A M, FRANCIS MAGNARD
Ce r'" juillet 18&9.
Cher monsieur,
J'ai toute sorte de remercîments à \ous faire pour vos attentions si obligeantes et si fréquemment accordées. J'ai beaucoup lu de l'Abbé Jérôme^. Cela m'intéresse d'autant plus que j'ai moi-même autrefois essayé de faire parler un prêtre. Mais votre donnée est autre, et le milieu, comme dit Taine, est différent. — L'abbé Jérôme n'est plus de l'époque rêveuse et un peu subtilement mélancolique : il est vicaire d'une paroisse et desservant. 11 a affaire à une réalité qui le serre de plus près et qui lui permet moins le rêve. Il n'a pas le temps d'être idéal et mystique à son loisir. De là bien des observations et des portraits qui sont pris au vif dans ces dernières années.
Les critiques que je réimprime sur nos premiers contemporains vous montrent à quel point nous avions alors le loisir et le goût de raisonner et de rêver même quand il s'agissait déjuger. — N'oubliez pas cela vous-même en nous jugeant. — Dans ce que j'ajoute, je cherche à faire, à bâtons rompus, quelques chapitres de Mémoires littéraires, et pour cela il faut bien que je me reporte au temps où