi par l'intelligence que j'ai pu y prendre des conditions qui font un pays vraiment libre, et sage et solide dans sa liberté.

Yeuillez donc être le bien remercié, monsieur, pour avoir consacré ce souvenir de mon trop court passage par une de ces paroles qui restent, et agréer ici l'assurance de ma haute considération et de mon dévouement.

CDLXX.

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