De la rue du Rocher à la rno du Mont-Parnasse
DLXYII.
A M. R. CHAN TELAUZE .
Ce 8 septembre 1868.
Je réponds à la question.
Je crois que c'est à l'Académie des Inscriptions qu'il faut adresser votre ouvrage. 11 me semble que les formalités seraient remplies si, adressant l'ouvrage à l'Académie en la personne de son secrétaire perpétuel, M. Guigniaut, vous preniez soin d'adresser à M. Guigniaut une lettre dans laquelle vous exposeriez avec précision votre cas d'Histoire érudite et littéraire, soumettant le livre au jugement de l'Académie et aspirant, si elle l'en trouve digne, à l'un des encouragements dont elle dispose. Yous pourriez ajouter que c'est sur mon conseil que vous faites cela; M. Guigniaut est un de mes amis»
En hâte et tout à vous.
DLXVIII.
AU MÊME
Ce 18 septembre 1868.
Mon cher ami,
Aussitôt votre lettre et votre préface reçues, j'ai écrit moimême un petit mot à M. Guigniaut, pour lui dire que j'avais
DE C.-A. SAIN'lE-liEUVE.
suggéré voire démarche. Je ne sais quels sont les usages des secrétaires perpétuels, naturellement fort circonspects, mais nous aurons très-probablement, vous et moi, un mot de réponse qui vous fixera sur le genre de concours et d'examen auquel sera admis l'ouvrage si important.
Je ne me doutais pas de mon spinozisuje; vous m'avez lait relire ma page ^; mais savez-vous que le spinozisme est quelque |chose de beaucoup trop beau pour moi et de beaucoup trop artificiellement compliqué? J'ai habituellement de l'homme de moins grandes idées, et je ne le vois que comme un des innombrables accidents dans les variétés de la vie, un résultat bien fugitif et transitoire, une apparition d'un instant (cet instant fùt-il composé de quelques millions d'années), et ce c^ue Pindare a appelé le songe d'une ombre.
Tout à vous.
DLXIX.