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A UN ÉDITEUR

Ce 10 mars 1808.

Toutes ces choses ne sont que pour la forme. Buloz a reçu de M. Albert de Broglie une lettre dans le même sens, j Je joins ici une lettre que moi-même j'ai écrite à Buloz et dont copie a été délivrée aux de Broglie. A moi directement il n'a été rien dit ni écrit. C'est une prétention de cette famille, prétention née originairement chez madame de Broglie de la crainte de voir paraître des lettres d'amour et de passion de sa mère. Elle a ainsi détruit les lettres d'elle i à Benjamin Constant... Je suis persuadé que madame de Staël n'a rien ordonné. La défense a été imaginée après coup. Il me semble que M. de sans entrer dans la discussion du droit, sans le nier ni sans l'admettre, n'a qu'à se retrancher, comme je l'ai fait, dans ce qu'il y a de naturel, d'honorable pour tout le monde, et de parfaitement simple dans ce qu'il a fait. Comme il n'a plus rieri d'ailleurs à publier de madame de Staël, on n'a qu'à être tranquille. Les tribunaux sont de mauvais juges en ces matières, et on a beau jeu sur le mur de la vie privée. C'est un beau thème à l'avocat général. Pour nous, faisons entrer nos troupes dans la place une à une, soldat à soldat, sans tambour ni trompette.

L'article, d'ailleurs, a réussi dans le monde même des

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

de Broglie. Rémusat, qui avait épousé en premières noces une fille d'Augustin Perier, est. venu dimanche me témoigner toute sa satisfaction. . .

. . .11 est à remarquer qu'il y a cinquante et un ans que madame de Staël estmorte, terme auquel sont limitées toutes les prétentions de propriété littéraire; mais le mieux est de ne pas s'aventurer sur le terrain de la légalité et de rester dans le sens commun et le droit commun.

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