‹ CorrespondanceChapitre 186 sur 223 · A M. E. DE MONTLAUR · texte numérisé non relu

A M. E. DE MONTLAUR

Paris, ce 4 septembre 1868.

Cher monsieur,

J'ai été bien contrarié l'autre jour, en m'éveillant, de savoir que vous étiez venu et qu'on ne me l'avait pas dit. Ma sieste eût fini un peu plus tôt et très-agréablement. Vous avez été toujours pour moi le correspondant le plus aimable l'amateur de poésie (poète lui-même) tel que les poètes de profession peuvent le plus en désirer de sembla-

1. V'oir, dans le tome I, la lettré à M. de Montlaiir (page 126, année 1844).

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

bles à titre d'alliés et de C(3iTespondaiits libres. La vie pratique avec ses sévérités, ses peines, ses douleurs et ses occupations, ne saurait effacer ces impressions de la poésie première dans les âmes délicates: elle ne fait que les enfoncer plus avant elles mieux graver.

Veuillez agréer, cher monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus distingués et dévoués.

DLXVI.

A MADAME ÉLISE OLIVIER

Ce 7 septembre 1868.

Madame,

J'ai bien des excuses à vous faire et je n'y avais pas mis tant d'intention. En rendant à la personne qui se présentait de votre part le cahier de Pensées que votre confiance m'avait permis de lire, je n'ai cru faire que ce que vous désiriez. L'état de ma santé, qui ne me permet guèl-e d'être sur d'une heure à l'avance, fait que je me prive volontiers des visites autres que celles de mes amis particuliers. Je ne puis qu'être honoré du sentiment de curiosité affectueuse que vous exprimez à mon égard. Si un dimanche, vers quatre heures, vous vous sentez libre et assez courageuse pour entreprendre ce long voyage i, je ne pourrai qu'être très-flatté, madame, d'avoir l'occasion de vous réitérer de vive voix l'expression de mon respectueux hommage.

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