DXXXIV
A M. TROPLONG
Ce 7 mai 1868.
Monsieur et cher président,
Pardon! c'est encore moi. Je crains bien, si je ne parle aujourd'hui, qu'on n'en vienne à la clôture. Laissez-moi insister encore : hier, le général de la Rue me faisait part de quelques appréhensions dont il n'était, m'a-t-il semblé, que le messager : je ne crois réellement pas qu'il y ait lieu à aucune crainte d'opposition trop vive pour ce discours^ : je parle d'après tout ce que j'ai entendu des autres orateurs qui n'ont pas été eux-mêmes sans soulever des contradictions. Mon discours, débité un peu vite, ne durera guère qu'une demi-heure. Il me serait tout à fait égal de n'avoir la parole que tout à la fin de la séance, et fût-il déjà cinq heures passées. Il y a encore trois orateurs, si je sais bien mon compte, à parler avant moi : avec le développement que s'accordent quelques-uns des discoureurs, il semble qu'il y en ait pour plus d'une séance. Si l'on venait à demander la clôture avant mon tour, je demanderais à dire quelques mots contre la clôture ; mais, comme, en pareil cas, l'opinion
1. Le discours sur la loi de la presse. — Sainte-Beuve avait raison de prendre des précautions, car ce discours, prononcé le même jour, fut accueilli tout le temps par des murmures, — conséquence de la légende qui circulait alors sur le diner du vendredi saint.
d'un président tel que vous, cher monsieur, est pour beaucoup dans les solutions d'une assemblée, surtout quand une discussion comme celle-ci est à son terme, j'ai cru devoir, une fois de plus, venir invoquer et importuner votre bienveillance.
Veuillez agréer, je vous prie, monsieur et cher président, l'hommage de mon respect et vous épargner la peine d'une réponse.