‹ CorrespondanceChapitre 181 sur 223 · DLX · texte numérisé non relu

DLX

A M. JULES CLARETIE

Ce 21 juillet 1868.

Mon cher ami,

Je reçois la Libre Parole. J'y lis avec bien de l'intérêt plus d'un morceau de vous que je ne connaissais pas et où votre critique fait acte de vigueur et d'agrandissement. Je m'y retrouve moi-même dans le plus agréable portrait, augmenté et je puis dire encore embelli. Ceci est l'affaire de votre amitié. Je ne doute pas que ce volume varié et si vif n'achève de vous étabhr parmi les juges comme parmi les combattants.

Tout à vous.

DLXl.

A M* R. CHANTELÂUZE*

Ce 29 juillet 1868.

Mon cher ami.

L'autre matin, vers midi et demi, j'étais dans cette iieure de demi-somnolence et de digestion laborieuse qui suit le déjeuner (j'ai transporté mon principal repas à cette heure), lorsqu'on nl'a annoncé M. de Gravillon. On l'a fuit immé-

E C.-A. SAINTE-BEUVE

diatement monter, et l'accoutrement dans lequel j'étais a dû lui montrer que je le traitais d'emblée en ami et en intime. Nous avons causé très-cordialement. 11 a refusé d'emporter le paquet de lettres complémentaire. Je lui ai dit mes projets de légères corrections pour la réimpression ; mais je l'ai engagé lui-même à faire tout un volume sur son aïeul ; il y recueillerait les pièces devenues rares ou introuvables, il y imprimerait quelques-unes de celles qui sont restées manuscrites. 11 ne craindrait pas de s'étendre sur la vie politique et de revenir même sur les dissentiments lyonnais que les panégyristes de Camille ont cru devoir étouffer au lendemain de sa mort : eafin, il ferait œuvre pieuse de petit-fils et un volume très-digne d'être mis à côté de ceux de Royer-Gollard par Barante. Ce serait une œuvre historique. — Nous nous sommes quittés cordialement. J'étais et je suis dans un état de souffrance locale qui ne m'aurait pas permis de l'avoir à dîner, même s'il était resté un ou deux jours de plus. Serai-je donc toujours ainsi?

Nous avons parlé de vous. — Soignez-vous, passez à Retz et entrez dans la Fronde, flamberge au vent. Tout à vous,

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