DXXXIII
A M. ERNEST d'hERVILLY.
Ce 5 mai 1868.
Monsieur,
J'aurais bien du regret si j'étais pour quelque chose dans ce refus d'autorisation. Je ne suis pas assez sot pour ne pas sentir un ami sous cette gaie licence rabelaisienne où s'est joué un rigoureux crayon Votre notice aurait d'ailleurs achevé, s'il en avait été besoin, de me marquer l'intention bienveillante de tout le numéro. Dans cette notice, j'ai été surtout très-touché, et à l'endroit chatouilleux, de l'attention accordée par vous au poëte, au romancier d'autrefois, à ces parties moins en vue, un peu oubliées et auxquelles l'amour -propre de l'auteur tient d'autant plus chèrement. Mais vous-même vous êtes poëte, et voilà le secret de cette pénétration sous-cutanée et de cette sympathie.
Veuillez agréer l'assurance de mes sentiments dévoués.
1. La vente d'un numéro de l' Éclipse avait été interdite, à cause d'une caricature allégorique de Gill, relative au dîner du vendredi saint,
DE C.-A. SAINTE-BEUVE