DXLIII
Ce 22 mai 1868.
Cher monsieur,
Je lis de vous un bien bon article ce matin^. Je vous en remercie en ce qui me concerne. Il y a un point surtout qui m'importe et que vous avez bien marqué. Plusieurs personnes, même de mes amis, m'ont reproché d'avoir voté pour Vordre du jour et de n'avoir pas fait appel à la liberté d'enseignement. Mais cette pétition est une machine de guerre : c'est un brûlot contre M. Duruy. Convient-il, par égard pour une abstraction, de voter illico contre M. Duruy, et de donner dans le panneau tendu par les adversaires? J'ai peine à comprendre cette naïveté ou ce rigorisme de principes de plusieurs de nos amis. M. le cardinal de Bonnechose a, d'ailleurs, parfaitement défini la hberté réclamée par les catholiques : une Université exprès pour eux, et la surveillance de notre Université à nous au nom de leurs prétendus principes de morale sociale. Quant à MM. les libres penseurs, ils seraient bien bons de croire qu'on leur laissât la liberté d'un enseignement tout à fait à leur gré et avec l'extension qui les mettrait sur un pied d'égalité. Vous dites très- vrai : le jour où le clergé ne touchera plus